Tous à la mode, tous pareils ?

La mode est signe paradoxal de singularité et d’appartenance au groupe. Nous allons essayer de cerner ce phénomène commercial par excellence.

La mode est partout. À l’école, dans la pub, dans la musique.
Peu importe où l’on pose son regard, impossible d’y échapper.

La mode, c’est quoi, ça touche qui et ça sert à quoi ?

Nous allons y réfléchir avec Marie Verhoeven, sociologue à l’UCL.

Phénomène récent

La mode est un phénomène social qui est véritablement apparu dans les années 50 et 60, au moment de la naissance de ce que les sociologues appellent la société de consommation de masse. La mode repose sur une dynamique apparemment paradoxale :

 D’un côté, elle passe par une sorte de « standardisation » des objets de consommation.

 D’un autre côté, elle suppose aussi une individualisation de la consommation. Les producteurs tentent de plus en plus de diversifier les produits sur des petits détails de style et de forme, qui permettent aux consommateurs de choisir le produit qui correspond le mieux à leur style de vie, à leur identité.

Si ce phénomène s’est fort amplifié, c’est aussi parce que nous vivons dans une société où l’individu est au centre de la culture, et que chacun se retrouve obligé d’être lui-même, d’être original et authentique. Cette injonction à être soi peut notamment passer par le look.

Suivre la mode, c’est donc à la fois consommer les objets (vêtements, accessoires...) que la société met à notre disposition, tout en y sélectionnant ceux qui semblent au mieux symboliser qui on est.

Mais qui décide de la mode ?

Personne, car c’est un de ces phénomènes collectifs dont on ne sait plus très bien qui les initie. Si ça marche, c’est que cela correspond à un certain contexte social qui est propice au développement de certaines attitudes, de certaines normes, qui se traduisent dans les comportements vestimentaires et les comportements de consommation.

D’autre part, il ne faut pas négliger le rôle des institutions sociales qui définissent et diffusent la mode :

 Les grands créateurs de mode, qui lancent des idées.

 Les entrepreneurs qui occupent une position de force sur le marché du vêtement ou des objets de consommation, qui traduisent les tendances des créateurs dans des vêtements et objets accessibles à la masse.

 Les médias (TV, marché de la musique, etc.) qui transmettent ces normes aux consommateurs.

Cause de discrimination ?

Bien évidemment, si la mode nous rassemble selon nos affinités, elle nous divise et est, d’une certaine manière, une cause de discrimination dans la mesure où nous ne sommes pas tous égaux face à la mode : les différents groupes sociaux ou classes sociales ne disposent ni des mêmes moyens économiques pour consommer, ni des mêmes critères esthétiques ou critères de consommation.

Parallèlement, occuper telle ou telle fonction sociale implique souvent de se plier à certaines normes vestimentaires ou normes de consommation auxquelles tout le monde n’a pas accès de la même manière.

Les jeunes sont sensibles à la mode : TV, musique, etc. en véhiculent les normes. À l’adolescence, on veut se construire comme unique et authentique, et la mode permet de se positionner.

Le groupe joue aussi un rôle important dans la vie du jeune et participe à cette construction autonome de soi, en même temps qu’il véhicule des normes très fortes, dont il est difficile de se distancier si on ne veut pas être marginalisé.

Pour nous, élèves de quatrième, la mode doit rester un moyen d’exprimer sa personnalité sans pour autant être mis à l’écart. Il faut pouvoir choisir ce qui nous convient sans se retrouver pris dans un engrenage et vivre pour soi-même sans se
soucier du regard des autres.

Rosine LOUVIAUX et Séverine VANDENPLAS

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