Les Aborigènes

LES ABORIGENES D’AUSTRALIE
Dans l’imaginaire des occidentaux, il existe un aborigène archétype qui serait encore de nos jours, chasseur cueilleur sur le continent australien. Le bouleversement du mode de vie ancestral devant l’impact colonial fut fulgurant, et la pratique spirituelle fut elle aussi entravée par l’ordre nouveau imposé aux peuples Aborigènes.

La religion du DREAMTIME existe et se pratique par un groupe d’initiés. Elle demeure la clé de voûte de leur cathédrale spirituelle. Elle est sacrée , remplie de pouvoirs, et des signes énigmatiques gravés ou peints, témoignent du respect et du haut culte, qui sont renforcés par des rituels. La loi aborigène ne change pas, et on ne peut pas changer le rêve, le ’Tjukurpa’, disent-ils.

S’imprégner de la racine spirituelle des peuples premiers devrait nous apprendre une autre façon d’exister et de projeter notre avenir sur cette planète, s’il n’est pas trop tard. Le monde physique , spirituel , sacré est trilogique, des races et des religions du monde se retrouvent au carrefour de la tolérance, en quête de spiritualité.

Il est encore temps de partir en pèlerinage dans les sanctuaires mystiques de la planète Terre et de découvrir ceux des Aborigènes d’Australie.

ORIGINE DES ABORIGENES ET INSULAIRES DU DETROIT DE TORRES
Même de nos jours, la recherche archéologique, scientifique donnent des repères mais pas de réponse concrète sur l’origine des Aborigènes d’Australie. Les tests d’ADN, risquent éclairer notre lanterne, les chercheurs affûtant toute trace génétique, les similitudes des gênes entre les Aborigènes d’Australie et d’autres groupes ethniques.

Plusieurs théories sur leur origine ont vu le jour, et l’une d’elle prétendrait qu’ils seraient arrivés sur le continent par le nord (Arnhem Land, le Kimberley ou Cape York) via Timor il y a 70,000 ans. Une autre version suggère qu’ils soient venus par un passage de basse mer entre la Papouasie Nouvelle Guinée (banc de Sahul), alors que la masse immergée des continents était moins importante. Peut-être qu’une théorie est isolée d’une autre et que plusieurs vagues humaines seraient arrivées à différents moments ou en même temps sur des points géographiques du continent.

Les Mélanésiens australiens seraient venus habiter les îles du Détroit de Torres entre le Cape York et Nouvelle Guinée depuis au moins 3000 ans, arrivant peut-être de Malaisie, ou Indonésie, en Nouvelle Guinée pour ensuite se déplacer sur les îles. La plus grande population mélanésienne est en Nouvelle Guinée, Irian Jaya, le Détroit de Torres, au nord de la Péninsule du Cape York.

Les Aborigènes d’Australie n’ont pas de groupe sanguin B et A2 et ils auraient sans doute des alliances sanguines avec les peuples d’Océanie, comme de Papouasie Nouvelle Guinée, les Négritos des Philippines, Malaisie, Bornéo, Les Murrayiens parents des Aïnous du Japon, les Aborigènes du sud de l’Inde ou les peuples Vedda du Sri Lanka.

Les preuves scientifiques et archéologiques prouveraient que l’occupation humaine, selon le lieu géographique du continent, serait de 175 000 ans et d’une moyenne de 40 000 ans, selon les datations à l’analyse du carbone 14.

POPULATION
Ils étaient environ 750 00 avant la colonisation, et peut-être plus. De nos jours, ils seraient un peu moins de 400 000 et ils représentent 2 % de la population australienne. Il existe quelques 250 tribus divisées en clans avec autant de langues et dialectes. Chacun pouvant parler une ou plusieurs langues affiliées à des territoires définis avec lesquels ils avaient des liens physiques et spirituels.

Le terme "Aboriginal" est très controversé selon les points de vue linguistique, administratif. Après 1770, les noms indiquant une personne comme "Yolngu, Yalpa, Koori, Murri, Bamas, Gidja, Nunga … indiquaient une origine géographique et une entité sans se référer à une tribu particulière. Les Aborigènes nomment les blancs "Kardiya" , "walbala" par exemple sans se référer à une nationalité particulière.

La définition du Commonwealth est sociale plus que raciale pour définir leur identité. Une personne aborigène est définie en tant que personne qui est de descendance aborigène d’Australie, et qui est identifiée et acceptée comme aborigène , par les membres de la communauté dans laquelle il ou (elle) vit.

