Action pour Edward Lewis Lagrone, Bobby Hopkins et Cameron Willingham

PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.

ÉTATS-UNIS (TEXAS)
Edward Lewis Lagrone (h), Noir, 46 ans
Bobby Ray Hopkins (h), Noir, 36 ans
Cameron Todd Willingham (h), 36 ans

Edward Lagrone, Bobby Hopkins et Cameron Willingham doivent être exécutés
respectivement les 11, 12 et 17 février prochains au Texas. En mai 1993,
Edward Lagrone a été déclaré coupable du meurtre de Shakiesha Lloyd, dix
ans, et des deux grands-tantes de la fillette, Caroline Lloyd, quatre-vingts
ans, et Zenobia Anderson, quatre-vingt sept ans ; toutes trois avaient été
tuées deux ans auparavant. En mai 1994, Bobby Hopkins a été reconnu coupable
du meurtre de Sandi Marbut, dix-huit ans, et de la cousine de celle-ci,
Jennifer Weston, dix-neuf ans ; les deux jeunes femmes avaient été tuées en
juillet 1993. Enfin, Cameron Willingham a été condamné en août 1992 pour
avoir causé la mort de trois enfants en bas âge, Amber Kuykendall, Karmon
Willingham et Kameron Willingham, en allumant un incendie, en décembre 1991.
Amnesty International est opposée à la peine de mort en toutes
circonstances. Ce châtiment est l’expression d’une culture marquée par la
violence, et non un remède à ce fléau. Les exécutions constituent un
gaspillage de ressources qui pourraient être employées utilement dans le
cadre d’une politique constructive de lutte contre la criminalité violente
et d’aide aux victimes et à leur famille. La peine capitale prolonge la
souffrance des proches de la victime en raison de la longueur - nécessaire -
des procédures d’appel ; en outre, elle étend cette souffrance aux proches
du condamné. L’application de la peine de mort aux États-Unis est frappée au
coin de l’arbitraire, entachée de discrimination et marquée par de
nombreuses erreurs judiciaires. Depuis 1987, sept condamnés incarcérés au
Texas ont pu quitter le couloir de la mort avoir finalement été mis hors de
cause. En moyenne, dix ans s’étaient écoulés entre leur condamnation et la
reconnaissance de leur innocence. D’autres prisonniers ont été exécutés dans
cet État alors que de sérieux doutes subsistaient au sujet de leur
culpabilité. En 2003, la cour fédérale d’appel du cinquième circuit a
confirmé la condamnation à mort prononcée contre Bobby Hopkins tout en
reconnaissant que la police avait obtenu ses " aveux " présumés de façon
irrégulière ; en effet, Bobby Hopkins, placé à l’isolement pendant quinze
jours, avait subi des interrogatoires répétés sans bénéficier de
l’assistance d’un avocat, avant de faire des déclarations qui
l’incriminaient, obtenues par la ruse.

Bien que la population du Texas ne représente que huit p. cent de celle des
États-Unis, 35 p. cent des exécutions recensées dans le pays sont le fait de
cet État. Depuis la reprise des exécutions judiciaires aux États-Unis, en
1977, les autorités de ce pays ont ôté la vie à 895 hommes et femmes. Trois
cent dix-sept de ces exécutions ont eu lieu au Texas, et plus de 450
condamnés attendent actuellement dans les couloirs de la mort de cet État.
Au Texas, la peine de mort ne peut être prononcée que si les jurés
considèrent que l’accusé, si on lui laisse la vie sauve, commettra
probablement à nouveau des actes de violence constituant un danger pour la
société. Des centaines de jurés qui venaient de déclarer un accusé coupable
d’un crime grave se sont vu persuader par des procureurs zélés de répondre
par l’affirmative à la question de cette éventuelle " dangerosité future ".
Les représentants du ministère public texan ont souvent mis en avant des
éléments de preuve peu fiables, notamment des expertises de psychiatres
affirmant être en mesure de prévoir avec une certitude absolue le
comportement futur d’un accusé. Le Dr James Grigson, praticien radié de
l’American Psychiatric Association (Association américaine de psychiatrie)
pour s’être livré à de telles prédictions dans des cas où l’accusé encourait
la peine de mort, a témoigné lors du procès de Cameron Willingham. Dans de
nombreuses affaires, au Texas, les personnes accusées de crimes passibles de
la peine de mort n’ont pas bénéficié d’une défense adéquate, et les jurés
n’ont pas eu connaissance de circonstances atténuantes qui auraient pu
contrebalancer les éléments à charge présentés par le ministère public.
À l’autre bout de la chaîne judiciaire, les démarches effectuées afin de
faire jouer l’ultime recours offert au condamné, le droit de grâce conféré
au pouvoir exécutif, semblent condamnées à rester vaines au Texas. Le Comité
des grâces et des libérations conditionnelles de cet État se prononce
fréquemment à l’unanimité ou à la quasi-unanimité en défaveur d’une mesure
de clémence. Le gouverneur du Texas est habilité à faire bénéficier les
condamnés à mort d’un sursis et à demander à ce Comité de réexaminer leur
dossier. Toutefois, les gouverneurs de cet État n’usent généralement pas de
cette prérogative. Les juridictions d’appel ont rejeté une action introduite
par Edward Lagrone, qui mettait en avant le fait que les procédures de
recours en grâce au Texas étaient contraires à la Constitution et bafouaient
l’obligation faite aux États-Unis, en vertu de leurs engagements
internationaux, de proposer aux condamnés à mort sollicitant une mesure de
clémence un réexamen de leur cas digne de ce nom.
Depuis 1982, aux Texas, toutes les exécutions se font par injection létale.
Cette technique a beau être présentée comme " humaine " par ses partisans,
on ne peut nier la cruauté de la peine de mort, quelle que soit la méthode
utilisée. En effet, la peine capitale ne se résume pas à l’exécution
proprement dite, elle englobe aussi la condamnation à mort elle-même. Si
pointer une arme sur la tempe de quelqu’un lors d’un interrogatoire est
assimilable à une forme de torture, pourquoi le fait de maintenir une
personne sous la menace d’une injection létale pendant des années est-il
considéré comme acceptable ? Il faudrait demander à ceux qui estiment qu’il
s’agit d’une méthode " douce " s’ils utiliseraient le même terme pour
qualifier le comportement d’un citoyen ordinaire qui capturerait un être
humain, lui promettrait de le tuer un jour et, plusieurs années après,
l’attacherait et lui injecterait un poison mortel dans les veines. Au cours
des seules sept dernières années, les autorités du Texas ont exécuté plus de
deux cents personnes de cette façon, soit plus de deux par mois. En outre,
l’injection létale ne garantit pas une exécution rapide et sans problème.
Ainsi, l’exécution de Claude Jones, le 7 décembre 2000 au Texas, a été
retardée de trente minutes, car ses bourreaux ne parvenaient pas à trouver
une veine dans laquelle introduire l’aiguille. Ils lui ont finalement fait
l’injection dans la jambe.

