À propos des mutilations sexuelles : le film Moolaadé

Le samedi 11 mars à 20 heures, le film Moolaadé du réalisateur Ousmane Sembéne a été projeté au Plaza-Art à Mons, dans le cadre du festival « Mars ATTAC ». Du 7 au 11 mars, chaque soir, un film du cinéma engagé a été suivi d’un débat avec un représentant du sujet traité.

Pour clôturer cette semaine, le sujet fut d’une importance extrême : les mutilations sexuelles en Afrique.

C’est au Burkina Faso que se déroule « Moolaadé », mot qui signifie « droit d’asile ».
En effet, quatre fillettes vont fuir pour échapper à l’excision et se réfugier auprès de Collé, une femme du village, car elles savent que 7 ans plus tôt, celle-ci avait refusé que sa fille Amsatou soit mutilée. Les fillettes trouvent donc refuge auprès de Collé.
Le film nous raconte ainsi le début d’une révolte face à un rituel archaïque, encore présent dans le troisième pays d’Afrique.

Le débat qui a suivi la projection fut animé par Ngom Jules et Khadidiatou Diallo, fondatrice du GAMS Belgique (groupement pour l’abolition des mutilations sexuelles) en 1996 : elle a été élue femme de l’année 2005 en Belgique. Tous deux ont confronté le public aux dangereuses réalités causées par les mutilations sexuelles. Car au-delà du danger de mort immédiate dû aux mauvaises conditions d’hygiène, il y a aussi le danger à long terme, à savoir les problèmes au moment de l’accouchement, les infections urinaires, l’incontinence, les douleurs en général, les troubles de la sexualité, sans parler des troubles psychologiques.

Il faut savoir qu’il est plus que dur de lutter contre les mutilations sexuelles car il règne de nombreux mythes autour de ces traditions par exemple, les « bilakoro », c’est-à-dire les jeunes filles non excisées ne peuvent trouver aucun mari et vont se retrouver prostituées car la sexualité n’aura pas été calmée à temps.
De plus, il y a de la part des peuples concernés une réelle phobie de renier la tradition qui les pousse à la perpétuer comme un héritage.
Pour lutter contre ce genre de pratique, il faut donc tout d’abord faire évoluer les mentalités afin de faire comprendre à ces personnes que ce traditions sont inutiles, non fondées et surtout extrêmement dangereuses.

Si vous désirez en savoir plus à ce sujet, voici l’adresse du site internet du GAMS : www.GAMS.be ainsi que le numéro de téléphone 02/3194340

Emmanuelle Petit.

NDLR

L’excision est l’ablation du clitoris chez de très jeunes filles, le plus souvent pratiquée par une vieille femme du village « aidée » par d’autres femmes. Cette pratique n’a pas de lien direct avec l’islam ou le Coran mais elle est pratiquée dans beaucoup de pays du nord de l’Afrique et parfois chez nous par des immigrées de ces pays.

ATTAC est un mouvement altermondialiste bien connu, militant contre les dérives du système économique néolibéral d’aujourd’hui.

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