Brésil : un syndicaliste obligé de se cacher avec sa famille (AUP 10/08).

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Joinville Frota est syndicaliste. Il défend les droits des travailleurs. Il est le président du Syndicat des conducteurs de véhicules et travailleurs des entreprises de transports routiers de passagers d’Amapá (SINCOTTRAP).

Le 23 août vers 2 h 45, un cocktail Molotov a été lancé sur sa maison, qui est en bois. Ayant entendu l’explosion, il s’est levé et a trouvé un mur de sa maison en train de brûler. Avec l’aide de son épouse, de ses filles et de voisins, il a réussi à éteindre le feu. Cet incendie criminel a eu lieu alors qu’un conflit opposait son syndicat, le SINCOTTRAP, à deux entreprises locales d’autobus au sujet des salaires et des prestations de santé.

Joinville Frota se cache désormais avec sa famille. Il voulait se présenter au poste de maire lors de l’élection qui se tiendra en octobre.

Un policier braque son arme sur une femme, Rio de Janeiro, février 2007
Un policier braque son arme sur une femme, Rio de Janeiro, février 2007.

Pas de protection

Après l’attentat, Joinville Frota s’est plaint auprès des autorités locales. Deux juges se sont rendus chez lui et ont demandé à la police fédérale de procéder à une expertise judiciaire. Aucune arrestation n’a été effectuée à la suite de celle-ci.

Joinville Frota a demandé à plusieurs reprises la protection de la police fédérale, mais en vain.

L’incendie de sa maison est la dernière en date d’une série d’attaques visant le SINCOTTRAP. En 2003, le siège de ce syndicat a été saccagé. L’année suivante, l’une de ses dirigeantes, l’épouse de Joinville Frota, a été menacée d’un pistolet pointé contre sa tête. En avril 2008, le siège du SINCOTTRAP a été incendié. En mai, Joinville Frota a reçu des menaces de mort alors qu’il dirigeait une grève contre une entreprise d’autobus. Personne n’a été arrêté à la suite d’aucune de ces menaces et attaques.

Joinville Frota travaille comme receveur d’autobus, conducteur et inspecteur de sécurité à Macapá. En 2001, il a été licencié après avoir accusé son employeur de ne pas respecter les accords conclus avec ses salariés à l’issue d’une grève. Il a été rétabli dans ses fonctions après que ses collègues ont protesté. En 2002, il est devenu dirigeant syndical, et depuis lors, il est aux avant-postes d’une campagne visant à améliorer les salaires et les prestations offerts aux travailleurs, ainsi qu’à réduire le prix des tickets de bus.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

Partout au Brésil, et en particulier dans le nord du pays, les militants syndicaux continuent d’être la cible de menaces et de violences. Dans l’État voisin du Pará, plusieurs dizaines d’entre eux figurent sur une liste de personnes à abattre établie par des hommes de main à la demande de propriétaires terriens. La police locale refuse souvent d’enquêter sur les menaces et violences contre des syndicalistes. De plus, elle est réticente à coopérer avec les programmes nationaux en faveur des défenseurs des droits humains, même lorsqu’on lui demande directement d’assurer la protection des personnes menacées.

MODÈLE DE LETTRE

Monsieur le Ministre,

Nous sommes des enfants... (âge) de l’école... (nom de l’école) en Belgique.

Nous sommes très inquiets pour la sécurité de Joinville Frota et de sa famille. Nous vous demandons de prendre toutes les mesures nécessaires pour le protéger.

Nous vous demandons aussi de mener une enquête sur l’incendie dont ce syndicaliste a été victime, le 23 août. Ce n’est pas la première fois que les membres du syndicat SINCOTTRAP sont victimes d’intimidations et d’attaques.

Nous vous prions de tout faire pour poursuivre en justice les responsables présumés et pour protéger les défenseurs des droits humains.

Nous espérons vraiment que vous tiendrez compte de notre lettre.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos meilleures salutations.

Classe de :

Adresse :

Signatures :

ENVOYEZ VOS LETTRES À :

Ministério da Justiça
Esplanada dos Ministérios,
Bloco "T 4 andar
70.712-902 – Brasília/DF, Brésil
Fax : +55 61 3322 6817
Formule d’appel :Vossa Excelência, / Monsieur le Ministre,

COPIES À :

Président du tribunal régional électoral d’Amapá :
Exmo. Sr. Presidente Carmo Antônio de Souza
Av. Mendonça Junior 1502, Centro
CEP 68900-020 – Macapá (AP), Brésil
Fax : +55 96 3214 1701
+55 96 3223 5471
Formule d’appel : Vossa Excelência, / Monsieur,

Ambassade du Brésil
Avenue Louise 350
1050 Bruxelles
Fax : 02.640.81.34
Email : brasbruxelas@beon.be


PISTES PÉDAGOGIQUES

 ARTICLE 20 : DROIT A LA LIBERTÉ D’ASSOCIATION.
Tout le monde a le droit de participer pacifiquement à des réunions
et à des associations.

Déclaration universelle des droits de l’homme (1948).

La Déclaration Universelle va fêter ses 60 ans cette année. L’article 20 de cette Déclaration reconnaît à chacun le droit de fonder une association. Pensez-vous que ce droit est partout respecté ? Et les enfants ? Ont-ils le droit d’exprimer leur avis ?

 Qu’est-ce qu’un syndicat ? Y a-t-il des pays où les syndicats sont interdits ?

 Exemple d’une lutte syndicale en Belgique

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Grève des "femmes machines", FN, 1966.

Parlez du rôle des syndicats dans l’amélioration des conditions de travail ou dans l’égalité des droits entre hommes et femmes. Exemple : le combat des femmes de la FN à Liège en 1966.

Pour voir le témoignage de Charlotte Hauglustaine, une des figures symboliques de cette grève des femmes qui voulaient un salaire égal à celui des hommes, cliquez ici.


BONNES NOUVELLES

Chili : libération d’une réalisatrice

La réalisatrice de documentaires Elena Varela López a été libérée le 13 août, après plus de trois mois de détention. Elle est assignée à résidence de 22 heures à 8 heures et soumise à une interdiction de quitter le pays.

Lors de son arrestation, Elena Varela tournait un documentaire intitulé Newen Mapu Che (La Force mapuche) sur le conflit qui oppose des compagnies d’exploitation forestière au peuple indigène mapuche au sujet de l’utilisation des terres.

« Je vous embrasse fort et vous remercie de tout le soutien que vous m’avez apporté pour que je recouvre la liberté [...] Vous êtes dans mon cœur, je sais que vous avez été des milliers à mes côtés. »

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