IRAN : deux jeunes risquent d’être exécutés ! (AUP 9-05)

Mostafa, étudiant âgé de seize ans, et Sina, musicien de dix-sept ans, risquent d’être exécutés très prochainement pour meurtre. Selon les informations recueillies, les peines prononcées contre eux ont été confirmées par la Cour suprême et pourraient être appliquées à tout moment.

Selon des informations relayées par le quotidien iranien Etemad, Mostafa a été reconnu coupable d’avoir tué un homme en état d’ivresse dans le district Pars de Téhéran. L’homme était manifestement en train de harceler une jeune fille et Mostafa est intervenu afin qu’il cesse. L’homme aurait frappé le premier et Mostafa l’a tué dans la bagarre qui a suivi.

Le journal a également rendu compte du cas de Sina, un musicien et professeur de musique de Téhéran. Il a été reconnu coupable de meurtre à la suite d’une querelle avec un homme, en octobre 2004, pour une histoire de cannabis. Sina aurait expliqué au tribunal qu’il était toxicomane et que, le jour des faits, il s’était rendu dans un parc de Téhéran afin de se procurer du cannabis auprès d’un dealer. Il aurait tué l’homme à l’arme blanche lors d’une bagarre.

REFLEXIONS SUR LA PEINE DE MORT

La peine de mort suscite toujours beaucoup de débat. Pour Amnesty, ce n’est jamais une solution car cela ne règle en rien le problème de la violence ou de la criminalité. On peut le constater dans les pays qui pratiquent la peine de mort, où il n’y a pas moins de crimes pour autant.

Alors que gagne-t-on avec ce type de pratique, si ce n’est un sentiment de vengeance ? La justice mérite mieux que ça, elle ne doit pas se mettre au rang des assassins pour tuer à son tour.

De plus, il serait vraiment trop dangereux de rétablir la peine de mort, à cause des risques de condamner un innocent. Partout où elle est appliquée, des innocents ont été exécutés. Et puis cela reviendrait aussi à remettre au goût du jour le métier de bourreau, ce qui serait un retour aux pires heures de notre histoire.

Pour les mineurs, la Convention des droits de l’enfant est formelle : on ne peut condamner à mort des mineurs pour un crime commis alors qu’ils avaient moins de 18 ans. Les USA, qui détenaient le triste record de condamnation à mort des mineurs, viennent d’interdire cette pratique.

INFORMATIONS GÉNÉRALES

L’Iran s’est engagé à ne pas exécuter une personne pour un crime commis alors qu’elle avait moins de 18 ans. Or, au moins six mineurs délinquants ont été exécutés en Iran depuis le début de l’année, dont deux âgés de moins de 18 ans.

Récemment, le quotidien Kayhan a indiqué que quatre jeunes hommes de moins de 23 ans, dont un âgé de 17 ans, avaient été exécutés le 23 août dans le sud de l’Iran. Selon le journal, A.P., B.K., H.K. et H.J. avaient été reconnus coupables de kidnapping, de viol et de vol. A.P. et B.K. auraient reçu 74 coups de fouet avant d’être exécutés.

Amnesty est opposée à la peine de mort, qui constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, ainsi qu’une violation de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du PIDCP, que l’Iran a signé. L’article 6 de ce traité dispose notamment : « une sentence de mort ne peut être imposée pour des crimes commis par des personnes âgées de moins de 18 ans. ».

MODELE DE LETTRE

Excellence,

Nous sommes des enfants... (âge) de l’école... (nom de l’école) en Belgique.

Nous avons appris qu’Mostafa, étudiant âgé de 16 ans, et Sina, musicien de 17 ans, risquent d’être exécutés très prochainement. Nous voulons vous dire que, même si vous avez raison de vouloir punir des jeunes qui ont commis des crimes, vous n’avez pas le droit de les condamner à mort.

Nous voulons vous rappeler que le droit international vous interdit de condamner des personnes pour des crimes commis lorsqu’ils avaient moins de 18 ans.

C’est pourquoi nous vous demandons de changer la peine prononcée contre Mostafa et Sina...

Nous aimerions obtenir des informations sur le déroulement du procès de Mostafa et Sina : ont-ils pu avoir l’assistance d’un avocat ? Ont-ils été informés de leurs droits à un recours contre leur condamnation ?

