Destin exceptionnel d’un musicien aveugle à la voix d’or

Depuis la nuit des temps, les personnes ayant un déficit physique existent. Elles ont toujours été sujettes à des discriminations de toutes sortes allant jusqu’à la prison voir le bûcher. Aujourd’hui, l’opinion des gens vis-à-vis de ces personnes handicapées à évolué, pour la plupart du temps en bien, et cela depuis la deuxième guerre mondiale où elles étaient presque autant persécutées que les Juifs.

La télévision et tout autre média ont énormément collaboré à ce changement d’opinion. Je vais m’intéresser plus particulièrement au cas des personnes célèbres ayant un handicap physique. Il y a quelques grands noms comme Django Reinhardt, un des plus grands guitaristes de jazz qui a perdu trois de ses doigts dans l’incendie de sa roulotte, comme Mimi Mathy qui, étant naine, réussit à merveille dans le cinéma ou encore le célèbre Djamel Debbouze, un des humoristes français les plus appréciés, qui a perdu l’usage d’un de ses bras après avoir été happé par un RER à la gare de Trappes.

Dans cet article, je vais plutôt m’intéresser à un célèbre bluesman nommé Ray Charles (Robinson). Ce grand virtuose du piano est né à Albany (situé en Géorgie) le 23 septembre 1930 dans une famille très pauvre soumise à de nombreuses ségrégations raciales. Il a été élevé par sa mère (suite au décès de son père) à Greenville en Floride. Il a eu une enfance très difficile puisqu’il a assisté, impuissant, à la noyade de son petit frère de 3 ans. Cela le bouleversera énormément.
A l’âge de 4 ans, il est atteint de glaucome (maladie des yeux où la pression oculaire devient nettement supérieure à la normale). A 7ans, sa cécité est complète, il perd définitivement la vue et est placé dans un établissement
spécialisé.

C’est là que durant neuf ans, il va étudier la musique, c’est-à-dire apprendre la composition et différents instruments tels que le
piano et le saxophone alto. Cet enseignement est plutôt classique
et ses préférences s’orientent immédiatement vers le jazz, le blues et le gospel.

A l’âge de quinze ans, il perd sa mère et décide de quitter l’institution. Il se fait héberger par une amie de sa mère à Jacksonville afin d’essayer de vivre de sa passion : la musique mais cela est très dur à cause de son handicap. A partir de ce moment, il va être soumis à de nombreuses discriminations raciales et autres actes racistes. Il va ensuite tenter sa chance à Orlando puis à Tampa où il gagne tout juste de quoi manger
en jouant du piano dans différents orchestres de danse.
Ce n’est qu’en 1947 qu’il décida de s’installer à Seattle où il fait ses premiers pas dans des clubs, en tant que chanteur, avec sa
propre formation. A ce moment-là, les gens ont encore peur de
son handicap et se méfie de lui. Il enregistre quelques albums, mais ils n’auront aucun succès.

C’est ici que commence vraiment sa carrière en tant que bluesman reconnu de tous.
Avant d’atteindre ce statut, il a été soumis à de nombreuses discriminations comme toutes les personnes ayant un handicap
physique à cette époque. Il était refusé dans certains lieux et a eu
un mal fou à imposer son style musical entre blues, jazz, gospel et soul. Ce style musical va donner naissance au r’n’b. Pour pouvoir assumer pleinement son handicap, sa couleur de peau ainsi que le regard des autres sur lui, il a sombré dans la drogue.
Ceci fait partie d’un des nombreux passages douloureux de sa
vie déjà énormément mouvementée. Une fois de plus, il réussit à
se sortir de cette mauvaise passe et à se relever, la tête haute. Ce
passage à vide lui a permis de revenir avec un style encore plus
personnel et de nombreux tubes basés en particulier sur sa vie.

Pour lui prouver sa reconnaissance, l’état de Georgie (USA) a adopté son tube « Georgia on my mind » en tant qu’hymne national en 1979.

Ray décède le 1 0 juin 2004 à Los Angeles avec énormément de tubes à son actif et plus de 52 albums. Afin de lui rendre hommage, Taylor Hackford a réalisé un long métrage nommé : « Ray ».
Il retrace la vie de ce célèbre personnage, de son enfance à sa mort en passant par toutes les difficultés liées à son handicap ainsi que tous ses tubes et autres chansons ayant forgé sa carrière.
Le rôle principal est accordé à Jamie Foxx (fort connu pour ses autres films comme « Ali » ou encore « L’enfer du dimanche »).

Les jeunes connaissent surtout Ray Charles pour ses emblématiques balancements et son énorme sourire lorsqu’il interprète un morceau au piano dans ses concerts ou tout autre événement live.

Maintenant, Ray Charles est une icône universelle, un exemple pour tous, que ce soit pour les personnes physiquement handicapées, pour les étrangers subissant des discriminations raciales, pour les toxicomanes qui essayent de s’en sortir ou tout simplement pour une personne « normale » ayant des difficultés dans la vie car, en étant « noir », aveugle, toxicomane (durant une certaine période) et pauvre, il a réussi à s’imposer mondialement en tant que créateur du r’n’b, qui, maintenant, est devenu un style à part entière tel que le rock’n’roll, le rap, etc...

Pour conclure, je vais vous laisser méditer sur cette citation de ce grand homme qui malgré tout a gardé la joie de vivre en toute circonstance :

« Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi...
,J’aurais pu être noir. »

Benjamin Roiseux.

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