Action urgente primaire 4/03

Philippines : des enfants maltraités en prison !

« Mon père n’avait pas les moyens de payer ma scolarité, parce que c’était trop cher… Alors, j’ai appris à voler. Puis la police m’a attrapé. Ils m’ont mis dans un sac et m’ont battu. Ils ont pointé leurs armes sur moi et un policier m’a dit : " Si tu veux revoir ta mère un jour, tu n’as plus qu’à prier…" »

Récit fait par un jeune garçon de17 ans

Aux Philippines, les enfants en détention sont confrontés à la torture, aux mauvais traitements et à des peines disproportionnées. La plupart des enfants philippins qui entrent en conflit avec la loi viennent des couches les plus défavorisées et les plus marginalisées de la société. Beaucoup ont été élevés dans des conditions de grande pauvreté et n’ont été que peu ou pas scolarisés. Parmi les 200 000 enfants des rues, la plupart ont été confrontés à des violences familiales ou ont été victimes d’abus sexuels. Les enfants des rues risquent particulièrement de se faire arrêter parce qu’ils sont forcés de mendier ou de voler pour survivre. Beaucoup sont intoxiqués à la colle et cela accroît encore leurs risques de se faire arrêter. Ils sont particulièrement vulnérables en détention, n’ayant pas le soutien d’une famille ou d’une communauté. Beaucoup de détenus mineurs comprennent mal ou pas du tout les raisons de leur arrestation et les charges qui pèsent contre eux. Il est rare que ces enfants soient autorisés à rencontrer un avocat et beaucoup ont déclaré avoir signé des documents dont ils ignoraient le contenu.

Les établissements pénitentiaires sont surpeuplés, il y règne souvent une chaleur intense, l’atmosphère y est étouffante et les installations sanitaires s’avèrent insuffisantes. Dans une maison d’arrêt de Luçon, les enfants n’avaient nulle part où dormir, car les lits étaient accaparés par les adultes et le sol trempé d’urine. Des visiteurs de cet établissement ont raconté avoir vu des enfants se battre pour de la nourriture.

Aux Philippines, les droits des enfants sont bafoués, en dépit des lois et des garanties nationales destinées à les protéger et bien que le pays ait ratifié la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant.

Informations générales

Souvent menottés lors de leur arrestation, les enfants sont parfois battus à coups de poing, à coups de matraque, de crosses de fusils ou de baguettes.
Certaines informations ont fait état de violences sexuelles exercées par les adultes ayant porté plainte contre ces enfants, en présence des forces de police, parfois avec l’active participation de celles-ci. Des enfants auraient eu les ongles brûlés avec des cigarettes allumées et auraient été soumis à des chocs électriques.Les enfants détenus se trouvent très souvent dans des prisons pour adultes. Cette promiscuité permanente avec des détenus adultes - y compris avec les auteurs de crimes graves - rend les mineurs extrêmement vulnérables à toutes sortes d’abus et aux agressions sexuelles.

MODELE DE LETTRE

Monsieur le Ministre,

Nous sommes vraiment choqués d’apprendre que les enfants qui ont des problèmes avec la justice aux Philippines risquent d’être victimes d’actes de torture ou de mauvais traitements. Comment pouvez-vous admettre que des enfants, même s’ils ont commis des fautes, soient giflés, frappés à coups de poing, battus, ou même soumis à des violences sexuelles ?

Les mineurs sont souvent placés dans des prisons pour adultes, ce qui augmente pour eux le risque d’être victime d’agressions de la part des détenus les plus forts. Les prisons sont surpeuplées ; dans certains établissements, aucun couchage n’est fourni, de sorte que les mineurs doivent disputer aux autres détenus un espace pour dormir. Des visiteurs ont vu des enfants se battre entre eux pour de la nourriture et les ont entendus se plaindre de la faim.

Nous savons que votre gouvernement a signé la Convention des droits de l’enfant. Alors nous faisons appel à votre humanité pour que vous preniez de toute urgence des mesures pour protéger ces enfants. Nous vous demandons de veiller à ce qu’ils soient séparés des adultes et placés dans des établissements spécifiques. Quant aux responsables de torture, nous aimerions les voir jugés, afin que personne ne se sente autorisé à se comporter de la sorte.

Nous espérons que vous tiendrez compte de notre lettre. Avec nos meilleures salutations,

Classe de ...
Adresse :
Signatures :

ENVOYEZ VOS APPELS A :

Ministre de la Justice
M. Simeon Datumanong
Department of Justice
Padre Faura, Ermita, Manila
Philippines
Fax : +63 2 521 1614

Ambassade des Philippines
AVENUE MOLIERE, 297
1050 IXELLES
Fax : 02.345.64.25

OPERATION COURAGE

Encouragez Martin (10 ans) et Alberto (15ans), enfants des rues aux Philippines.
Martin et Alberto ont été arrêtés en 2001 par la police dans la province de Zambales, menottés et emmenés au cimetière avec un autre enfant suspect. Au cimetière, un homme a identifié les trois enfants comme étant des voleurs et a demandé aux agents de les battre. On a appris que ces enfants avaient été battus d’abord pas les agents de police, puis par le plaignant. Martin a dit aux représentants de l’organisation de défense des droits de l’enfant PREDA que qu’on lui avait attaché les mains à une poutre en bois au-dessus de sa tête et qu’on l’avait frappé à coups de poings et de pieds au derrière et qu’on lui avait écrasé des cigarettes allumées sur les jambes. Alberto dit qu’on lui a donné des coups de pieds avant de l’attacher à un tricycle et battu encore. On a appris qu’environ 15 agents de police étaient présents.
Il semble que Martin et Alberto ont été détenus 19 jours dans une prison pour adultes sans la présence d’un seul avocat. Martin aurait informé des assistants sociaux des traitements infligés par la police mais on pense qu’aucune mesure n’a été prise.
Envoyez des messages de soutien à PREDA, une organisation qui défend les droits des enfants aux Philippines. Encouragez ces deux enfants en leur disant que vous avez appris leur histoire et que vous pensez à eux. Envoyez-leur des dessins ou des messages d’amitié, via l’Organisation PREDA qui a recueilli leur témoignage :

PREDA Foundation Inc.
Upper Kalaklan
Olongapo City
2200 Philippines

BONNES NOUVELLES

IRAN : enfin libre !

HOSSEIN ALI MONTAZERI, grand ayatollah de 80 ans, a été libéré de son placement en résidence surveillée. Sa détention avait commencé en mars 1989, après qu’il eut critiqué les exécutions massives de prisonniers politiques. Il a été détenu à cause de son opposition (non violente) à la politique du gouvernement. Malgré sa détention, il est resté influent et a continué à prôner la tolérance et la démocratie. Sa liberté actuelle serait conditionnée à son silence sur les questions politiques. Cependant, à sa libération, il aurait déclaré : « Tout comme je l’ai fait pendant ma détention, je continuerai à parler des problèmes et à agir. C’est mon devoir religieux. »

EGYPTE : Merci pour vos lettres !

Marwa Faruq, Samir Fuli et Mahmud Izzat ont été libérés. Ils étaient détenus pour avoir participé à des manifestations contre la guerre en Irak. Autre bonne nouvelle : désormais, les prisonniers politiques égyptiens auront le droit de passer leurs examens en prison ! Ca n’a l’air de rien, mais c’est vraiment important pour eux de pouvoir garder un contact avec le monde extérieur et de rester actif !

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