Rencontre avec Samuel GRUMIAU

Samuel Grumiau, journaliste, est venu en classe nous parler de l’Inde, pays où il a séjourné à plusieurs reprises.

Qui est-il ?

Samuel Grumiaux, 32 ans, journaliste free lance (il travaille pour "Trends", le "Journal des médecins", "Amnesty International").
Il a fait ses études à l’ULB.
Lorsqu’il était jeune, son professeur de religion a sensibilisé ses élèves aux problèmes des droits de l’homme. Son choix professionnel en a été influencé et il a donc choisi de faire du journalisme social pour témoigner des conditions de vie dans le monde.
Ses reportages sont financés par le BIT (Bureau International du Travail). Ils ont pour sujet le travail des enfants et les conditions de travail en général.

De quoi nous a-t-il parlé ?

1. Les "Intouchables".
Le principe de l’intouchabilité a été aboli par la constitution mais cela existe toujours car cela arrange beaucoup de monde : c’est une main-mise économique sur une main d’oeuvre gratuite.
On reconnaît les Intouchables à leur saleté, à leur pauvreté vestimentaire.
Ce que les Intouchables touchent est considéré comme impur. Pour lutter contre ces traditions, certaines personnes prennent des initiatives : exemple, cette femme de caste supérieure qui recueille des enfants de la caste des Intouchables, qui leur fait préparer les repas et qui mange avec eux.
Quelques Intouchables parviennent malgré tout à des postes importants (par ex. au gouvernement), mais ils s’empressent alors d’oublier leurs origines et ne soutiennent pas ceux de leur caste.
Le gouvernement a tenté d’aider les Intouchables en leur octroyant des droits que les autres n’ont pas : par exemple en leur donnant accès à certains emplois par priorité.

2. La classe des serviteurs.

Ils sont souvent battus, mal payés, ont des horaires de travail excessifs.
Pour lutter contre cet état de chose, une religieuse catholique a eu l’idée de les faire venir à la messe du matin. Le but n’étant pas de les convertir mais de les éduquer et de leur apprendre leurs droits.

3. Le travail des enfants.

Certains parents "vendent" délibérément leurs enfants mais dans la majorité des cas, ils sont victimes d’une tromperie.
En fait, les parents voient débarquer dans leur village, une dame, fort élégante, qui propose de prendre un ou plusieurs enfants en charge. Elle affirme qu’elle possède un restaurant, que les enfants y travailleront la moitié de la journée, qu’ils seront bien nourris, bien logés et que l’autre demi journée, ils iront à l’école.
Elle propose aux parents une somme d’argent et emporte les enfants. Les parents pensent que ce qu’ils viennent d’accepter est une chance pour leurs enfants.
Hélas, il n’y a pas de restaurant, les enfants iront travailler dans des "swet shop" (= magasin de sueur) où ils seront exploités, traités comme des esclaves ou ils rejoindront des réseaux de prostitution.
Beaucoup de ces enfants viennent du Népal, du Bengladesh et des régions rurales de l’Inde.
Certaines ONG (Organisations non gouvernementales) cherchent à sauver ces enfants.
Lorsqu’ils les ont recueillis, ils tentent de retrouver les parents. C’est difficile car les enfants ont été emportés tout petits, ils ne savent pas donner d’indications précises et l’Inde est un pays immense.
Lorsqu’ils retrouvent les parents et ramènent les enfants, ceux-ci sont stupéfaits d’apprendre leur vécu. Ces enfants doivent être rééduqués : apprendre à redevenir des enfants.

En Thaïlande, des mesures ont été prises pour enrayer la prostitution mas pas en Inde. Les enfants sont "consommés" par les autochtones qui pensent ainsi échapper au sida.

4. Les femmes

On constate beaucoup d’avortement lorsqu’il s’agit d’un bébé fille.
En effet, lorsqu’elle se marie, la fille part dans la famille du mari, elle ne reverra que rarement sa famille d’origine (parfois jamais). Le fils, lui, prendra ses parents en charge lorsqu’ils seront vieux. De plus, il faudra donner une dot à la fille lorqu’elle se mariera, ce sont des frais très lourds pour des gens pauvres.
Avant, les épouses se brûlaient à la mort du mari. Cette pratique n’existe quasi plus mais dans les régions reculées, on pousse parfois encore les femmes à se suicider.

5. Le massacre du Gujarat (ouest de l’Inde)

Hindous et musulmans se disputent le site sacré d’Ayodhya, les uns veulent y ériger un temple, les autres, une mosquée ; le bâtiment construit par une communauté étant invariablement détruit par l’autre.
Dans ce climat de tension extême, un groupe d’activistes musulmans a attaqué un train rempli d’activistes hindous. 58 personnes sont mortes brûlées vives.
En représailles, un massacre a été organisé. Femmes, enfants, hommes musulans ont été pourchassés, tués, brûlés. Des femmes ont été éventrées, violées puis brûlées vives ("Rape and burn"= violer et brûler)

6. L’Inde = une démocratie ?

L’Inde est une démocratie, néanmoins, le poids des traditions, l’immensité du territoire... sont des freins à son fonctionnement.
Il faut noter que l’Inde refuse les visas aux organisations de défense des droits de l’homme. Elles ne peuvent pas s’établir sur son territoire.
Si la classe fait paraître un article dénonçant des injustices dans le pays, il faut envoyer une copie à l’ambassade de l’Inde. Les responsables indiens, comme ceux d’autres pays, sont toujours très soucieux de savoir ce que l’on pense d’eux et trouvent la critique dérangeante.

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