Écrire pour les droits dans ton école

À vos plumes les amis ! Agir pour les droits humains c’est possible, en écrivant des lettres aux individus dont les droits ont été bafoués, et aux autorités en charge de leurs affaires pour les appeler à respecter leurs droits fondamentaux.

En 2016 et 2017, dans le cadre de l’action « Écrire pour les droits », plus de 4 millions 600 000 actions ont été entreprises par des centaines de milliers de personnes dans plus de 180 pays et territoires du monde entier. Peut-être que toi aussi tu y as participé...

« Je tiens à remercier du fond du coeur chacune et chacun d’entre vous, pas simplement pour vos efforts en faveur de ma libération, mais aussi pour nous avoir permis de garder espoir et foi en nos opinions. »
Phyoe Phyoe Aung, étudiante, libérée en avril 2016 au Myanmar après une grande campagne d’écriture de lettres dans le cadre d’Écrire pour les droits.

«  Les lettres qui ont été écrites en ma faveur m’ont donné le sentiment d’être protégée, que mes enfants étaient protégés. »
Máxima Acuña Atalaya, défenseure des droits humains péruvienne qui a vu les charges qui pesaient contre elle abandonnées en mai 2017 après une grande campagne d’écriture de lettres dans le cadre d’Écrire pour les droits.

Alors, continuons à agir ensemble, de janvier à juin 2018, dans le cadre de notre action "Écrire pour les droits".

Quel est le but de cette action ?

L’objectif est de faire écrire et signer un maximum de lettres dans le monde entier pour plusieurs personnes en danger. À la suite de notre appel international à l’action lors de cette campagne, des représentants d’États croulent sous les lettres et des victimes de torture, des prisonniers d’opinion, des personnes condamnées à mort ou dont les droits humains sont bafoués reçoivent des messages de solidarité de milliers d’inconnus, venant des quatre coins du globe. Ces personnes savent ainsi que l’attention du public est attirée sur leur cas. Elles savent qu’on ne les oublie pas. Les campagnes précédentes ont eu de véritables résultats.

Alors on compte sur toi pour participer, cette année encore, à cette grande action d’écriture de lettres qui change des vies. Tu peux organiser l’action quand tu le souhaites entre janvier et juin, pour un ou pour plusieurs individus, en une fois, ou sur plusieurs jours, pendant une récré en tenant un stand, en présentant les cas et en distribuant des modèles de lettres ou bien en classe dans le cadre d’un cours de français par exemple.

Et pour t’aider à parler de ces individus et à rendre votre action visible dans ton école, nous mettons à ta disposition de nombreux outils que tu peux commander en ligne gratuitement.

Pour défendre qui ?

Cette année, tu peux choisir d’agir pour un ou plusieurs individus parmi les 10 cas présentés ci-dessous.

Ces personnes sont en prison, sont menacées ou ont été tuées pour avoir exercé leurs droits fondamentaux : leur droit à la liberté d’expression, de manifestation, leur droit à la non-discrimination… Elles ont été victimes de torture, mauvais traitements, n’ont pas eu droit à un procès équitable ou ont vu leurs droits sociaux économiques bafoués… Qu’il s’agisse de personnes qui sont aujourd’hui en prison ou menacés ou de proches de personnes qui ont été tuées ou ont disparu et qui luttent pour obtenir justice, ces personnes ont toutes besoin de ton appui et d’un petit mot pour garder espoir. Dis-leur que tu penses à elles et appelle les gouvernements à respecter leurs droits fondamentaux.

  • Xulhaz Mannan - Bangladesh

Xulhaz Mannan était l’un des fondateurs du seul magazine LGBTI du Bangladesh, une entreprise risquée dans un pays où les relations entre personnes de même sexe sont illégales. Il était chez lui avec un collègue lorsque des hommes ont fait irruption dans l’appartement et les ont assassinés à coups de machette. Bien que de nombreuses preuves existent (déclarations de témoins, images de vidéosurveillance et autres), un an après les faits, les assassins n’ont toujours pas été poursuivis pour ce meurtre.

  • Mahadine - Tchad

Tadjadine Mahamat Babouri, connu sous le nom de "Mahadine", a publié, en septembre 2016, des vidéos critiquant le gouvernement tchadien sur Facebook. Enlevé en pleine rue quelques jours plus tard, il a été frappé et enchaîné pendant plusieurs semaines. Il risque aujourd’hui d’être condamné à la prison à perpétuité et est gravement malade, car il a contracté la tuberculose en détention.

