NEPAL UNE JEUNE FILLE DE 15 ANS "DISPARUE"

Selon les informations recueillies, Maina Sunuwar, quinze ans, a été arrêtée le 17 février par des membres des forces de sécurité en tenue civile. On ignore actuellement où elle se trouve, et Amnesty International craint qu’elle n’ait "disparu". Maina Sunuwar vit dans le quartier n°6 du comité de village de Kharelthok, dans le district de Kavre. À 6 heures du matin, 15 hommes sont arrivés à son domicile ; ils ont dit qu’ils appartenaient aux forces de sécurité et qu’ils venaient du camp militaire de Lamidada Santi Gate. Ils étaient à la recherche d’un proche de Maina Sunuwar qui avait vu des membres des forces de sécurité abattre deux habitantes d’un village voisin le 13 février - selon les informations recueillies, il s’agissait d’exécutions extrajudiciaires. Ne trouvant pas cette personne, ils ont emmené Maina Sunuwar à sa place. Ils ont déclaré à ses proches que la jeune fille serait libérée s’ils amenaient ce témoin au camp militaire. Le lendemain, deux des proches de Maina Sunuwar se sont rendus au camp de Lamidada Santi Gate, en compagnie de quelque 28 habitants de leur village, dont le président du comité de village, et ont cherché à obtenir des informations sur le sort de la jeune fille. Les responsables du camp ont nié son arrestation et affirmé qu’elle ne se trouvait pas entre leurs mains.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Deux autres jeunes filles de la région ont récemment été abattues par des membres des forces de sécurité - il s’agissait manifestement d’exécutions extrajudiciaires. Selon les informations recueillies, des proches de Maina Sunuwar se trouvaient dans le quartier n°4 du comité de village de Pokhari Chaur, dans le district de Kavre, lorsque une jeune fille scolarisée de dix-huit ans, Reena Rasaili, a été arrêtée par des membres des forces de sécurité. D’après des témoins, une vingtaine d’hommes en civil ont fait irruption au domicile de Reena Rasaili à minuit. Ils ont enfoncé la porte sans même laisser aux occupants le temps de l’ouvrir, et une dizaine d’homme sont entrés. Ils ont interrogé la famille, fouillé la maison et emmené Reena à l’extérieur. Ils lui ont posé des questions au sujet des activités du Parti communiste népalais (PCN) maoïste dans le village. Un responsable a ensuite ordonné à cinq de ses hommes d’emmener l’adolescente dans une étable à proximité de la maison. À 5 heures du matin, ils l’ont fait sortir de l’étable et l’ont emmenée à une centaine de mètres de la maison. Trois coups de feu ont alors retenti. Après le départ des forces de sécurité, des habitants du village ont retrouvé le corps dénudé de la jeune fille. Ses vêtements et ses sous-vêtements, éparpillés, portaient des traces de sang, et les villageois pensent que ses agresseurs l’ont peut-être violée avant de la tuer. Tôt dans la matinée du 13 février, une autre adolescente scolarisée, Subhadra Chaulagain, dix-sept ans, dormait à son domicile, dans le quartier n°3 du comité de village de Pokhari Chauri, lorsque des membres des forces de sécurité sont entrés dans la maison et ont traîné la jeune fille à l’extérieur. Selon des témoins, Subhadra, en larmes, a supplié ses agresseurs de la laisser se rendre au siège du district afin de " se livrer ". Ils l’auraient ensuite interrogée, puis emmenée un peu plus loin. Vers 4 heures du matin, neuf coups de feu ont retenti. Le corps sans vie de la jeune fille a été retrouvé deux heures plus tard, à une dizaine de mètres de la maison. Elle avait été blessée par balle au visage et à l’abdomen. Pendant ces événements, un proche de Subhadra Chaulagain a été battu et grièvement blessé par des membres des forces de sécurité. Dans un communiqué publié par le ministère de la Défense et relayé par le Kathmandu Post le 13 février, Reena Rasaili, Subhadra Chaulagain et une troisième personne, Tasi Lama, ont été présentées comme des membres du PCN maoïste abattus dans le comité de village de Pokhari Chauri au cours d’une opération de ratissage, menée par des membres des forces de sécurité venant du district de Dolakha. Subhadra Chaulagain a été présentée comme un "commandant de zone" maoïste.

Modèle de lettre :

Chef d’état-major de l’armée népalaise :
General Pyar Jung Thapa
Chief of army staff (COAS)
Army Headquarters
Kathmandu
Népal
Fax : 00 977 1 4 242 168

Mon Général,

Je suis un/e étudiant/e de l’école ... en Belgique.

Je suis inquiet pour la sécurité de Maina Sunuwar, qui aurait été arrêtée le 17 février 2004 et dont on ignore le sort.

J’exhorte les autorités militaires à révéler le lieu où elle se trouve et à lui permettre immédiatement d’entrer en contact avec ses proches, de s’entretenir avec des avocats et de bénéficier de tous les soins médicaux dont elle pourrait avoir besoin.

Je vous demande de veiller à ce qu’elle soit traitée avec humanité pendant sa détention, et notamment à ce qu’elle ne soit pas torturée ni soumise à d’autres formes de mauvais traitements ;

Je vous demande également

 de la libérer immédiatement et sans condition, à moins qu’elle ne soit inculpée d’une infraction prévue par la loi ;

 de prier les autorités d’ouvrir immédiatement une enquête indépendante et impartiale sur ces événements ;

 de protéger de manière efficace les personnes qui auraient assisté à ces exécutions extrajudiciaires.

En espérant que vous tiendrez compte de ma lettre, je vous prie de croire, Mon Général, à l’expression de mes sentiments distingués.

Nom et prénom :

Adresse :
Signature :

Envoyez une copie à :

Responsable de la cellule des droits humains de l’armée :
Colonel Nilendra Prasad Aryal
Head of Army Human Rights Cell
Army Headquarters
Singha Durbar
Kathmandu, Népal

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