La révolte des indiens zapatistes

La lutte des Indiens

zapatistes

Du

Chiapas

Qui sont-ils ?Les indiens appartenant au mouvement zapatiste sont un groupe de paysans indigènes appartenant aux ethnies tzotzil, tzeltal, tojolabale, chol et lacandone qui se soulève, en 1994, sous les ordres d’un petit groupe militaire, dirigé par le sous-commandant Marcos. Les zapatistes sont des guérilleros curieux : ils n’ont combattu que 12 jours, en janvier 94, avant de se transformer en un mouvement armé non violent, qui marchent sur Mexico les mains nues mais avec un passe-montagne

Que revendiquent-ils ? Les revendications qui sont à l’origine de cette rébellion sont nombreuses : protestation face à la situation d’extrême pauvreté des indigènes et des paysans de tout le pays, revendication du droit de propriété sur les terres arrachées aux communautés indigènes, nécessité d’une plus juste répartition des richesses, participation des différentes ethnies à l’organisation de leur État et à l’organisation de la nation dans le respect des différences ethniques et culturelles qui la composent.

Que se passe-t-il au Chiapas ? On peut résumer la situation par « Etat riche, population pauvre ». Le Chiapas est une région du sud-est du Mexique.La superficie du Chiapas est d’environ 74 000 km2, pour une population de 3,2 millions d’habitants. La principale ville est Tuxtla Gutiérrez.
L’État du Chiapas est l’un des États mexicains qui possède les plus grandes ressources naturelles (pétrole, bois, mines et terres fertiles pour l’agriculture). Malgré cela, il détient le record d’inégalité. C’est l’une des régions les plus pauvres du Mexique. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant de l’État du Chiapas s’élevait en 1990 à 56 dollars (1 000 dollars pour le Mexique). C’est une région où la population indienne maya est importante (26,4 p. 100 des enfants de plus de cinq ans parlent une langue indienne), avec un taux d’analphabétisme élevé (30 p. 100).

Le sous-commandant Marcos, leader charismatique du mouvement zapatiste, explique la situation en ces termes : « Bienvenue au Chiapas, vous y êtes ? Bien, supposez que oui. Vous êtes entré par l’une des trois routes qui mènent à cet Etat ?( …) La richesse ne sort pas de ces terres que par trois routes. Le Chiapas saigne par des milliers de chemins : des oléoducs et des gazoducs, des lignes électriques et des wagons de chemin de fer, par la voie des comptes en banque, par camions et camionnettes, par des sentiers clandestins, des chemins de terrassement, par brèches et trous ; cette terre continue de payer son tribut aux empires : pétrole, énergie électrique, bétail, argent, café, bananes, miel, maïs, cacao, tabac, sucre, soja, sorgho, melon (…) Une poignée de marchands parmi lesquels l ’ Etat mexicain, emporte toute richesse du Chiapas et laisse en échange son empreinte mortelle et nauséabonde.(55% de la consommation d’énergie hydro-électrique nationale proviennent des barrages du Chiapas, par contre 40% de la population locale vivent encore sans électricité).
Les compagnies pétrolières emportent le gaz et le pétrole et laissent en échange la marque du capitalisme : destruction écologique, dénuement agricole, hyperinflation , alcoolisme, prostitution et pauvreté. La bête ne se contente pas de cela et étend ses tentacules à la jungle lacandone : huit gisements de pétrole sont à l’étude. Les brèches sont ouvertes à la pointe de la machette, celles qu’empoignent ces paysans qui se sont vu déposséder de leurs terres par la bête insatiable. Les arbres tombent, les déflagrations de dynamite résonnent à travers des terres où seuls les paysans n’ont pas le droit d’abattre des arbres pour y semer. Chaque arbre abattu peut leur coûter une amende équivalente à dix fois le salaire minimum et une peine de prison. Le pauvre ne peut abattre les arbres ; la bête pétrolière, entre des mains chaque fois plus étrangères, oui. Le paysan déboise pour vivre, la bête déboise pour piller.
Mais la plus grande richesse du Chiapas réside en ses habitants, dont les deux tiers vivent et meurent en milieu rural. La moitié n’a pas l’eau potable et les deux tiers n’ont pas d’évacuation d’eaux usées. Quatre-vingt-dix pour cent de la population disposent de revenus minimaux ou nuls.(…)La santé et l’alimentation rivalisent de misère. Cinquante-quatre pour cent de la population du Chiapas souffrent de malnutrition, chiffre qui dépasse les 80% dans les altos et la selva. »

Qui est le Sous-Commandant Marcos ?
Marcos s’appelle Rafael Mguillèen, né en 1957 dans une famille de marchands de meubles de Tampico, ville portuaire du Nord-Est du pays. Elève dans un collège de jésuite, Rafael Guillèn aurait tourné quelques bouts de films…Plus tard, il étudia la philosophie et présenta une thèse en 1980 . Il enseigna dans une université de Mexico.
Leur arme la plus efficace est les mots. Ceux de Marcos, qui est un intermédiaire entre le monde indien et l’univers des autres mexicains

Le Chiapas émerge des plaines du Tabasco et des plateaux du Peten qui prolongent le Yucatán. D’est en ouest s’étire la dépression du Grijalva, qui a taillé dans les hauts plateaux de Tuxtla Gutiérrez un canyon extraordinaire, le Sumidero. Au nord de cette dépression, un massif calcaire hérissé de volcans culmine à 2 790 m d’altitude autour de San Cristóbal de las Casas. Au sud, la sierra Madre du Chiapas tombe en abrupt sur la plaine côtière du Soconusco et l’océan Pacifique. Le relief change vers la frontière du Guatemala où se dresse le premier des volcans de l’Amérique centrale, le Tacaná (4 093 m). La région est connue pour ses séismes et ses volcans qui ont modelé les paysages. Le climat du Chiapas est tropical humide.

Le Chiapas est situé sur le territoire de deux civilisations mystérieuses, celle des Olmèques, sur le littoral, et celle des Mayas, qui apparurent au début du Ier siècle. Les sites de Palenque et de Bonampak témoignent des villes monumentales (plus de cent) construites par les Mayas et abandonnées au IXe siècle pour le Yucatán.

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