Violence contre les femmes : Dire stop à temps

Quelques questions à Myriam de Vinck, criminologue et directrice d’un centre pour femmes battues.

A quels types de violence contre les femmes êtes-vous confrontée ?

Notre centre accueille essentiellement des femmes victime de violences conjugales et intraconjugales. Ces brutalités peuvent prendre quatre aspects différents : psychique, moral, verbal ou sexuel. Elles ont cependant toutes pour but d’imposer l’autorité. L’agresseur peut agir pour trois raisons : soit par frustration envers la société, soit pour obtenir quelque chose de sa victime, soit, plus grave, sans aucun lien logique.

Pouvez-vous donner des exemples concrets de ces différentes violences ?

Le plus couramment, le conjoint exerce un contrôle quasi totalitaire sur sa partenaire, l’insultant et lui interdisant une série de choses absurdes (sortir entre amis, exercer une profession à l’extérieur, porter certains vêtements, etc.). Dans les cas extrêmes, mais fréquents, les victimes peuvent être battues, frappées, violées.

Combien de femmes victimes de violence compte-t-on en Belgique ?

Environ 10 %. Trop de femmes restent encore dans le silence, subissant jour après jour des violences. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’aujourd’hui les associations traitant ce sujet, en plus de leur rôle de « guérir », ont un devoir de « prévenir » (par l’intermédiaire des médias, conférences, etc.) et d’aider les femmes battues à parler.

Comment l’entourage doit-il réagir s’il suspecte de la violence contre une femme ?

Le soutien de l’entourage est primordial. C’est à lui en premier à ouvrir les yeux de la victime et Il ne peut en aucun cas l’abandonner. Son rôle a cependant des limites : ce n’est pas à lui à l’obliger à partir ou à agir sans qu’elle n’y soit prête. Pour cela, il existe des associations qualifiées et compétentes qui sauront parler avec la victime sans précipitation.

Comment éviter d’être nous-mêmes victimes de violences ?

Personne n’est à l’abri de violences conjugales : il n’y a ni profil type, ni catégorie fixe, ni milieu social précis. Mais pour éviter toute chose, il faut savoir dire non à temps, mettre les points sur les i, faire rapidement et clairement savoir son opinion. La violence conjugale, ça commence d’abord par des petits gestes insignifiants, mais qui doucement s’amplifient et finissent par prendre le pouvoir. Plus on les laisse s’installer, plus il est difficile de dire "stop", et plus il est difficile de se reconstruire par la suite.

Caroline PAPI et Anne DE SAUVAGE

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