La couleur de la peau même éclaircie n’empêche pas une personne d’être Aborigène. L’époque de l’assimilation, le métissage volontaire ou non, ont élargi la notion traditionnelle de l’identité sociale dans un groupe. Qu’il soit resté chasseur cueilleur dans l’âme , ou docteur en région urbaine, l’un peut vivre sur sa terre traditionnelle et pratiquer ses coutumes et traditions, tandis que l’autre vit en ville, coupé de ses liens culturels.

Par les liens du mariage ou autres alliances, les membres des communautés décident eux-mêmes si une personne est considérée comme une des leurs et l’allusion à la couleur de peau, même claire, peut être considérée comme une insulte.

POPULATION ABORIGENE

Etats et Territoires Population Indigène
Nouvelle Galles du Sud 109,900
Queensland 104,800
Australie Occidentale 56,200
Australie du Sud 22,100
Territoire du Nord 51,900
Victoria 22,600
Tasmanie 15,300
Capitale du Territoire australien 3,100
TOTAL 385,900

1/3 de la population aborigène vit en zone rurale et reculée ; 30% dans des villes de plus de 100 000 habitants, 42% dans des villes et villages, 27% vit en zone rurale et tres reculée.

La population aborigène en 2006 serait de 470 000

LE MODE DE VIE
MODE DE VIE TRADITIONNEL

Les Aborigènes d’Australie étaient chasseurs cueilleurs et la fabrication d’outils était nécessaire à leur survie. Comme ils étaient nomades, il était logique de ne pas s’encombrer de trop de choses lors des déplacements. Le rythme des déplacements étaient celui des pluies, des saisons, l’eau et la nourriture étant un soucis quotidien. Les fluctuations géographiques, climatiques ont influencé certaines différences d’une tribu à une autre dans leur manière de vivre, et les gens habitant près de l’eau salée ou d’eau permanente avaient plus de temps de loisirs et moins de déplacement à faire que le chasseur cueilleur vivant en zone aride.

Selon les régions, les outils diffèrent dans leur forme et usage, même si le bois est l’élément naturel le plus usité pour fabriquer des boomerangs, de toute taille, usage et forme.

Ils fabriquaient des huttes qu’ils laissaient debout et reconstruisaient si nécessaires quand ils revenaient sur le camp, et ils laissaient des pierres à moudre, trop lourdes à transporter. Chacun avait une tâche attribuée, et les femmes s’occupaient de la cueillette et du petit gibier, tandis que les hommes chassaient le gros gibier comme les émeus, le kangourou, le pérentie, ce grand varan de plus de deux mètres de long.

LIEU DE VIE

Les Aborigènes d’Australie sont pour la plupart concentrés dans les régions septentrionales du pays. Beaucoup vivent dans des réserves appelées ’communautés’, et d’autres sont plus ou moins noyés dans les prolétariats des grandes villes ou éparpillés dans les agglomérations des petites villes où la politique de l’assimilation peut entraver la voie d’une pratique spirituelle ancestrale.

Ils habitent les îles comme la Tasmanie (malgré l’extermination presque totale des insulaires de cette île) au sud, à l’est et le nord , île Fraser, île de Palm Island, Mornington, Groote, Barthurst et l’île de Melville. Une population de quelques 6000 insulaires vivent dans l’archipel du Détroit de Torres, dont TI (Thursday Island) est la capitale. 25 000 insulaires vivent sur le grand continent australien.

Depuis la restitution des terres de 1976 , et de l’Acte des titres de natifs, ces jugements ont permis à certains de retourner vivre sur les lieux de vie de leurs ancêtres. La notion originelle du ’HOMELAND’ est lié au pays de leurs ancêtres, leurs croyances et leur mode de vie ancestral.

Ces homelands selon eux, sont leur identité intrinsèque, les affiliations à leur(s) lieu(x) de création, lieu des origines, lieu de vie de leurs ancêtres et de leur groupe familial. LA TERRE NE LEUR APPARTIENT PAS, ILS APPARTIENNENT A LA TERRE, et la pensée blanche sur le droit foncier s’élève encore rarement au-dessus des contraintes politiques, juridiques et administratives, pour faire valoir leur principe de la propriété.

Le fondement du droit foncier aborigène, est l’ascendance commune qui existe entre tous les êtres vivants et la terre : les mêmes forces spirituelles qui les ont crées, et depuis, de génération en génération, d’initié en initié, elles se transmettent, notamment dans les peintures, faisant d’elles, au sens propre, des titres de propriété.