  • Ni Yulan - Chine

Ni Yulan est une ancienne avocate chinoise qui a soutenu des dizaines de personnes chassées de chez elles dans le seul but de réaliser des projets de construction qui rapportent de l’argent. Depuis 20 ans, Ni Yulan lutte activement en faveur du droit au logement. Elle a été surveillée, arrêtée et expulsée à plusieurs reprises par les autorités en raison de son militantisme. Après avoir été frappée de manière brutale en détention, elle doit maintenant utiliser un fauteuil roulant. Ni Yulan continue d’aider les gens à se battre pour leurs droits.

  • Shackelia Jackson - Jamaïque

Quand son frère Nakiea a été abattu par des policiers, Shackelia Jackson a entrepris un courageux combat contre la lenteur du système judiciaire de Jamaïque, afin d’obtenir justice. Elle a ainsi rejoint des dizaines d’autres familles dont un proche avait été tué de manière similaire (au cours des 10 dernières années, environ 2 000 hommes, pour la plupart jeunes et pauvres, ont été tués par la police en Jamaïque). En retour, la police a mené des descentes répétées dans le quartier de Shackelia Jackson et a harcelé ses habitants.

  • Clovis Razafimalala - Madagascar

Clovis Razafimalala fait tout ce qu’il peut pour protéger, à Madagascar, la forêt tropicale très menacée. Les arbres dont on tire le bois de rose sont convoités par un réseau de trafiquants auquel la vente illégale de cette ressource précieuse peut rapporter des milliards de dollars. Les efforts de Clovis Razafimalala pour sauver cette espèce rare d’arbres couleur rubis ont attiré sur lui une attention indésirable. Condamné sur la base de fausses accusations, il peut être emprisonné à tout moment.

  • Les membres du MILPAH - Honduras

Pour le peuple indigène lenca du Honduras, la terre représente tout. Mais de très puissants intérêts hydroélectriques, miniers et autres cherchent à exploiter cette terre. Les membres du MILPAH (Mouvement indépendant indigène lenca de La Paz) sont en première ligne du combat contre ces entreprises. Parce qu’ils défendent l’environnement, ils sont sans cesse menacés de mort et sont parfois victimes d’agressions physiques. Et pourtant, il est rare que ceux qui s’en prennent à eux soient traduits en justice.

  • Hanan Badr el-Din - Égypte

Lorsque son mari a disparu en juillet 2013, la vie d’Hanan Badr el Din a basculé. La dernière fois qu’elle l’a aperçu, c’était à la télévision. Il était à l’hôpital après avoir été blessé dans une manifestation. Ses infatigables efforts pour le retrouver l’ont conduite vers d’autres personnes dont des proches ont également disparu aux mains des forces de sécurité égyptiennes. Elle a commencé à dénoncer, à leurs côtés, les centaines de disparitions forcées qui ont lieu en Égypte. Lors de sa dernière tentative pour obtenir des informations sur le sort de son mari, elle a été arrêtée sur la base de fausses accusations. Elle risque cinq ans de prison.

  • Sakris Kupila - Finlande

Sakris Kupila âgé de 21 ans, est un étudiant finlandais en médecine qui ne s’est jamais perçu comme étant femme. Pourtant il est confronté tous les jours à la discrimination car ses papiers d’identité disent qu’il est de sexe féminin — le genre qui lui a été attribué à la naissance. Pour pouvoir changer de genre à l’état civil en Finlande, il faut être reconnu comme ayant des « troubles mentaux » et se faire stériliser. Sakris Kupilarefuse estime que ce traitement est humiliant. Et malgré les menaces et l’hostilité déclarée de certains, il continue de se battre pour que la loi change.

  • Farid et Issa - Israël et territoires palestiniens occupés

Farid al Atrash et Issa Amro sont deux militants palestiniens qui demandent la fin de la colonisation israélienne — un crime de guerre résultant des 50 ans d’occupation israélienne en territoire palestinien. Ces deux militants, qui prônent la non-violence, font face à de nombreuses attaques de la part de soldats et de colons. En février 2016, Issa Amro et Farid al Atrash ont manifesté pacifiquement contre les colonies et l’occupation israélienne. Cela leur a valu d’être poursuivis sur la base d’accusations fantaisistes destinées à entraver leur lutte pour les droits humains.