Au Texas, comme dans de nombreux autres États de l’Union, trois substances
chimiques sont injectées lors des exécutions : le thiopental de sodium, le
bromure de pancuronium et le chlorure de potassium. Des éléments tendent à
indiquer que le bromure de pancuronium, un dérivé du curare qui paralyse les
muscles mais n’affecte ni le cerveau, ni les nerfs, pourrait masquer la
souffrance du condamné pendant l’exécution. En effet, la personne qui reçoit
l’injection ne peut ni bouger, ni parler. Des avocats du Tennessee ont remis
en question le bien-fondé de l’utilisation de ce produit ; ils ont à cet
effet cité comme témoin une femme qui avait subi une intervention
chirurgicale pendant laquelle le produit anesthésiant n’avait pas été
efficace. Elle a déclaré avoir entendu, perçu et ressenti tout ce qui
s’était passé pendant l’opération, tout en étant incapable de bouger ou de
parler, en raison de l’injection de bromure de pancuronium. Cette femme a
indiqué que cette expérience était " pire que la mort ". Des avocats
continuent à former des recours contre l’utilisation de ce produit pour les
exécutions, au motif qu’il peut recouvrir d’un " voile chimique " la réalité
des injections létales, donnant l’impression d’une mort sereine.
La législation de plusieurs États, de même que les directives de
l’Association vétérinaire américaine, proscrit l’utilisation du bromure de
pancuronium pour l’euthanasie des animaux domestiques. Le 1er septembre
2003, une nouvelle loi interdisant l’emploi de ce produit pour l’euthanasie
des chats et des chiens est entrée en vigueur au Texas. Le code de
déontologie de l’American Medical Association (AMA, Association médicale
américaine) interdit aux médecins de prendre part aux exécutions. Il
n’existe apparemment pas de normes pour la formation du personnel non
médical chargé des exécutions au Texas, ce qui augmente les risques
d’exécutions " bâclées ". Dans le cadre d’un recours formé récemment au
Texas, les avocats du condamné, invoquant une loi qui devait entrer en
vigueur le 1er janvier 2005, ont déclaré : " les injections létales, si
elles étaient pratiquées sur des animaux, seraient contraires à [cette] loi,
en raison du manque de formation du personnel qui en est chargé et de
l’absence de garanties ".

ACTION RECOMMANDÉE

Dans les appels que vous enverrez le plus rapidement possible et que vous rédigerez (en anglais ou dans votre propre langue) en utilisant vos propres mots, dites-vous opposé à l’exécution de ces trois hommes et à la poursuite du recours à la peine capitale au Texas.

Exhortez les destinataires mentionnés ci-après à faire tout ce qui est en leur
pouvoir afin d’empêcher ces exécutions et d’amener le Texas à suivre la
tendance qui prévaut actuellement dans le monde en faveur de l’abolition de
la peine capitale.

APPELS À :

 Gouverneur du Texas :
The Honorable Rick Perry, Governor of Texas
State Capitol, PO Box 12428
Austin, TX 78711, États-Unis
Fax : 00 1 512 463 1849 / 0039 / 1932
Formule d’appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,

-Responsable du système judiciaire du Texas :
The Honorable Greg Abbott, Attorney General
PO Box 12548, Austin, TX 78711-2548, États-Unis
Courriel : greg.abbott@oag.state.tx.us
Fax : 00 1 512 475 2994
Formule d’appel : Dear Attorney General, / Monsieur,

COPIES

Ambassade USA
Boulevard du Régent, 27,
1000 Bruxelles,
Fax : 02/511 27 25
Journal :

Vous pouvez également adresser une lettre brève (pas plus de 250 mots) au
rédacteur en chef du journal suivant :

Letters to the Editor,
Austin-American Statesman, P.O. Box 670, Austin, Texas 78767, États-Unis
Fax : +1 512 912 5927
Courriers électroniques :
http://www.statesman.com/search/content/standing/letters.html

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