Laos : disparition de femmes et d’enfants (AUP 12/06)

Cinquante-trois demandeurs d’asile laotiens, dont des femmes et des enfants, ont été renvoyés de force au Laos depuis la Thaïlande, et on ne sait pas où ils se trouvent. Amnesty International pense que les membres de ce groupe risquent d’être victimes d’actes de torture, d’autres formes de mauvais traitements et de détentions arbitraires.

Vingt-sept autres demandeurs d’asile hmongs* ont été renvoyés de force au Laos le 5 décembre 2005. lls sont détenus au secret depuis lors, dans des conditions très difficiles. La plupart d’entre eux sont mineurs. Les autorités du Laos n’arrivent pas à savoir où ces personnes se trouvent et affirment qu’elles ne sont pour rien dans leur expulsion qui n’aurait pas suivi les procédures officielles. La position du gouvernement laotien, telle qu’elle a été présentée à Amnesty International, est donc que les autorités thaïlandaises sont les seules responsables du renvoi de ces personnes.

Les membres de ces deux groupes vivaient dans un camp de réfugiés non officiel situé dans le village de Huay Nam Khao (nord de la Thaïlande), et ont été arrêtés à proximité de ce village. Les médias officiels laotiens ont indiqué, le 16 novembre, que les membres du groupe de 53 personnes, parmi lesquels figure un nouveau-né, feraient l’objet d’une « rééducation » avant d’être réinstallés dans leur région d’origine – on ignore ce qu’il faut entendre au juste par « rééducation ».

*Hmong : population minoritaire au Laos

INFORMATIONS GENERALES

Quelque 7000 Laotiens hmongs vivent dans le camp de réfugiés improvisé de Huay Nam Khao, où ils ont commencé à venir en 2004 pour demander le statut de réfugiés*. La plupart d’entre eux disent avoir été victime de persécutions dans leur pays en raison de leurs liens avec des rebelles hmongs qui ont combattu aux côtés de l’armée américaine pendant la guerre du Viêt-Nam et les affrontements qui sont arrivés après au Laos. Environ un tiers des membres de la minorité hmong aurait fui à l’étranger entre 1975 et 1990.
La plupart des Hmongs sont bien intégrés dans la société laotienne, mais depuis plusieurs dizaines d’années, plusieurs membres de cette ethnie vivent réfugiés dans la jungle et se cachent des autorités laotiennes, notamment des militaires. Ils sont exposés à de gros problèmes (en particulier aux maladies) et confrontés à une extrême pauvreté. Ces groupes sont régulièrement la cible de violentes attaques de l’armée laotienne.
Les autorités laotiennes nient l’existence de ces groupes et, à la connaissance d’Amnesty International, n’ont pris aucune initiative en vue de trouver une solution durable aux difficultés qu’ils rencontrent.

* Réfugié : c’est une personne qui a fuit son pays ou une région pour des raisons qui peuvent être politiques, religieuses, etc.

MODELE DE LETTRE

Monsieur le Premier ministre,

Nous sommes des enfants de ... (âge) de l’école ... (nom de l’école) en Belgique.

Nous sommes très inquiets par ce qui arrive aux membres du groupe de 53 demandeurs d’asile renvoyés au Laos. En effet, nous avons peur qu’ils soient torturés ou gardés en détention sans raison.

Nous vous demandons donc de dire où ils se trouvent et de faire attention à ce qu’ils ne soient pas torturés.

S’il vous plait, essayez de retrouver les 27 autres demandeurs d’asile qui avaient été renvoyés de force au Laos le 5 décembre 2005.

Nous aimerions que vous laissiez des observateurs indépendants voir les membres du groupe de 53 demandeurs d’asile pour connaître leurs besoins et pour savoir s’ils sont en bonne santé.

Nous voudrions aussi que vous demandiez de l’aide à la communauté internationale pour aider les groupes hmongs qui vivent dans la jungle pour qu’ils puissent sortir de la clandestinité et vivre sans danger.

En espérant que vous tiendrez compte de notre lettre, veuillez accepter, Monsieur le ... (Premier ministre/ Ministre), l’expression de nos meilleurs sentiments.

