Portrait : Georgette Ciselet

Comment parler d’inégalités sans parler de
celles qui se sont battues afin de les réduire ? Leurs actions ont été et sont encore actuellement Indispensables.
Voici donc le portrait d’urie d’entre elles : Georgette Ciselet.

Elle naquit à Anvers le 21 août 1900, fille de Joseph Ciselet (industriel) et de Louise Marie Wetzel.

Malgré d’excellentes capacités, elle était très réticente à toute forme
de discipline scolaire, elle suivit donc un enseignement à domicile. Petit à petit,
elle prit goût à l’étude et à l’apprentissage. Ses préceptrices, qui étaient deux étudiantes de l’université, lui donnèrent même l’ambition d’y entrer, à son tour. Bien que ses parents n’aient pas prévu cela pour leur fille, ils acceptèrent. Elle réussit donc l’examen du jury central (étonnant, car elle n’avait pas reçu la même éducation qu’un garçon aurait pût recevoir à l’époque !) et entra à l’université en 1919. Elle poursuivit deux années d’étude à la faculté de philosophie et lettres puis se dirigea vers la faculté de droit, encouragée par ses professeurs, en vue de devenir avocate.

Mais n’oublions pas que les femmes n’ont obtenu le droit d’exercer le métier d’avocate qu’à partir de 1922 ! Georgette, elle, réussit brillamment ses études et put enfin devenir docteure en droit.
Elle commença sa carrière par un stage chez l’avocat Braffort et pratiqua ensuite au Barreau de Bruxelles jusqu’en 1963. Notons qu’elle exécuta également des stages en Grande-Bretagne en 1928.

Tout au long de son apprentissage, Georgette put constater la situation sociale défavorable des femmes et elle affirma très tôt ses opinions féministes.
C’est en 1929 qu’elle épousa Henri Wagner, avoca tout comme elle, ainsi qu’homme de lettres. Son mariage fut « pénible » dans ce sens où Georgette eut du mal à supporter la lecture du code civil spécifiant que la femme devait obéissance à son époux, elle dût même lui demander le droit de continuer à mener à bien sa carrière !

Georgette publia de nombreux écrits : en 1930, son premier livre, une étude exhaustive de la condition de la femme, en Belgique et à l’étranger : « La femme, ses droits, ses devoirs et ses revendications », puis en 1932, un deuxième ouvrage traitant du mariage : « Commentaire sur 1 loi du 20 juillet 1932 se rapportant à la loi sur les droits et devoirs respectifs des époux » . En 1935, u traité concernant le contrat de mariage ; et enfin, e 1938 un deuxième se rapportant au même thème dans une encyclopédie juridique « Les Nouvelles » dont elle était la secrétaire générale.

En parallèle à ses activités professionnelles et à son action militante, elle entama également un carrière politique dans le parti libéral en 1925. Elle fut présidente de la Fédération des femmes libérales et devint sénatrice en 1946, sans même n’avoir jamais été mandataire communale. Elle siégea ainsi au Sénat sans interruptions, jusqu’en mars 1961. Sa carrière au Sénat terminée, Georgette devint conseillère d’Etat, et cette fois-ci, elle fut la première ! Elle ouvrit ainsi de nouvelles perspectives aux femmes de sa génération. De plus, alors qu’elle aurait dût partir e retraite( à cette époque, régnait une certaine confusion entre droit à une retraite et limite d’age, surtout pour les femmes !), elle continua son parcours féministe et affirma de plus en plus son désir d’égalité entre les hommes et les femmes. C’est finalement en 1972 qu’elle fut mise à la retraite.

Concrètement, qu’ a-t-elle accompli ?

Eh bien c’est à cette grande dame que nous devons des propositions de loi permettant aux femmes de devenir magistrate ou notaire. Elle poussa également à l’égalité des époux et à des régimes matrimoniaux permettent à la femme mariée de disposer de ses biens et’ d’acquérir son indépendance économique au sein du ménage. Elle prit par ailleurs, part à de nombreuses actions d’associations féministes. Autre accomplissement pour les femmes belges : elle inspira et permit le vote de la loi du 30 avril 1948 qui mis fin à l’ incapacité de la femme mariée ainsi qu’à la notion même de « puissance maritale ». Elle plaça par la même occasion, le code belge parmi les plus moderne d’Europe !

Elle était toujours prête à intervenir lorsqu’une femme était victime d’une discrimination de sexe et que son cas pouvait lui permettre de mettre en évidence les restrictions au travail des femmes ; elle s’appliqua à toujours faire apparaître au grand jour le côté ridicule des interdictions dans le domaine professionnel, faites aux femmes.

Le 31 août 1983, est morte une grande féministe, une grande Dame, tout simplement !

Gérard Aurélie.

Pour de plus amples informations, consultez « Louise De Craene-Van Duuren, Georgette Ciselet, deux féministes », Adèle Hauwel . -Bruxelles : Edition Groupement Belge de la Porte Ouverte, 2000. - 85 p. : ill.. - BOEK ; livre ayant servit de référence à cet article.

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