ARABIE SAOUDITE : Craintes d’exécutions de jeunes ! (AUP 6-07)

Dhahian Rakan al Sibaii, mineur, Mohamed Kohail, 22 ans, Sultan Kohail, 16 ans risquent d’être exécutées très bientôt. En tant que partie à la Convention relative aux droits de l’enfant, l’Arabie saoudite s’est engagée à ne pas exécuter une personne pour un crime commis alors qu’elle avait moins de dix-huit ans.

D’après le journal Okaz, le ressortissant saoudien Dhahian Rakan al Sibaii a été condamné à la peine capitale pour un meurtre qu’il aurait commis alors qu’il était mineur. Toutefois, avec le principe de qisas (juste condamnation), un système de sanction prévu par la charia (la loi islamique), les proches d’une victime de meurtre peuvent pardonner au coupable ou exiger le paiement de la diya (prix du sang) en échange de leur bonté. Dans pareil cas, la condamnation à mort est annulée et le prisonnier est souvent libéré. Il semble qu’il y a une possibilité que Dhahian Rakan al Sibaii va être pardonné et échapper à l’exécution.
Mohamed Kohail, ressortissant canadien, risquerait également d’être exécuté pour le meurtre d’un garçon syrien tué en janvier 2007. Sultan Kohail, son frère âgé de 16 ans, est détenu avec lui dans le cadre de la même affaire, mais Amnesty International ne sait pas si lui aussi a été condamné à mort. Mohamed Kohail aurait été battu dans le but de lui faire signer des « aveux ».
On peut se poser la question : pourquoi se battre pour des gens qui eux-mêmes ont commis des crimes ? La réponse est simple : parce que tout le monde a droit à la vie ; c’est le droit le plus fondamental, comme l’énonce la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Amnesty International pense que la violence produit la violence, c’est-à-dire, que si l’on accepte que l’État tue, les gens vont penser que c’est aussi acceptable pour eux de tuer.
Il n’a jamais été prouvé que la peine de mort diminue le nombre de crimes commis. Au contraire, là où la peine capitale est pratiquée, il y a souvent un taux de crime plus élevé. De plus, une fois la personne executée, on ne peut plus la ressusciter. Et comme la justice humaine n’est pas sans fautes, on risque d’exécuter des innocents !

MODÈLE DE LETTRE :

Sire / Monseigneur / Monsieur l’Ambassadeur...

Nous sommes des enfants de ... (âge) de l’école ... en Belgique. Nous sommes très inquiets par le fait que Dhahian Rakan al Sibaii, Mohamed Kohail et sans doute Sultan Kohail ont été condamnés à mort. Nous vous demandons d’assurer que les peines ne soient pas appliquées.

Nous ne comprenons pas comment l’exécution d’un enfant peut améliorer la vie quotidienne ? En tant qu’enfants nous savons qu’il est plus important d’essayer de comprendre les fautes que l’on a commises pour ne plus les commettre. Si vous exécutez des jeunes, ils ne vont plus avoir l’opportunité de changer leurs comportements et de plus vous priverez des parents de leurs enfants.

Nous vous rappelons que l’exécution de délinquants de moins de 18 ans est interdite par la Convention relative aux droits de l’enfant, que votre pays a signée. Nous vous prions donc de prendre les mesures nécessaires pour que la peine de mort ne soit plus prononcée contre des enfants.

En espérant que vous tiendrez compte de notre lettre, veuillez accepter, Sire/ Monseigneur/ Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de nos meilleures sentiments

Classe de :
Adresse :
Signatures :

APPELS À :

King Abdallah Bin ‘Abdul ‘Aziz Al-Saud
The Custodian of the two Holy Mosques
Office of His Majesty The King
Royal Court
Riyadh
Arabie saoudite

His Royal Highness Prince Naif bin ‘Abdul ‘Aziz Al-Saud
Minister of the Interior
Ministry of the Interior
P.O. Box 2933
Airport Road
Riyadh 11134
Arabie saoudite
Fax : + 966 1 403 1185
+ 966 1 403 3614

His Royal Highness Prince Saud al-Faisal bin ‘Abdul ‘Aziz Al-Saud
Minister of Foreign Affairs
Ministry of Foreign Affairs
Nasseriya Street
Riyadh 11124
Arabie saoudite
Fax : + 966 1 403 0645

Ambassade d’Arabie saoudite
Avenue F.D. Roosevelt, 45
1050 Bruxelles
Fax : 02 647 24 92

