Chine : préparez avec nous la manif du 3 mai !

PISTES POUR LA MANIF DU 3 MAI

Nous vous invitons à participer à une grande manifestation en faveur des droits humains en Chine. Pour cette manif, nous souhaitons que vous trouviez des moyens originaux et dynamiques pour faire passer le message. Voici quelques suggestions...

Vous pouvez organiser un projet avec votre classe ou votre mouvement de jeunesse et le présenter à la manif du 3 mai... Notre message principal sera : tenez vos promesses. En effet, la Chine s’est engagée à améliorer les droits humains à l’occasion des J.O. de Pékin. Voici quelques exemples de ce que vous pouvez faire :

• Fabriquer des banderoles, des affiches ou des flyers qui expriment un message en faveur de la défense des doits humains. Vous savez déjà quels sont les problèmes qui arrivent à la population chinoise.

• Incorporer des motifs chinois dans le matériel de votre choix, par exemple, des idiogrammes, des images de tigres et de dragons, etc.

• Décorer votre vélo avec des symboles ou des slogans chinois !

• Suivre la tradition asiatique et faire des « fortune cookies » ! Mettre dans l’emballage de votre biscuit un petit message ou un souhait en faveur des victimes. Vous trouverez des noms de victimes à soutenir sur le site web jeunes.

• Préparer une petite pièce de théâtre de rue, faire de la jonglerie ou un numéro acrobatique de cirque. Vous pouvez vous inspirer du récit sur la vie de Chen, cet avocat aveugle en prison pour avoir défendu les droits des femmes.

• Organiser une épreuve sportive et allumer la flamme olympique des J.O. (par exemple : course relais durant la
manif).

• Représenter un faux podium illustrant la 1ère place de la Chine pour la peine de mort dans le monde, ainsi que les autres violations des droits humains très fréquentes (torture, prisonniers d’opinion,...).

• Fabriquer des silhouettes ou des mannequins représentant les prisonniers.

• Inventer votre propre t-shirt avec les noms et des photos de prisonniers ou avec le slogan « plus vite, plus haut, plus fort... pour les droits humains »

• Imprimer des ballons rouges avec des slogans « JO de Pékin : tenez vos promesses », « plus vite, plus haut, plus fort... pour les droits humains », liberté, justice, paix, etc.

Merci de nous dire si vous comptez participer à la manif du 3 mai en remplissant le formulaire en ligne sur le site jeunes :

cliquez ici

[|JO PEKIN : allez les droits humains !|]

« Le Sport, les Jeux olympiques et le CIO (Comité international olympique) peuvent jouer un rôle positif en contribuant à faire évoluer le monde. »
Jaques Rogge, président du Comité international olympique, « IOC puts its hopes in Beijing », USA Today, 13 juillet 2001.

« Nous sommes convaincus que les Jeux olympiques amélioreront la situation des droits humains en Chine. »
Interview de Jaques Rogge, BBC Hardtalk, 24 avril 2002.

« Je tiens à souligner que la candidature de Pékin aura des effets positifs. Tous les pays ont leurs propres problèmes en matière des droits humains, et je suis convaincu que la Chine portera une plus grande attention à ces droits. »
Liu Jingmin, vice-président du Comité de candidature de Pékin aux Jeux olympiques de 2008, avril 2001.

DIX PROBLEMES DE DROITS HUMAINS EN CHINE

LA PEINE DE MORT

La Chine exécute chaque année davantage de condamnés que tous les autres pays réunis. Sur la base des informations rendues publiques, Amnesty International a estimé qu’au moins 1 010 personnes avaient été exécutées et 2 790 condamnées à mort en 2006. Cependant, ces chiffres sont certainement bien en dessous de la réalité. Dernièrement, un juriste chinois a estimé le nombre d’exécutions à environ 8 000 par an. Les condamnés sont exécutés d’une balle dans la nuque ou, de plus en plus souvent, par injection létale. Beaucoup des crimes passibles de la peine de mort en Chine – quelque 68 au total – sont des crimes non violents, comme la fraude fiscale, la contrebande et le proxénétisme.

LA « REEDUCATION PAR LE TRAVAIL »


Il s’agit d’une forme de détention infligée sans inculpation ni procès, pour une période pouvant aller jusqu’à quatre ans, et souvent dans des conditions difficiles. La police chinoise l’utilise quand elle estime que l’infraction commi n’est pas suffisamment grave pour relever du droit pénal. La « rééducation par le travail » est souvent utilisée contre des petits délinquants, des détracteurs du gouvernement ou des adeptes de croyances interdites. Prenant pour prétexte les Jeux olympiques, la police de Pékin a étendu le
champ d’application de ce type de détention afin de « nettoyer » la ville à l’approche de cet événement.

LE HARCELEMENT DES DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Les activités de la société civile se sont développées et renforcées ces dernières années, mais les militants qui contestent des mesures jugées politiquement sensibles ou qui tentent de rallier d’autres personnes à leur cause continuent d’être harcelés. Certains sont emprisonnés, souvent sur des accusations très vagues de « subversion » ou de « divulgation de secrets d’État », tandis que d’autres, prisonniers dans leur propre maison, sont étroitement surveillés par la police.Parmi eux figurent des avocats, des journalistes, des militants du VIH/sida, des défenseurs des droits des travailleurs, des villageois protestant contre la saisie de leurs terres, et des proches de personnes tuées ou mutilées lors de la répression du mouvement prodémocratique de 1989. Il semble que le harcèlement des militants s’intensifie à l’approche des Jeux olympiques.

