COLOMBIE DES FEMMES CONSIDEREES COMME "BUTIN DE GUERRE"

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En Colombie, la terreur et l’exploitation infligées aux femmes ont transformé leur corps en champ de bataille. Dans le conflit armé qui déchire le pays depuis quarante ans, toutes les parties en présence (forces de sécurité, groupes paramilitaires soutenus par l’armée et groupes d’opposition armés) ont commis des violences sexuelles et des actes d’oppression à l’égard des femmes, qu’il s’agisse de civiles ou de leurs propres combattantes.

Les raisons pour lesquelles les femmes sont prises pour cibles sont nombreuses : volonté de semer la terreur au sein des communautés, de contraindre la population à fuir les habitations, de prendre une revanche sur les adversaires et d’accumuler des « trophées de guerre ». La violence sexuelle a marqué à tout jamais la vie des femmes colombiennes.

Viols et mutilations sexuelles sont fréquemment utilisés par les forces de sécurité et leurs alliés paramilitaires pour semer la terreur.

Les forces de la guérilla sont également responsables de nombreuses violences contre les femmes, y compris de viols. Une femme a raconté avoir été violée par un combattant des Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - Ejército del Pueblo (FARC-EP, Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple) : « Il m’a violée et m’a dit que c’était un petit rappel [...] pour que je ne m’approche pas des soldats. »

Malgré la gravité de ces crimes, aucun effort réel n’a été fait pour que des enquêtes approfondies soient menées, que les responsables présumés soient traduits en justice et que ces atrocités ne se reproduisent pas.

Toutes les parties au conflit doivent réagir : les forces de la guérilla doivent s’engager à respecter le droit international humanitaire, et le gouvernement colombien doit prendre des mesures pour empêcher les actes de violence contre les femmes et punir leurs auteurs. Ce n’est qu’à ces conditions que les Colombiens pourront construire un avenir où les femmes seront à l’abri des menaces.

Modèle de lettre :
Señor Presidente Álvaro Uribe Vélez
Presidente de la República
Palacio de Nariño
Carrera 8 No.7-26
Bogotá
Colombie
M. le Président,
Je suis un/e étudiant/e de l’école... (nom de l’école) en Belgique.

Je suis indigné(e) par les viols, les meurtres et autres agressions dont sont victimes nombre de femmes et de jeunes filles dans le contexte du conflit armé qui touche la Colombie.

Ces agressions sont perpétrées par des membres des forces de sécurité, des paramilitaires soutenus par l’armée et des groupes de guérilla : votre gouvernement doit agir avec détermination pour que des enquêtes soient menées sur ces actes odieux et pour empêcher que leurs auteurs commettent d’autres atteintes aux droits fondamentaux.

Cela fait maintenant plus d’un an que des membres de la 18e Brigade se présentant comme des paramilitaires sont entrés dans le village de Parreros (municipalité de Tame, département d’Arauca) et y ont violé et tué Omaira Fernández, une jeune fille de seize ans qui était enceinte. Dans la localité voisine de Velasqueros, des paramilitaires ont violé trois autres adolescentes. Rien n’indique que les responsables de ces crimes seront traduits en justice.

En conséquence, je vous demande de prendre toutes les mesures nécessaires pour que cessent immédiatement les atteintes commises contre des femmes par les forces sous contrôle gouvernemental ; de veiller à ce que des enquêtes soient menées sur toutes les informations faisant état de violence à caractère sexuel ; et de garantir la protection des femmes et le respect de leurs droits en appliquant les recommandations des Nations unies et les normes internationales relatives aux droits humains.

En espérant que vous tiendrez compte de ma lettre, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de mes sentiments distingués.

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