1er RDV bruxellois, 1ères idées, 1ers slogans... le projet démarre !

Nous avons accueilli dans nos locaux Kadia Diallo, directrice du GAMS (cf. notre rubrique "contacts"), qui nous a fait part de sa connaissance du sujet, des histoires de jeunes qu’elle a cotoyé. Des témoignages sur vidéo ont pu également nous éclairer et lancer le débat. Voici le compte rendu de cette première rencontre, nous espérons que tout cela te donnera envie de nous rejoindre et de participer à ce projet !

Résumé des discussions

Tout d’abord, il faut faire la distinction entre mariage forcé (où les deux personnes ne se connaissent pas et se rencontrent pour la première fois le jour du mariage), et mariage arrangé (où en général les enfants ont grandi ensemble et se connaissent, ce qui ne veut pas dire qu’ils projettet de faire leur vie ensemble) ! Il est important de souligner que ce genre de problème n’est pas spécifique à une religion ou à une culture spécifique. Le mariage arrangé peut aussi bien concerner des familles occidentales fortunées, que de mileux plus pauvres, des familles musulmanes, catholiques ou hindouistes... et il peut toucher autant les filles que les garçons !

Les jeunes présents à la réunion s’interrogent : comment peut-on obliger quelqu’un à épouser et à faire sa vie avec une personne qu’elle n’a jamais vu ? une personne à qui elle n’ a rien à dire, avec qui elle n’a aucun point commun et qui dans la plupart des cas est bien plus âgé qu’elle (voire déjà marié !) ? Peut-être que la jeune fille avait d’autres projets, un amoureux...elle est obligée de renoncer à sa vie d’avant, à ses droits, à ses choix.
Les mariages forcés sont perçus par ces jeunes comme un manque de respect de l’individu, de la femme qui doit pouvoir vivre librement, selon ses choix et dans le respect de ses droits. Il faut que cette situation cesse !

Pourquoi des mariages forcés ?
La première raison énoncée est l’aspect économique. Les familles sont parfois trop nombreuses au regard de leurs ressoures, et on marie les enfants pour avoir ainsi une bouche en moins à nourir ou, dans le cas des familles riches pour renforcer leur fortune, pour que le patrimoine familiale ne change pas de mains ou ne se disperse pas en cas de divorce !
Une autre raison peut être la crainte, au moment de la puberté, que la jeune fille tombe enceinte. Pour éviter un déshonneur de la famille, on la marie le plus rapidement possible.
En général, on annonce à la jeune fille vers ses 12 ans qu’elle va se marier ou qu’elle est déjà promise à quelqu’un depuis sa naissance (une ficelle est attachée au poignet du bébé au moment de son baptême en signe de "réservation"). A l’annonce de leur mariage, beaucoup de jeunes filles choisissent le suicide ; dans certains cas, elles ne survivent pas à leur nuit de noces...Si l’adolescente se révolte et ne veut pas se soumettre, elle peut également mettre sa mère en danger. En effet, elle sera également punie pour avoir mal éduqué sa fille.
Souvent, on cheche aussi à préserver la tradition et la communauté, et même parfois davantage quand la famille a émigré dans un pays occidental. On peut se rappeler qu’à l’époque où il y avait peu d’immigration féminine, on allait chercher les filles à marier au pays avant de les ramener dans le "nouveau" pays.

Certains ont évoqué une contradiction croissante entre une religion musulmane respectueuse des femmes et celle souvent discriminante prônée aujourd’hui. En effet, le Prophète prône l’égalité entre les hommes et les femmes et comme ce sont les femmes qui sont chargées de l’éducation des enfants ( et donc aussi des garçons), il est normal qu’elles puissent acquérir des connaissances et qu’elles soient reconnues à leur juste valeur. On se rend compte qu’aujourd’hui, la réalité est bien différente.

Comment agir ?
On peut dans certains villages faire appel au Doyen et demander son intervention pour éviter le mariage. En Belgique, la femme a des droits, et les étrangères vivant en Belgique peuvent aussi être protégées. Elles peuvent faire appel à un juge de la jeunesse, ou aux associations, qui ont également des relais dans les comités nationaux et inter-africains.

En conclusion :
Dans certaines cultures ou dans certains milieux, le mariage n’est pas un choix personnel mais une affaire de famille, qui sert les intérêts des parents plus que ceux des enfants (qui n’ont pas grand chose à dire et ne peuvent s’y opposer). Mais ce n’est pas parce que les parents éduquent les enfants que ces derniers leurs sont redevables et sont obligés d’accepter ce qu’on leur impose, comme un mariage qu’ils ne souhaitent pas.
Loin de nous l’idée de juger les parents ; nous les respectons autant que nous respectons les jeunes. Nous voulons simplement rappeler que c’est un droit universel que de choisir de se marier ou pas et avec la personne de notre choix.

Enfin, avant de terminer la réunion, certains ont proposé quelques slogans :
 Le mariage ? si je veux !
 Le mariage, c’est comme une ville assiégée, quand on n’y est pas on veut y rentrer et quand on y est on cherche à en sortir...
 Mariage forcé, laissez-nous décider.
 Mariage forcé... et l’amour ?
 C’est mon choix !

Ainsi s’achève la première réunion Bruxelloise, mercredi prochain (23) nous serons à Liège et Charleroi et nous pourrons ainsi alimenter davantage la discussion.
N’hésitez pas à aller sur le forum des jeunes pour nous donner vos idées, vos réflexions... Plus on aura d’avis, plus on pourra représenter réellement la voix des jeunes !

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