action urgente primaire avril 2002 Espagne : un enfant de 9 ans expulsé vers le Maroc, abandonné à lui-même.

Espagne : un enfant de 9 ans expulsé vers le Maroc, abandonné à lui-même.

Certains enfants sont parfois entraînés à fuire leur pays à cause de la misère ou de la guerre. C’est ce qu’a tenté de faire Karim Bouitali, neuf ans, avec 7 autres copains. Il voulait quitter le Maroc pour entrer dans un petit territoire espagnol qui se trouve dans le nord de l’Afrique, l’enclave de Melilla.

Pas de chance pour Karim et ses amis : la police espagnole garde bien ce territoire et essaie par tous les moyens de décourager ceux qui veulent y pénétrer.
Les huit jeunes marocains ont été abandonnés par la police sur le côté marocain de lafrontière, le 18 décembre 2001. Ces enfants ont été remis à la police marocaine, puis abandonnés à eux-mêmes dans la rue. Le soir même, Karim a été vu en larmes, transi et trempé jusqu’aux os par la pluie, agrippé à la clôture de la frontière.

Des policiers espagnols leur avaient fait signer des documents qu’ils n’avaient pas lus puis les avaient fait monter dans des voitures pour les expulser de force. Il n’y avait personne pour les prendre en charge à la frontière, ni membre de leur famille ni représentant des services sociaux. Selon les informations reçues, certains des enfants étaient menottés et ont été insultés ou giflés. L’un d’entre eux, Amin Sghir, âgé de treize ans, a affirmé qu’un policier marocain l’avait frappé au visage. Un autre, Ali Abderrahim Maadi, âgé de 17 ans, a déclaré avoir été menotté et insulté par la police espagnole.

POUR EN SAVOIR PLUS

Au cours des derniers mois, de plus en plus d’enfants ont été expulsés de Ceuta et Melilla, les deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord. La police est allée chercher les enfants dans les centres d’accueil, où certains vivaient depuis dix ans, et les a emmenés sans leur dire qu’ils allaient être expulsés. Ils n’ont pas été représentés par un avocat et aucun tribunal n’a examiné la légalité de leur expulsion. Des policiers armés les ont conduits à la frontière et les ont remis à la police marocaine, qui les a tout simplement abandonnés — officiellement pour qu’ils rejoignent leur famille. Dans les jours qui ont suivi, la plupart d’entre eux avaient de nouveau passé la frontière. Soit il n’avait pas été possible de retrouver la trace de leur famille, soit celle-ci ne pouvait pas ou ne voulait pas s’en occuper. Les enfants vivent à la dure dans la rue, dans les installations portuaires et dans des tunnels souterrains à Ceuta et Melilla.

Le seul centre d’accueil à Ceuta manque de lits et de couvertures et est infesté de vermine. Les enfants souffreraient de maladies contagieuses et auraient été maltraités par le personnel. Des plaintes déposées par des membres de la police locale ont contribué à mettre un terme, à compter de 1999, aux détentions, aux passages à tabac et aux expulsions illégales d’enfants de Ceuta. La législation espagnole prévoit la protection des enfants. Pourtant, les autorités espagnoles n’ont pas répondu à Amnesty International, qui s’était inquiétée de la reprise des expulsions d’enfants non accompagnés à Ceuta et Melilla.

MODELE DE LETTRE

Envoyez une lettre en français ou en espagnol, en vous inspirant de ce modèle.

Monsieur le Ministre,

Nous sommes des élèves de ... (âge) de l’école .... en Belgique.
Nous avons appris le sort des enfants de Ceuta et Melilla, qui sont expulsés à la frontière comme des objets encombrants. Comment réagiriez-vous si on traitait vos enfants de la sorte ?
Nous voudrions faire appel à votre humanité en vous demandant de garantir la prise en charge de chaque enfant de ces deux villes. Il faut que chaque cas individuel soit soigneusement examiné avant toute décision d’expulsion, comme Amnesty International vous l’a déjà demandé.
N’oubliez pas que ces enfants sont poussés par la misère et n’ont parfois pas de famille pour les accueillir. Nous vous prions donc de protéger ces enfants et de veiller à ce qu’ils bénéficient de tous les droits garantis par la Convention des droits de l’enfant.
En vous remerciant d’avance de votre attention, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à nos sentiments les plus respectueux.