  • Un groupe de plusieurs défenseurs des droits humains - Turquie.

Un groupe de 11 personnes qui ont consacré leur vie à défendre les droits fondamentaux des journalistes, des militants et d’autres voix critiques en Turquie est aujourd’hui en danger. Parmi ces personnes se trouvent İdil Eser et Taner Kılıç, respectivement directrice et président d’Amnesty International Turquie. Certaines de ses personnes (dont İdil Eser) ont été relâchées cependant ce n’est pas le cas par exemple de Taner Kılıç qui est toujours en prison depuis cinq mois. Même si certaines d’entre elles sont libres, toutes ces personnes sont actuellement poursuivis pour des infractions liées au « terrorisme », des accusations fantaisistes qui pourraient leur valoir une peine pouvant aller jusqu’à 15 ans d’emprisonnement. Elles sont en attente de leur procès.

Pourquoi dois-tu agir ?

Dans le monde entier, la liberté est menacée. Des militants sont enfermés uniquement pour avoir exprimé leurs opinions, des manifestants sont torturés et incarcérés, des terres sont menacées... Nos lettres, messages et actions feront pression sur les autorités et les pousseront à agir pour que ces personnes puissent vivre librement.

À qui écris-tu ?

Chaque année, nous te proposons, dans le cadre de cette action, d’écrire deux lettres : une à la personne disposant de l’autorité nécessaire pour faire bouger les choses (roi, président, chef de la police, etc.), et une à la personne pour qui nous nous battons, afin qu’elle sache que nous ne l’oublions pas. Tu pourras retrouver l’histoire des 10 personnes ou groupes de personnes concernées dans le matériel destiné spécialement à “Écrire pour les droits”.

Est-ce que ça marche ?

Oui ! Chaque année, de véritables changements surviennent grâce à vos lettres et à vos actions. Des personnes injustement emprisonnées sont libérées. Des tortionnaires sont traduits en justice. Des détenus sont traités plus humainement.

Rappelle-toi, tu as peut-être agi l’année dernière, dans le cadre d’« Écrire pour les droits », en faveur de Máxima Acuña Atalaya qui luttait contre l’occupation illégale de ses terres au Pérou. Et bien, en mai 2017, suite aux lettres reçus et à la pression exercée auprès des autorités concernant son affaire, toutes les accusations criminelles qui pesaient contre elle ont finalement été abandonnées !

Comment agir ?

En écrivant des lettres pour eux. Tu peux agir en une fois, ou sur plusieurs jours. Pendant un cours avec l’accord d’un enseignant, en installant un stand pendant la récré, en diffusant un film, en faisant du bruit autour d’un cas/d’une thématique, ou même plusieurs… C’est une chose que tu sais faire !

Avec quoi ?

Plein de matériel ! Afin de rendre votre action la plus visible possible, nous mettons à ta disposition un kit complet pour chaque individu ou groupe d’individus.

Il contient :
 une fiche expliquant la situation du cas et comprenant toutes les informations nécessaires pour adresser des lettres de pression aux autorités concernées ainsi que des lettres de solidarité aux individus concernés ;
 une affiche sur chaque cas ;
 un modèle de lettre aux autorités, avec l’adresse complète des autorités concernées ;
 un kit pour fabriquer des lanternes à l’effigie des individus en danger concernés.

Pour aller plus loin  : Des fiches pédagogiques proposant quatre activités autour des droits humains et des situations de ces individus en danger sont également disponibles et peuvent intéresser tes profs pour approfondir en classe certaines questions autour de cette action.

Pour t’aider à communiquer autour de cette action : de nombreuses courtes vidéos sont accessibles sur notre site pour présenter les cas de chacune de ces personnes, présenter l’action Écrire pour les droits, son fonctionnement, ses succès. N’hésite pas à les utiliser pour promouvoir et parler de cette action dans ton école.

* Prêt(e) à participer à cette action ? Un peu de patience... Le matériel pour cette action, les fiches pédagogiques et les vidéos seront disponibles à partir de janvier 2018. Il sera alors possible de commander le matériel et d’accéder aux vidéos et fiches pédagogiques via cet article.

Commander du matériel pour cette action

Découvrir en ligne les fiches pédagogiques relatives à cette action

Accéder à nos vidéos "Écrire pour les droits" (dès la mi-janvier)

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