LE SAVAIS-TU : L’Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite est réputée pour violer systématiquement les droits les plus fondamentaux des personnes vivant dans ce pays. Il n’existe ni parti politique, ni élection, ni Parlement autonome, ni magistrature indépendante, ni syndicat, ni organisation vouée à la défense des droits humains. Tout individu résidant en Arabie Saoudite qui critique le régime est sévèrement puni ; tout opposant politique ou religieux est arrêté et incarcéré sans jugement, pour une durée illimitée, ou condamné à de lourdes peines d’emprisonnement. Le recours à la torture est très répandu dans ce pays. Non seulement la peine de mort est appliquée, mais le nombre des amputations (main, pied, oeil, etc.) et flagellations semble avoir augmenté de façon alarmante. Les étrangers (travailleurs immigrés) constituent la moitié du contingent des condamnés à mort dans une année (plus d’une centaine en moyenne). Ces abus de pouvoir sont favorisés par l’absence de tout contrôle judiciaire au moment de l’arrestation et de la détention. La peur et le secret sont toujours présents dans la vie des gens. Le gouvernement contrôle l’information sous toutes ses formes et les médias sont soumis à une censure stricte. Les Chrétiens, les Sikhs et les membres des autres minorités religieuses sont fréquemment victimes de discrimination et sont pris pour cibles par les forces de sécurité. Quant aux gouvernements étrangers, ils dénoncent rarement, sinon jamais, les violations signalées en Arabie Saoudite. La communauté internationale s’abstient régulièrement d’examiner de près la situation des droits fondamentaux dans cette dictature monarchique et théocratique (gouvernement de Dieu). Des responsables gouvernementaux ont été conduits à faire des déclarations sur les droits humains, dont le ministre de l’Intérieur qui aurait affirmé : « Nous demandons à ceux qui portent des accusations contre le royaume de donner leurs preuves. Nous accueillons volontiers ceux qui veulent connaître la réalité, car nous n’avons rien à cacher... »

POUR ALLER PLUS LOIN :

L’industrie pétrolière de l’Arabie saoudite est née des explorations des années 1930, qui permirent de découvrir les plus gros gisements de pétrole du monde. L’Arabie saoudite est actuellement le premier producteur mondial de pétrole, et détient les plus grosses réserves mondiales

Avant 1938, le pays isolé et assez pauvre d’Arabie saoudite trouvait des moyens précaires de subsistance dans un pastoralisme à portée limitée, une agriculture d’oasis et les profits des pèlerinages à La Mecque dont vivait un petit commerce à l’état simple.

L’exploitation des puits de pétrole par les compagnies occidentales, modeste mais en constante progression de 1945 aux années 1960, préfigura l’avenir du pays, lui faisant entrevoir ses possibilités de développement. Pendant les années 1970 il y a une explosion des revenus pétroliers qui a provoqué ce qui est probablement un exemple unique dans l’histoire : la transformation complète, tant économiquement que socialement, d’un si grand pays en un si petit laps de temps.

- À ton avis, pourquoi les gouvernements étrangers ne dénoncent pas souvent les violations signalées en Arabie Saoudite ?

- Quel rôle joue l’Arabie Saoudite pour le monde occidental ?

- On appelle le pétrole “l’or noir”, mais quelles conséquences a-t-il pour la planète ?

BONNE NOUVELLE :

ÉTHIOPIE : La journaliste et directrice de publication Serkalem Fasil a été libérée après que le juge eut prononcé un non-lieu en sa faveur. Elle a été libérée en même temps que son compagnon Eskinder Negga et 26 autres personnes détenues en Éthiopie, dont six journalistes. Serkalem Fasil faisait partie des 14 rédacteurs en chef et reporters de journaux indépendants ayant été arrêtés pour avoir publié des articles critiques à l’égard de l’action du gouvernement pendant les élections législatives de mai 2005.
Arrêtée en novembre 2005 pour son rôle de co-directrice de publication des journaux Asqual, Menilik et Satenaw, Serkalem Fasil risquait la peine de mort si elle était reconnue coupable des chefs de trahison. Serkalem Fasil était enceinte au moment de son arrestation et a donné naissance à un petit garçon à l’hôpital de la police en juin.
En mars 2006, une délégation du Committee to Protect Journalists avait rencontré le Premier ministre Meles Zenawi en Éthiopie et celui-ci avait assuré alors que les journalistes seraient jugés équitablement. En octobre et novembre 2006, les avocats de trois des accusés avaient soumis à un contre-interrogatoire des témoins à charge. Huit journalistes ont été libérés à ce jour dont Serkalem Fasil.

OPÉRATION COURAGE :

En mars 2002, Bilqis Yakoob Rasool était enceinte de cinq mois quand elle a été victime d’un viol collectif et a vu sa fille de trois ans tuée par des émeutiers. Elle a courageusement porté plainte, pour le viol et pour le massacre de 14 membres de sa famille. En avril 2004, 12 personnes ont été arrêtées pour viol et meurtre. Par ailleurs, six policiers ont été inculpés. Le procès n’est toujours pas terminé. La soif de justice de Bilqis Yakoob Rasool et son combat en faveur des droits humains ont permis à d’autres femmes d’avoir le courage de prendre la parole et de porter plainte contre leurs agresseurs : la Cour suprême a ordonné la réouverture de plus de 2000 cas au motif de négligence de la part de la police. Prenez votre stylo et encouragez Bilqis Yakoob Rasool dans son combat.

Envoie ton dessin à :
Bilqis Yakoob Rasool
C/o Amnesty International India
C-161 4th floor Gautam Nagar (Behind Indian Oil Building/Gulmohar
Commercial Complex)
New Delhi 110 049
Inde

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