TURKMENISTAN : Détention arbitraire, craintes de torture, procès injuste, mort en détention.

Dans la matinée du 14 septembre 2006, des agents du ministère de la Sûreté nationale du Turkménistan ont informé les proches d’Ogoulsapar Mouradova qu’elle était décédée en détention. Amnesty International est préoccupée par les allégations selon lesquelles elle aurait été soumise à des actes de torture ou à d’autres formes de mauvais traitements durant sa détention, et exhorte les autorités à mener dans les meilleurs délais une enquête exhaustive et indépendante sur les circonstances de son décès.
Le matin du 14 septembre, plusieurs agents du ministère de la Sûreté nationale se sont rendus à l’appartement d’Ogoulsapar Mouradova et ont annoncé à ses trois enfants adultes, qu’Ogoulsapar Mouradova était décédée. Ils les ont ensuite menés à la police. Selon les informations recueillies, les agents du ministère de la Sûreté nationale ont refusé de donner tout renseignement sur les circonstances de sa mort, y compris la date de son décès.
Les agents du ministère de la Sûreté nationale et les policiers leur auraient demandé instamment de signer le certificat de décès. Cependant, les trois enfants de la victime ont refusé et ont demandé à voir le corps de leur mère avant de signer le certificat. Tadjigoul Begmedova, directrice en exil de la Fondation Helsinki du Turkménistan, a dit à Amnesty International : « Les agents leur ont crié : « Si vous ne signez pas ça, vous ne verrez jamais son corps. »

Plus tard, lorsque les proches d’Ogoulsapar Mouradova sont retournés à la morgue, accompagnés d’un diplomate étranger, ils ont été autorisés à voir sa dépouille. Tadjigoul Begmedova a déclaré à Amnesty International : « Ils ont vu une énorme blessure sur son front et des marques au niveau de son cou. »
Malgré leurs demandes répétées, les proches d’Ogoulsapar Mouradova, n’ont pas été autorisés à lui rendre visite en détention depuis son arrestation en juin.

Beaucoup d’éléments portent à croire que les charges retenues contre elle étaient forgées de toutes pièces et que l’objectif était de la sanctionner pour ses activités de défense des droits humains. Il en est de même pour Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khadjiev, qui ont également été condamnés à une peine d’emprisonnement suite à un procès inique.


Modèle de lettre

[/President Saparmurad Niyazov

Presidential Palace, 744000 Ashgabat, Turkménistan

Fax : +993 12 35 51 12/]

Monsieur le Président,

Je suis un/e étudiante/e de l’école…. (nom de l’école) en Belgique.

Je suis très préoccupé(e) par la mort en détention d’Ogoulsapar Mouradova.

Par la présente, je vous demande entre autres :

  De mener dans les meilleurs délais une enquête exhaustive et indépendante sur les causes de son décès ; à tenir les proches d’Ogoulsapar Mouradova informés de tous les éléments de l’enquête et à rendre les résultats publics ;

  De libérer immédiatement et sans conditions Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khadjiev, comme Ogoulsapar Mouradova, Amnesty International les considère comme des prisonniers d’opinion, détenus pour avoir exercé de façon pacifique leur droit à la liberté d’expression dans le cadre de leurs activités de défense des droits humains.

  De permettre immédiatement à Annakourban Amanklytchev et à Sapardourdy Khadjiev d’entrer en contact avec leurs proches.

En espérant que vous tiendrez compte de ma lettre, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de mes sentiments distingués.

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