Nom, prénom :
Adresse :
Signature :

APPELS A :

Premier ministre :
Bouasone Bouphavanh
Office of the Prime Minister
Lane Xang Avenue
Vientiane,
République démocratique populaire laotienne
Fax : + 856 21 213560 ou + 856 21 414009
(via le ministère des Affaires étrangères)
Formule d’appel :
Dear Prime Minister, / Monsieur le Premier ministre,

Vice-Premier Ministre et Ministre de la Défense :
Major General Douangchay Phichit
Deputy Prime Minister and Minister of National Defence
Ministry of National Defence
Phone Kheng Road
Vientiane,
République démocratique populaire laotienne
Fax : +856 21 414009 (via le ministère des Affaires étrangères)
Formule d’appel :
Dear Minister, / Monsieur le Ministre,

Vous donnerez plus de force à votre lettre si vous envoyez une copie à :

Somsavat Lengsavad
Deputy Prime Minister ;
Standing Government Member
Office of the Prime Minister
Lane Xang Avenue
Vientiane, République démocratique populaire laotienne
Fax : +856 21 414009 (via le ministère des Affaires étrangères)
Courriel : sphimmas@laonet.net ou cabinet@mofa.gov.la

OPERATION COURAGE

Turquie : Turgay Ulu, détention arbitraire, mauvais traitements et torture.

« Je suis fatigué de répéter les mêmes choses, les témoins ont été entendus et il en ressort que je suis innocent. C’est pourquoi je demande d’être acquitté et libéré. » Turgay Ulu

Turgay Ulu, 33 ans, est en prison depuis plus de 10 ans. Arrêté en mai 1996, il a été reconnu coupable en 2002 de complicité dans la tentative d’évasion d’un militant présumé. Sa condamnation à mort a été transformée par la suite en prison à vie. Bien qu’il ait gagné en appel, la révision de son procès se fait attendre. En 1996, Turgay Ulu avait ainsi été accusé d’aider deux groupes politiques armés. Durant sa première détention au secret de 8 jours, la police l’aurait soumis à la torture. Il n’y a jamais eu d’enquête pour prouver cela. Les preuves retenues contre lui reposent sur des témoignages obtenus sous la torture. Deux des trois témoins (tous deux policiers) ont affirmé devant le tribunal que ce n’est pas lui qu’ils avaient vu sur les lieux du crime. Il est choquant de constater que les deux tribunaux qui ont jugé cette affaire ont omis (durant plus de 8 ans) de convoquer le troisième témoin. En 2000, l’un des accusateurs a déclaré « qu’il n’existe aucune preuve claire et concrète de la culpabilité de l’accusé ». Alors, le Procureur a appelé à casser les aveux originels pour manque de preuve.

Cependant, Turgay Ulu est toujours incarcéré à la prison F de Kandira. Nous vous demandons de lui apporter votre soutien et de lui écrire en prison.

AGISSEZ !

Envoyez des cartes et des lettres de soutien et de solidarité à Turgay Ulu. Vos lettres lui fourniront un énorme soutien et une force considérable dans cette période difficile.

Ne faites pas allusion à la situation politique du pays ou aux accusations portées contre les individus.

Envoyez vos lettres à :

Turgay Ulu
2 Nolu F Tipi Cezaevi K : 145, B 2-5-63
Kandira Kocaeli
Turquie

BONNES NOUVELLES

Pakistan : Amjad Hussain a confirmé à Amnesty International que le président du Pakistan avait annulé la condamnation à mort de son frère, Mirza Tahir Hussain. Constatant les contradictions existant entre les différents jugements rendus, le président Moucharraf, soutenu par son gouvernement, a fait usage des pouvoirs que lui confère l’article 45 de la Constitution et modifié la peine de mort prononcée contre Mirza Tahir Hussain en peine de réclusion à perpétuité. Comme Mirza Tahir Hussain avait déjà passé 18 années emprisonné au Pakistan, ce qui équivaut à la durée d’une peine de détention à vie, il a été remis en liberté et devrait prochainement rentrer au Royaume-Uni. Merci à tous ceux qui sont intervenus en sa faveur !

Ethiopie : Amnesty International a appris que plusieurs détenus (dont 7 lycéens) qui figuraient parmi quelque 250 personnes arrêtées pour des raisons politiques dans le district de Tukur Inchinni (région d’Oromia) le 30 août, avaient été libérés sous caution en octobre et n’avaient pas été inculpés. On ignore si des charges seront retenues contre eux dans un avenir proche en vue d’un procès. Selon les informations recueillies, toutes les personnes appréhendées le 30 août ont ainsi bénéficié d’une remise en liberté provisoire.
L’organisation de défense des droits humains pense que les membres de ce groupe ont été arrêtés en raison de leurs liens présumés avec le Front de libération oromo (FLO), qu’ils ont niés. Un conflit oppose ce dernier au gouvernement éthiopien depuis 1993. Ces deux dernières années, plusieurs cas similaires d’arrestations arbitraires ont été signalés dans la région d’Oromia. Selon certaines sources, certaines des personnes placées en détention ont
été torturées, voire tuées.

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