LA REPRESSION SUR INTERNET ET LA LIBERTE DE MEDIAS

Des centaines de sites Internet sont bloqués ou interdits en Chine. Les résultats des recherches sont filtrés, et de nombreux sites sont censurés, notamment ceux qui contiennent des expressions comme « liberté », « droits de l’homme », « Tibet » ou « Amnesty International ». Des internautes ont été emprisonnés à l’issue de procès inéquitables, souvent sur des accusations très vagues de « subversion » ou de « divulgation de secrets d’État ». En Chine, près de 30 journalistes et 50 utilisateurs d’Internet sont derrière les barreaux. Des organisations oeuvrant pour la liberté des médias ont qualifié le pays de « premier geôlier de journalistes au monde ». Les journalistes chinois sont confrontés à d’importantes restrictions et à une forte censure, et ceux qui enquêtent sur des sujets jugés politiquement sensibles risquent d’être licenciés, menacés, harcelés ou arrêtés.

LES PERSECUTIONS LIEES AUX CROYANCES


Le gouvernement chinois continue de réprimer les pratiques religieuses non autorisées. Des membres d’églises catholiques non officielles ou d’églises « domestiques » (lieux de prière installés chez des particuliers) protestantes sont régulièrement arrêtés, en violation de leurs droits fondamentaux. Au rang des groupes menacés, on trouve aussi les musulmans de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, en particulier ceux que les autorités considèrent comme des extrémistes religieux, ainsi que les membres du mouvement spirituel Fa Lun Gong, qualifié d’organisation hérétique par les autorités et interdit en 1999. Depuis, des milliers de pratiquants du Fa Lun Gong ont été emprisonnés, souvent dans des centres de « rééducation par le travail », mais aussi dans des prisons et des hôpitaux psychiatriques.

LES PROCES INEQUITABLES

Le système judiciaire chinois est loin de répondre aux normes internationales relatives à l’équité des procès et n’offre pas suffisamment de garanties pour protéger les droits des suspects et des accusés. On peut notamment déplorer l’impossibilité de bénéficier rapidement des services d’un avocat, l’usage persistant de la torture et des mauvais traitements par la police pour obtenir des « aveux », l’utilisation à titre de preuves d’informations arrachées sous la torture, et l’ingérence des milieux politiques dans le système judiciaire. Par ailleurs, l’utilisation persistante de la « rééducation par le travail », qui permet d’emprisonner quelqu’un pendant une période pouvant aller jusqu’à quatre ans sur simple décision de la police, constitue une violation des normes internationales, et notamment du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), que la Chine a signé et qu’elle a déclaré avoir l’intention de ratifier très prochainement.

LA TORTURE


En recul apparent dans certaines zones urbaines, la torture et les mauvais traitements restent toutefois courants en Chine et continuent d’être signalés dans diverses institutions publiques, comme les postes de police, les centres de « rééducation par le travail » et les prisons. Parmi les méthodes couramment utilisées figurent les décharges électriques, la suspension par les bras, les coups de pied, les passages à tabac et la privation de sommeil ou de nourriture. Ces pratiques sont favorisées par les rares contacts des détenus avec le monde extérieur et l’absence de procédures efficaces en matière d’enquête et de traitement des plaintes. Les personnes détenues en raison de leurs opinions politiques, de leurs activités en faveur des droits humains ou de leurs croyances religieuses ou spirituelles sont particulièrement exposées à la torture en détention, en particulier si elles refusent d’abjurer leurs convictions ou d’y renoncer.

LES MANIFESTATIONS DE 1989 SUR LA PLACE TIANANMEN

Si beaucoup des manifestants de la place Tiananmen ont maintenant été libérés, plusieurs dizaines d’entre eux se trouveraient toujours derrière les barreaux dix-huit ans après la répression du mouvement prodémocratique de 1989. Le gouvernement chinois continue d’ignorer les appels en faveur d’une enquête exhaustive, indépendante et impartiale sur l’intervention des forces de sécurité, qui avait fait des centaines de morts et de blessés le 4 juin 1989 sur la place Tiananmen et aux alentours. Les restrictions imposées par les autorités aux proches des victimes ont été quelque peu assouplies en juin 2007 afin de leur permettre de porter plus librement le deuil de leurs morts, mais ces familles et les autres personnes qui se battent pour la justice continuent d’être limitées dans leurs activités, et sont notamment surveillées et harcelées par la police. Toute analyse publique des événements du 4 juin 1989 reste interdite dans les journaux, sur les sites Internet et dans les autres médias.

LES VIOLATIONS DES DROITS DE TRAVAILLEURS


La Fédération nationale des syndicats chinois (FNSC), organisme officiel, ne fait souvent rien pour protéger les intérêts de ses membres, et les syndicats indépendants demeurent interdits en Chine. La faiblesse ou le non-versement des salaires, les licenciements massifs, les mauvaises conditions de travail et la corruption des cadres ont entraîné une vague de conflits sociaux, auxquels les autorités ont souvent répondu par des manoeuvres d’intimidation voire, dans certains cas, par des arrestations et des condamnations à de longues peines d’emprisonnement. Par rapport aux résidents urbains, les travailleurs migrants de l’intérieur, qui quittent la campagne pour aller travailler en ville, sont toujours victimes d’une discrimination généralisée concernant l’accès à l’emploi, aux soins médicaux et à l’école pour leurs enfants.

LE XINJIAN ET LE TIBET

La population principalement musulmane de la région autonome ouïghoure du Xinjiang est soumise à une répression sévère. Les autorités chinoises utilisent le prétexte de la lutte contre l’extrémisme religieux pour fermer des mosquées, interdire certains livres et emprisonner des terroristes, séparatistes et xtrémistes religieux » présumés à l’issue de procès inéquitables. Au Tibet, la liberté d’expression, de religion et d’association demeure sévèrement limitée, et des dizaines de prisonniers d’opinion, dont des moines et des nonnes bouddhistes, se trouvent toujours derrière les barreaux.

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