Demande la libération de deux étudiants emprisonnés pour un graffiti !

En Azerbaïdjan, critiquer le régime peut coûter très cher. Bayram Mammadov et Giyas Ibrahimov, deux étudiants de 22 et 23 ans, en ont fait les frais.
Tous deux ont été arrêtés le 10 mai 2016 et condamnés à 10 ans de prison, en octobre et décembre 2016, pour un simple graffiti, qui avait pour but de dénoncer l’autoritarisme du régime.


© El Moustach

Arrêtés pour un simple graffiti

Avant leur arrestation, Giyas étudiait le journalisme et Bayram étudiait l’anglais, tous deux à l’Université de Bakou, la capitale d’Azerbaïdjan. Bayram appartenait par ailleurs au mouvement pour un changement démocratique non violent (NICA, "exclamation" en azéri). Mais le 10 mai 2016, leur vie a basculé pour un simple graffiti.

La veille, le 9 mai 2016, le jour de l’anniversaire de l’ancien président d’Azerbaïdjan, Heydar Aliyev (le père du président actuel, Ilham Aliyev), les deux jeunes militants ont peint un graffiti à caractère politique sur une statue le représentant. Ils ont ironiquement tagué le message : «  Joyeuse fête de l’esclavage » (en référence à la fête des fleurs, fête nationale). Ils ont ensuite pris une photo de ce message et l’ont partagée sur les réseaux sociaux.

Le lendemain, ils ont été arrêtés par la police pour détention de stupéfiants. Les autorités affirment que Bayram et Giyas avaient en leur possession de la drogue. Pourtant, leur interrogatoire a uniquement porté sur le graffiti. Les deux étudiants affirment que la police a caché de la drogue sur eux à leur insu. Les “témoins” ? Des personnes travaillant avec la police...

Pendant leur détention, Bayram et Giyas ont été victimes de violences physiques et mentales. Ils ont été battus à plusieurs reprises, menacés de viol et contraints de nettoyer les toilettes du poste, pendant que les policiers filmaient dans le but de les humilier. Ils ont, toutefois, refusé de présenter des excuses publiques au sujet du graffiti.

Condamnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression

Bayram et Giyas ont été forcés à signer des aveux et ont été condamnés, en octobre 2016 pour Giyas et en décembre 2016 pour Bayram, à 10 ans de prison, officiellement pour détention de drogues. Mais ce sont des prisonniers d’opinion qui sont emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Ils souhaitaient simplement dénoncer l’autoritarisme de leur gouvernement.

Le sais-tu ?

La société civile et les opposant-e-s politiques sont durement réprimées en Azerbaïdjan. Les organisations de défense des droits humains sont fréquemment harcelées et persécutées.

Si le pays est indépendant depuis 1993, le régime en place tient le pays d’une poigne de fer. Selon Turgut Gamber, un des fondateurs de NIDA, il y aurait une centaine de prisonniers politiques en Azerbaïdjan. Le gouvernement contrôle l’ensemble des médias traditionnels. Les médias indépendants sont la cible d’actes de harcèlement et de fermetures et les journalistes indépendants sont en butte aux manœuvres d’intimidation, de harcèlement, de menaces et de violences.

Demande aux autorités azerbaïdjanaises de libérer immédiatement et sans condition Giyas et Bayram et de les protéger contre les mauvais traitements en détention !

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