Classe de...
Adresse de l’école...
Signatures...

Lettres (en français ou en espagnol) à envoyer à :

au ministre de la Justice
Excmo. Sr. D. Ángel Acebes Paniagua
Ministro de Justicia
Ministerio de Justicia
San Bernardo, 45
28015 MADRID

au ministre chargé de la Ville autonome de Melilla
Ilmo. Sr. D. Ignacio Velázquez
Consejero de Presidencia de la Ciudad Autónoma de Melilla
Plaza de España, 1 52061 MELILLA

Attention ! N’intervenez plus après le 30/06/2002 : renseignez-vous auprès de votre section pour savoir s’il faut continuer à écrire.

OPERATION COURAGE

Bulgarie : un adolescent brûlé en garde à vue

Tsvetalin Perov est un jeune Rom de seize ans souffrant d’épilepsie. Il aurait été expulsé d’une école pour enfants ayant des difficultés d’apprentissage pour avoir commis des vols répétés. Arrêté à maintes reprises par la police, il aurait été brutalisé plusieurs fois par les policiers qui l’interrogeaient. Sa sœur affirme l’avoir vu rentrer plus d’une fois couvert de sang à la suite de ces interrogatoires.
Selon la version de Tsvetalin Perov, il semble qu’un policier soit à l’origine de ses brûlures. À sa sortie de l’hôpital, le jeune homme a affirmé avoir été enfermé dans une cellule en compagnie d’un policier, qui l’aurait roué de coups de poing et de pied jusqu’à ce qu’il perde connaissance ; il aurait ensuite été réveillé par la douleur provoquée par la morsure des flammes. Ses cris ont attiré d’autres policiers qui ont éteint le feu.
La police aurait gardé le silence sur cette affaire ; une enquête n’a été ouverte que lorsque une organisation non gouvernementale et un journaliste local l’ont portée à la connaissance du public. Le procureur militaire de Vidin avait ouvert une enquête sur les circonstances du drame.
Envoyez-lui des cartes ou des dessins à :
Bulgaria
Vidin 3700
Kvartal « Nov pat »
Ul. Slavyanska N° 10
Tsvetalin Ivanov Perov

BONNES NOUVELLES

USA (Arizona)

Jose Jacobo Amaya Ruiz, du Salvador, aurait dû être exécuté le 18 janvier en Arizona. Il avait été condamné à mort en 1986 pour le meurtre de Kimberley Lopez. Depuis 1985, Jose Jacobo Amaya Ruiz a été diagnostiqué comme souffrant de maladies mentales variées, y compris de maniaco dépression et de schizophrénie paranoïaque. En 1999, un docteur de la prison a conclu que Jose Jacobo Amaya Ruiz ne comprenait pas la raison ni la réalité de sa condamnation à mort. Bien qu’il ait été déclaré malade mental par un tribunal en 1999, en 2000, un médecin a déclaré qu’il était apte à être exécuté.
Son exécution n’a pas eu lieu sur ordre d’un juge fédéral de district qui déclara qu’il était en droit de passer une audition fédérale pour déterminer son aptitude. L’avocat de Jose Jacobo Amaya Ruiz a remercié tous ceux qui ont envoyé des appels en sa faveur.

NÉPAL

Amnesty a appris que Bijay Raj Acharya avait été remis en liberté le 19 mars.
Bijay Raj Acharya, qui dirige la maison d’édition Srijanashil Prakashan (Publications créatives), avait été arrêté le 9 janvier dernier et détenu aux postes de police de Singha Durbar et de Hanuman Dhoka ainsi qu’à la caserne de Balaju, à Katmandou, avant d’être transféré en prison.
Merci à tous ceux qui sont intervenus en sa faveur.

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