COEXISTENCE DE DEUX MONDES

L’aspect de la vie traditionnelle aborigène est de nos jours juxtaposé au monde contemporain dans des hameaux modernes. Des maisons y sont construites, des puits, éoliennes ou générateurs fournissent l’électricité et l’eau. Des chemins et routes sont construits pour relier les habitants au monde extérieur, qui se déplacent en 4 X4 ou voitures.

Ces aspects modernes qu’ils adoptent, contrastent avec leur culture matérielle qui était simple et loin des notions occidentales de la possession, du désir quantitatif pour le profit et la notion de pouvoir.

Le monde blanc, les croyances chrétiennes se sont greffés à leur monde, et ils ne rejettent pas tous leurs contenus qui peuvent, s’il y a contrôle et respect des deux, cohabiter d’une certaine manière.

Leurs connaissances détaillées du monde qui les entoure, leur esprit créatif, leur philosophie de la conservation et les coutumes religieuses, demandaient une initiation préalable par un processus élaboré qui commençait dès l’enfance jusqu’à la mort. Ces thèmes amènent à parler de l’art de vivre, l’art de penser qui s’expriment aussi par les arts et la musique.

LES ARTS ET LA MUSIQUE
Avant de parler de l’art, il faut parler de la TERRE, car l’ART ce sont les choses de la TERRE !. L’Australie est couverte de groupes humains, de flore et faune qui représentent une mosaïque de peintures : chaque tribu a su interpréter la naissance, déplacement et existence des choses crées ; autant de rêves engendrés, à venir, à recréer.

Les esprits suprêmes, les géniteurs de cette cosmogonie, ont légué des peintures, des chants et des danses pour réincarner la mémoire de la création et de sa pérennité.

Chaque parcelle du continent eut les siennes et les hommes et les femmes initiés sont les gardiens et les interprètes des composants et des compositions orales, visuelles de ces vastes pistes cosmogoniques. Elles s’étirent même dans le monde visible de l’espace, la voûte céleste, les étoiles et les planètes… la Voie Lactée …

On n’entre difficilement dans la peinture aborigène sans en accepter la LOI où se trouve le REVE. Acquérir cet art que pour honorer une valeur esthétique seulement, possède sa logique, mais renvoie l’homme blanc à son incapacité à voir ce qui n’est pas lui.

En Australie Centrale, d’une vue aérienne, il est possible de décrire les éléments physiques comme les cuvettes argileuses, les lits des ruisseaux et rivières à sec, les collines caillouteuses et les chaînes de montagnes usées, des dunes de sable. Ces contours ont parfois des formes moitié humaine, moitié animale.

En affûtant un peu plus sa vue, les parterres de fleurs, SPINIFEX, buissons, forment des taches, et si on zoomait un peu plus ce décor, on pourrait alors voir les empreintes des animaux, insectes, qui se déplacent sur le sable et le sol et même leurs terriers et des nids d’oiseaux remplis d’œufs.

Le décor d’un territoire est aussi spirituel et chargé d’une histoire chapitrée, décodée par ceux qui partagent le même rêve, qui est peint sur leur peau, sur une tablette de sol, et qui est alors dansé et psalmodié lors de cérémonie appelée ’ corroboree ª. Cet art est éphémère car effacé une fois la cérémonie terminée.

L’expression artistique est surtout religieuse et relate les mythes et croyance totémique des esprits ancêtres qui peuvent prendre une forme humaine.

Traditionnellement, la notion de ’WOMEN BUSINESS’ et ’MEN BUSINESS’ ne définit pas seulement le clivage du savoir entre les deux sexes, mais aussi la notion du secret et tabou de divulguer à l’autre ce qui n’est pas soi.

Le langage des signes connut une renaissance dans les années soixante dix, quand, à PAPUNYA dans une communauté centrale, les anciens se mirent à juxtaposer leur art sur des supports comme des portes ou des bouts de carton. On leur offrit des toiles de lin à la place, des tubes de peintures acrylique, et le mur du silence se brisa pour faire renaître cette culture si longtemps méprisée par les blancs. Il naissait alors l’école artistique de Papunya, qui fit vent de sable parmi d’autres communautés. Papunya créa le mouvement contemporain de la technique à point, le ’DOT PAINTING’ qui s’élargit dans la région du centre du continent.