S’il vous plaît, respectez les droits de l’enfant !

En espérant que vous tiendrez compte de notre lettre, nous vous prions de croire à l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Classe :
Adresse :
Signatures :

ENVOYEZ VOS LETTRES A :

Guide spirituel de la République islamique d’Iran :
His Excellency Ayatollah Sayed Ali Khamenei
The Presidency, Palestine Avenue
Azerbaijan Intersection
Téhéran, République islamique d’Iran
Fax : 00 98 21 649 5880
Fax : 00 593 2 2581 030

Ambassade de la République islamique d’Iran
Avenue de Tervuren, 415
1150 Bruxelles
fax : 02/762.39.15
email : iran-embassy@yahoo.com

Attention ! N’intervenez plus après le 15/10/05 : renseignez-vous auprès de votre section pour savoir s’il faut continuer à écrire.

OPERATION COURAGE

Envoyez des cartes ou des lettres de soutien aux militants congolais ainsi qu’aux personnes auxquelles ils viennent en aide. Vous trouverez ci-après les coordonnées de deux défenseurs des droits humains.

 Murhabazi Namegabe, du BVES
Le BVES (Bureau pour le volontariat au service de l’enfance et de la santé) offre une protection aux enfants marginalisés et œuvre pour les droits de l’enfant. Il gère un centre accueillant d’anciens enfants soldats, qui bénéficient d’un soutien jusqu’à ce qu’ils aient retrouvé leur famille.

Les lettres envoyées aux enfants encadrés par BVES leur donne la joie de voir les peuples du monde civilisé attacher encore de l’importance à leur vie... j’encourage Amnesty à continuer cette action de sorte qu’en décembre 2005, nous puissions compter le chiffre d’un million de lettres de soutien au BVES de partout dans le monde.

Envoyez vos lettres, dessins et cartes à :

Murhabazi Namegabe
BVES
c/o Coalition to Stop the Use of Child Soldiers
Plot 68-70 Kira Road
PO Box 12018
Kampala
Ouganda

 Marie-Dolorose Masika Kafanya, de FEPSI
L’association FEPSI (Femmes engagées pour la promotion de la santé intégrale) fournit une aide médicale et sociale aux femmes et aux enfants ayant subi un viol, aux épouses et aux enfants de personnes décédées du sida, ainsi qu’aux personnes déplacées par le conflit.

Envoyez vos lettres, dessins et cartes à :

Marie-Dolorose Masika Kafanya
FEPSI/Platforme des femmes de Butembo
c/o Mrs S Muhasa Lirima
Jeliza
PO Box 2800
Kampala
Ouganda

BONNES NOUVELLES

ÉTHIOPIE  : 190 étudiants de l’Université d’Addis-Abeba, détenus illégalement à l’École de police de Sendafa, depuis le 6 juin, ont été libérés.

ÉRYTHRÉE : Binyam Gezay et environ 130 des personnes venues assister à son mariage ont libérés.

ARABIE SAOUDITE / ÉMIRATS ARABES UNIS  : Salem Abdul Rahman Nawab al Baloushi a été libéré le 3 juillet et rendu à sa famille à Al Aïn, dans l’émirat d’Abou Dhabi. Cet homme était détenu en Arabie Saoudite sans inculpation ni jugement depuis février 2003, jusqu’à sa remise aux autorités des Émirats arabes unis, qui aurait eu lieu au mois d’avril 2005.

SYRIE  : Mohammed Mustafa, Khaled Ahmed Ali et Sherif Ramadhan, trois prisonniers d’opinion, ont été libérés à la fin du mois de juin, au terme de leur peine d’emprisonnement.

KAZAKHSTAN : Le défenseur des droits humains Loutfoullo Chamsouddinov a été libéré le 4 juillet et remis au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui l’a envoyé par avion, lui et sa famille, dans un pays européen, où ils resteront jusqu’à leur réinstallation définitive.

NEPAL : Le 14 août, Gagan Thapa, ancien secrétaire général du Syndicat des étudiants népalais, a comparu devant un tribunal d’exception à Katmandou, où il a été inculpé de sédition avant d’être relâché dans l’attente de son procès. Il était en garde à vue depuis le 27 juillet - les autorités lui reprochaient d’avoir scandé des slogans antimonarchistes lors d’une manifestation.

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