Identité et discrimination : résultats d’une enquête auprès d’élèves de cinquième et sixième humanités

Identité
Pour définir leur identité, les élèves interrogés mettent surtout en avant leur statut d’élèves ainsi que leur appartenance à un groupe (amis, association, groupe sportif ou artistique, mouvement de jeunesse,...). Certains tiennent cependant à affirmer leur non-appartenance à un groupe particulier. Beaucoup se définissent aussi selon leurs croyances (ou leur non-croyance).
Dans une moindre mesure, les autres aspects qui déterminent leur identité sont le caractère, l’âge, la position dans la famille, l’origine raciale, le milieu social, l’attachement à des valeurs, le libre arbitre, le regard des autres, les centres d’intérêt, l’apparence physique et la tenue vestimentaire.

De manière générale, ils pensent que si on affirme un ou plusieurs aspects de son identité, on le fait pour les raisons suivantes : montrer aux autres qu’on existe et se faire entendre, se sentir intégré dans un groupe particulier ou, au contraire, marquer sa différence et affirmer qu’on est unique, être fidèle à ses valeurs, ne pas se laisser guider par les autres, se sentir bien dans sa peau et lutter contre ses complexes et sa timidité, montrer qu’on est fier de soi et de ses origines, montrer qu’on est quelqu’un de responsable, faire des choix, grandir et avancer dans la vie, prendre sa place dans la société.

Ces jeunes se sentent-ils reconnus dans leur identité ? Deux tiers d’entre eux affirment se sentir écoutés et entendus, surtout par leurs amis, leur famille et à l’école. Globalement, ils considèrent que la société est attentive à leur parole de jeunes. Cependant, un tiers a le sentiment inverse et ne se sent pas pris au sérieux, ni par la société, ni par l’école, ni par la famille.

Discrimination
La majorité des jeunes interrogés disent ne pas faire partie d’un groupe adoptant des attitudes discriminatoires. Ils pensent qu’il faut bien choisir ses amis et se respecter les uns les autres. Cependant, bon nombre d’entre eux reconnaissent avoir assisté à des gestes d’exclusion. D’après eux, ceux qui étaient responsables de ce comportement discriminatoire le faisaient soit parce qu’ils se sentaient supérieurs, soit parce qu’ils étaient bourrés de préjugés ou de complexes. Environ un tiers des élèves reconnaissaient avoir été victimes de discrimination et que celle-ci portait atteinte à leur apparence physique, leurs choix vestimentaires, leur couleur de peau et leur nom.

Lorsqu’ils sont témoins d’une attitude discriminatoire, ils éprouvent généralement un sentiment de révolte et veulent se distancier de ce comportement. Les réactions sont diverses : s’interposer physiquement, défendre la victime par des paroles, la rassurer, rejeter l’agresseur. Il faut cependant remarquer que le fait de connaître l’agressé incite davantage à intervenir. Les raisons invoquées pour la non-intervention sont : on ne se mêle pas de ce qui ne nous regarde pas, on a peur d’être ennuyé ou exclu à son tour, on manque de courage, on ne va pas améliorer la situation et chacun doit apprendre à se défendre tout seul.

La grande majorité choisirait de quitter un groupe plutôt que de suivre aveuglément son chef si celui-ci les forçait à développer un comportement discriminatoire
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Et l’école, a-t-elle le droit d’exclure, d’après eux ?
Certainement pas sur base de convictions personnelles ni de l’origine raciale et sociale !
Par contre, un grand nombre estime qu’un comportement violent et perturbateur, le manque de discipline et le non-respect du règlement peuvent justifier une exclusion. Le manque de travail a également été mentionné.
D’autres sont d’avis que l’exclusion ne sert à rien et qu’il faut laisser à chacun le droit à l’éducation et l’opportunité de prouver ce qu’on vaut, même si on a de mauvais antécédents.
Le débat est lancé !

Un grand merci aux élèves qui ont répondu à l’enquête.
N.T.

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