Demandeurs d’asile : l’histoire d’Umar

Il s’appelle Umar, il a 37 ans et est d’origine tchétchène.

Avant, il voulait vivre paisible et heureux dans son pays avec sa femme et ses 4 enfants, il avait même décroché un diplôme mais la situation en Tchétchènie se dégradait de plus en plus. Leurs conditions de vie étaient misérables et surtout, il y avait la guerre et les attentats. Puis leur fille est tombée gravement malade. Alors ils se sont résignés a quitter leurs origines, leurs amis, leurs habitudes, tout ce a quoi ils pouvaient s’identifier. Il fallait qu’ils partent ; juste une question de survie.
Pourquoi pas en Europe ? Peut être que là-bas ils découvriraient la liberté si celle-ci existe réellement. Mais évidemment, pas moyen d’obtenir un visa.
Ils ont donc du faire appel à un passeur et voilà comment ils sont devenus clandestins sans qu’ils l’eussent voulu !

Après un voyage long, coûteux et dangereux, ils se sont retrouvés dépouillés de tout dans un monde inconnu. Au début, ils végètent et crèvent de faim » dans Bruxelles. Umar introduit alors une demande d’asile. Demande légitime puisque leur fille doit être soignée et qu’il y a la guerre dans leur pays.
Mais l’interview à l’Office des étrangers prend rapidement fin sans même
qu’on leur pose des questions sur ce qu’ils ont vécu en Tchétchènie. Finalement, après deux mois d’indifférence, l’office daigne leur répondre : il leur donne l’ordre de quitter le territoire en 10 jours et les prive de l’aide sociale à laquelle ils avaient droit.
Pour survivre, ils vont loger chez des membres de leur famil/e. Mais eux aussi sont
très pauvres et la pièce qu’ils habitent est bien trop exiguê pour 11 personnes. Umar doit donc travailler au noir mais les gens qui l’emploient profitent de sa situation et l’exploitent.
Il fait alors appel à un CPAS qui les place dans un centre ouvert (centre ou on leur laisse une certaine liberté de circuler).
Même s’ils ont à manger, ils sont toujours sans argent (ils peuvent circuler mais ils restent surveillés par les dirigeants du centre donc il leur devient impossible de gagner les quelques euros qu’ils avaient en travaillant au noir) et en plus ils ne sont même plus considérés comme des demandeurs d’asile. Pour la Belgique, c’est comme s’ils n’existaient pas.

Malgré tous les risques encourus, Umar décide donc d’introduire une seconde demande d’asile. Il apprend le français et constitue un dossier avec un avocat du centre. Dans les jours qui suivent, il est convoqué avec sa femme et ses enfants à l’office des étrangers mais la c’est le cauchemar : on leur prend leurs affaires, on les séquestre et on les emmène dans un bus aux fenêtres grillagées dans un centre fermé. Ils ont l’impression de revivre les horreurs qu’ils ont connues en Tchétchénie.

Après deux semaines dans cette sorte de prison pour réfugiés, ils sont expédiés au tribunal mais Umar doit assister à l’audience séparé de ses enfants. De toute façon il ne connaît rien de ce qui se passe mais il réalise vite que le résultat est connu d’avance et que pour le juge il n’est qu’un cas de plus à traiter. Evidemment, il se rend bien compte que la Belgique ne peut pas accueillir tout le monde mais il ne comprend pas pourquoi on le juge comme un criminel alors qu’il a été forcé d’abandonner son pays.

Quelques heures plus tard, il retrouve ses enfants pleurant dans une cellule et le soir même on lui annonce que sa demande a été refusée. Heureusement leur avocat a introduit une plainte contre le Ministère de l’intérieur et parvient à les faire sortir du centre fermé. Ils retournent alors dans le centre ouvert. Là un assistant social fait des recherches pour récupérer les affaires qui ont été prises mais elles ont disparues avec le peu de documents administratifs qu’ Umar possédait.

Aujourd’hui, Umar est toujours dans la même situation, rien n’a changé. Ils sont toujours au centre parce que leurs enfants bénéficient du droit d’y rester mais ils n’ont accès ni au travail ni a la procédure d’asile. Umar ne sait plus comment faire, il est impuissant face au système. Il avait fui la Tchétchènie pour sauver sa famille en espérant découvrir la liberté mais à l’heure actuelle, il reste constamment sous surveillance et n’a toujours aucun statut.

O.C

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