PARAGUAY : Accès aux soins pour les communautés indigènes

En ne prenant pas rapidement des mesures suffisantes pour protéger les droits des peuples autochtones, l’État paraguayen oblige nombre d’entre eux à vivre dans la misère et condamne de fait une partie de cette population à mort. Les communautés indigènes des Yakyes Axas et des Sawhoyamaxas, déplacées de leurs terres ancestrales, vivent dans des conditions précaires le long de l’autoroute reliant Pozo Colorado à Concepción, ne disposent d’eau et de nourriture que de façon irrégulière, et sans soins médicaux adaptés.

En réponse à leur situation désespérée, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a jugé en 2005 et 2006 que les autorités paraguayennes devaient rendre leurs terres aux deux communautés. La Cour avait également ordonné à l’État paraguayen, tant que cette décision ne serait pas respectée, d’assurer aux deux communautés des services de base – tels que l’accès au réseau d’assainissement, des soins médicaux, de l’eau et de la nourriture – afin de permettre leur survie.

Pourtant, depuis que la Cour interaméricaine des droits de l’homme a rendu son jugement, plus de 27 membres de ces deux communautés sont morts de problèmes qui auraient pu être évités. Au cours des quatre derniers mois, six personnes de la communauté sawhoyamaxa, dont quatre enfants de moins de deux ans, ont succombé à des crises de diarrhée et de vomissements.

INFORMATIONS GENERALES

Les Yakyes Axas et Sawhoyamaxas demandent qu’on leur rende leurs terres ancestrales depuis plus de quinze années. Le droit à leurs terres ancestrales est crucial pour les populations indigènes ; il constitue un élément vital de leur sens de l’identité et leur sert à assurer leur subsistance physique et culturelle.

La constitution paraguayenne et le droit international reconnaissent le droit des populations indigènes à détenir des propriétés communales et exigent de l’État qu’il leur accorde ces terres gratuitement. Au niveau international, le Paraguay a soutenu l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Depuis les années 90, les deux communautés indigènes vivent près de Santa Elisa, en bordure d’autoroute, dans des conditions déplorables. La Cour interaméricaine des droits de l’homme a pourtant demandé que leurs terres ancestrales leur soient restituées, mais celles-ci sont toujours aux mains d’intérêts privés. Les deux communautés vivent dans des conditions très précaires, sans accès à l’eau potable, à une nourriture suffisante ou aux soins de santé de base.

MODELE DE LETTRE

Dr José Enrique García Ávalos - (Procurador General)
Inter-Institutional Commission
Procurador General de la Republica del Paraguay
Procuraduría General de la República
José Berges 1007 c/ Perú
Asunción – Paraguay

Monsieur le Procureur Général,

Je suis un jeune de ............... (nom de l’école), en Belgique.

Je me permets de vous écrire en tant que membre d’Amnesty International.

Les communautés indigènes des Yakyes Axas et des Sawhoyamaxas ont été déplacées de leurs terres ancestrales il y a 15 ans et vivent depuis dans des conditions précaires le long de l’autoroute reliant Pozo Colorado à Concepción. Elles vivent là, sans soins médicaux adaptés, et ne disposent d’eau et de nourriture que de façon irrégulière. En réponse à leur situation désespérée, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a jugé en 2005 et 2006 que les autorités paraguayennes devaient rendre leurs terres aux deux communautés. Une date butoir avait été fixée au 13 juillet 2008 pour la restitution de leurs terres aux Yakyes Axas et au 19 mai 2009 pour les Sawhoyamaxas. La Cour avait également ordonné à l’État paraguayen, tant que cette décision ne serait pas respectée, d’assurer aux deux communautés des services de base – tels que l’accès au réseau d’assainissement, des soins médicaux, de l’eau et de la nourriture – afin de permettre leur survie.

Nous sommes indignés par cette situation alarmante et par les 27 morts évitables qui ont eu lieu depuis 2006 dans les communautés, et vous prions instamment de :

• vous assurer que l’approvisionnement en denrées et services de base des deux communautés recommence immédiatement et leur parvienne régulièrement ;
• veiller à ce que l’accès aux soins des deux communautés inclue la présence d’un personnel médical formé et d’un centre de soins ;
• mettre tout en œuvre pour que les deux communautés se voient restituer leurs terres ancestrales comme l’a requis la Cour interaméricaine des droits de l’homme.

J’espère que que vous tiendrez compte de ma demande et espère recevoir au plus vite une réponse.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur Général, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

Nom et prénom : .......................

Adresse : .......................

Pistes pédagogiques sur le droit à la terre et les peuples autochtones :

http://www.amnestyinternational.be/doc/article13675.html

http://www.amnestyinternational.be/jeunes/spip.php?article1462

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