Les artistes de l’école artistique du nord du Territoire du Nord peignent la faune et les esprits avec le style ’rayons X’, des hachures très régulières et fines, savamment apposées sur des peintures sur écorces, des DIDGERIDOOS et de nos jours sur des toiles. Le langage de ces peintures visualise aussi l’identité des tribus reconnaissables par les couleurs et motifs apposés sur chaque objet.

Des bâtonnets, cheveux, brindilles ou tiges d’herbes servaient de pinceaux et quatre doigts et un pouce assistaient l’œuvre artistique apposée sur le corps d’un autre ou sur un quelconque support.

Les médiums utilisés lors de cérémonies diffèrent selon les régions et ressources du moment. Du sable, débris de termitières, des ocres, du sang pour coller, coaguler, des plumes, des pétales de fleurs, végétaux, des graines, des bouts de bois …

L’ART INITIAL consiste à des peintures sur des parois rocheuses, des incrustations et des sculptures.

L’ART COURANT était dessiné sur le sable, ou à l’ocre sur la pierre. Les Toas de la région du lac Eyre étaient des bouts de bois décorés, qui servaient de balisage et avaient aussi des usages ou autres visages visuels ou spirituels.

LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE
Le bois est surtout la matière principale, en acacia ’mulga’, eucalyptus et parmi d’autres instruments de musique aborigène citons :

LE DIDGERIDOO
Il est un instrument mythique qui accompagne les chants et les rites de cérémonies de certaines tribus. C’est un instrument à vent, en bois creux ou creusé par les termites.

La plupart des didgeridoos sont en bois d’eucalyptus. Il en existe quelques 500 espèces connues pour leur rusticité, parfaite adaptation au type de sol et climat. En fait un didgeridoo authentique est un tronc ou branche d’eucalyptus dont les termites ont creusé l’intérieur de la paroi. Il existe quelques 2000 espèces de termites dans le monde, et celle qui nous intéresse est arborale appelée ’Coptotermes acinaciformis’ qui existe parmi les 350 espèces présentes en Australie.

Durant l’époque nomade, un didgeridoo était un objet rituel. De nos jours, n’ayant pas d’autre alternative à la survie de leur culture, les Aborigènes commercialisent cet instrument avec l’objectif de se re-approprier un contrôle de leur patrimoine.

L’approche de cet instrument est différente pour les Aborigènes qui cherchent à transmettre une sagesse spirituelle, alliée d’une complicité mystique par rapport à l’instrument, bien au delà de la performance musicale et instrumentale dont le monde occidental l’a réduit.

Le didgeridoo est originaire du nord de l’Australie, à Arnhem Land, à l’ouest des Kimberleys, dans la région du Cape York, Golf de Carpentarie, au nord du Queensland. Ce bout de bois est en symbiose avec la magie des chants mystérieux appartenant au ’Dreamtime’, il sert aussi lors de fêtes sociales.

Les instruments rythmiques sont les ’CLAPSTICK’S’ des bâtons courts, ou bien deux boomerangs cognés, raclés l’un contre l’autre, servant de percussions.

LES DRAPEAUX ABORIGENES ET DU DETROIT SE TORRES

DRAPEAU DU DETROIT DE TORRES
Ce drapeau a été dessiné par Bernard Namok de Thursday Island et levé en 1992. Le drapeau représente l’unité et identité des insulaires du Détroit de Torres. Les deux bandes horizontales vertes symbolisent la terre et la bande bleue centrale représente la mer. Les deux bandes noires représentent les insulaires. Au centre le Dhari blanc est la coiffe de cérémonies. L’étoile blanche dont la couleur symbolise la paix, a cinq côtés qui montrent les points cardinaux des cinq groupes d’îles de l’archipel du Détroit de Torres : est, ouest, centre, Port Kennedy et la Péninsule. Les insulaires marins et pêcheurs utilisaient les étoiles pour se repérer.

DRAPEAU ABORIGENE
Le drapeau aborigène a été dessiné par Harold Thomas de la tribu Arrernte , de l’Australie Centrale. Le drapeau représente un symbole puissant de l’unité et identité du peuple Aborigène d’Australie à travers le pays. Il fut levé pour la première fois pour la commémoration de la journée nationale Aborigène, en juillet 1971, à Adélaïde en Australie Méridionale. Sa symbolique est marquée par la bande noire dont la couleur représente le peuple Aborigène en joignant le passé, présent et futur. Le cercle jaune central représente le soleil, l’énergie, porteur de la vie. Le rouge représente la terre et la relation spirituelle avec la Mère Terre.

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