Le marathon des lettres : tes lettres et ta signature sauvent des vies !

Le Marathon des lettres, qu’est ce que c’est ?

Chaque année, lors du Marathon des lettres, des centaines de milliers de personnes à travers le monde écrivent à des individus en danger. Ce sont des personnes, des prisonniers par exemple, dont les droits humains n’ont pas été respectés, qui ont besoin de nos messages pour continuer à se battre, à vivre.
Le Marathon est aussi l’occasion d’écrire directement aux gouvernements pour leur demander de libérer la personne ou de lui donner justice.

Évidemment, une lettre seule, ça n’a pas beaucoup d’effet. Par contre, quand des centaines, des milliers de lettres dénoncent la même chose, l’impact est beaucoup plus fort, et les gouvernements sont souvent obligés d’arrêter leurs violations des droits humains.

En 2012, des personnes dans au moins 77 pays ont participé à "Écrire pour les droits" . Un record de 1,9 million d’actions a été enregistré, comprenant des lettres, des tweets, des signatures et des SMS envoyés de pays aussi divers que la Belgique, l’Islande, l’Inde, la Barbade ou le Burkina Faso.

Toi aussi, sauve des vies en danger ! Participe au Marathon des lettres

Cette année, Amnesty International continue la campagne d’écriture des lettres de soutien aux victimes de violations des droits humains, ou des lettres de dénonciation aux gouvernements. 12 individus sont mis en avant. Nous en avons selectionné 6 qui peuvent particulièrement t’intéresser (tous les cas sont décrits ci-dessous).

Pour cela, il existe différents moyens d’agir, en fonction du temps que tu auras a consacrer à l’action.

  • Tu as quelques minutes ? Signe les pétitions en ligne en cliquant ici !
  • Tu veux rendre ton action encore plus visible ? Fabrique des lanternes à effigie des individus que tu défends !

Pour cela, tu as besoin de très peu de matériel. Clique ici pour trouver le mode d’emploi des lanternes et les modèles à imprimer.

Les six cas du Marathon

ROUÉ DE COUPS PAR LA POLICE EN RAISON DE SON HOMOSEXUALITÉ NOM : IHAR TSIKHANYUK. LIEU : BÉLARUS

Homosexuel déclaré et militant pour les droits des homosexuels, Ihar Tsikhanyuk était hospitalisé pour des douleurs à l’estomac lorsque deux policiers sont entrés dans sa chambre et lui ont demandé de les suivre. Arrivé au poste, il a été frappé à plusieurs reprises par des policiers. On l’a insulté pour son homosexualité et menacé de nouvelles violences.
Les faits se sont produits en février 2013, peu après qu’Ihar Tsikhanyuk a voulu enregistrer le centre de défense des droits humains Lambda, une association qui milite en faveur des droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres et intersexuées au Bélarus. Personne n’a été traduit en justice pour les mauvais traitements dont il a fait l’objet.
Ihar Tsikhanyuk a déclaré : « Je ne veux pas me cacher (...) Ce n’est pas simple, au Bélarus, mais je veux montrer aux gens que je suis comme tout le monde. À travers mon exemple, je veux montrer qu’il est possible de vivre au grand jour. »

Manifeste ta solidarité envers Ihar Tsikhanyuk en écrivant une lettre. Suggestion de message : "J’admire votre combat dans un contexte aussi difficile et vous souhaite de le gagner ! Bon courage."

Ihar Tsikhanyuk
c/o Belarus Team
Amnesty International
1 Easton Street
Londres WC1X ODW
UK

Ou bien écris au procureur général. Demande-lui d’enquêter sur les mauvais
traitements et les menaces dont a été victime Ihar Tsikhanyuk de la part de
policiers au poste de police du district d’Octobre, à Hrodna. Les responsables
doivent être traduits en justice :

Alyaksandr Koniuk
Generalnaya Prokuratura
ul. Internatsionalnaya 22
220030 Minsk
Bélarus
Courriel : info@prokuratura.gov.by
Fax : +375 17 226 42 52 (dites « fax »
si quelqu’un décroche)
Formule d’appel : Dear General Prosecutor,
/ Monsieur le Procureur général,


UNE MILITANTE DU DROIT AU LOGEMENT EMPRISONNÉE` NOM : YORM BOPHA. LIEU : CAMBODGE

Yorm Bopha est une militante qui défend énergiquement les droits des habitants de sa région, à Phnom Penh, au Cambodge. Des milliers de personnes habitant au bord du lac Boeung Kak ont été expulsés de force depuis 2007. En effet, l’État a décidé de de louer les terrains à une entreprise souhaitant tout réaménager. L’entreprise a comblé le lac avec du sable, inondant et détruisant les habitations. Yorm Bopha est en prison depuis le 4 septembre 2012, accusée d’avoir organisé une agression contre deux hommes, alors qu’aucune preuve n’a été fournie. En prison, Yorm Bopha est séparée de son fils de 10 ans et de son mari, dont l’état de santé est alarmant. Sans votre aide, elle ne sera pas relâchée avant septembre 2014.

Manifeste ta solidarité envers Yorm Bopha. La fleur de lotus est le symbole de la campagne cambodgienne organisée en faveur de Yorm Bopha et des riverains du lac Boeung Kak. Prends-toi en photo avec n’importe quelle variété de fleur, et muni d’un panneau portant l’inscription « Libérez Yorm Bopha ». Rédige ton
message en anglais ou en khmer.

Envoie tes photos à :
bee24light@photos.flickr.com

Ou bien écris au ministre de la Justice et demande-lui de faire le nécessaire
pour que Yorm Bopha, prisonnière d’opinion, soit relâchée immédiatement et
sans condition :

Ministre de la Justice
Ministry of Justice
No 240 Sothearos Blvd
Phnom Penh
Cambodge
Fax : +855 23 364119
Courriel : moj@cambodia.gov.kh
Formule d’appel : Your Excellency, /
Monsieur le Ministre,


JOURNALISTE EMPRISONNÉ NOM : ESKINDER NEGA. LIEU : ÉTHIOPIE

Le journaliste éthiopien Eskinder Nega purge actuellement une peine de 18 ans de prison pour « terrorisme ». Il a été inculpé en 2011 après avoir prononcé des discours et rédigé des articles dans lesquels il critiquait l’État et militait en faveur de la liberté d’expression. Cet homme est un prisonnier d’opinion. Eskinder embarrasse depuis longtemps les autorités égyptiennes. Il avait déjà été harcelé, arrêté et poursuivi un certain nombre de fois pour ses écrits. En 2006 et 2007, Eskinder et son épouse, Serkalem Fasil, ont été jugés pour trahison, entre autres charges, ainsi que 129 autres journalistes, responsables politiques de l’opposition ou militants. Serkalem a donné naissance à son fils Nafkot en prison. En mai 2013, Eskinder a écrit depuis sa cellule : « Je vivrai pour voir la lumière au bout du tunnel. L’attente sera longue ou brève. Quelle que soit la tournure que prendront les événements, je continuerai ! »

Manifeste ta solidarité envers Eskinder Nega et son épouse Serkalem Fasil.
Envoie une lettre ou une carte à Eskinder et à Serkalem :

Serkalem Fasil
c/o The Individuals and Communities at
Risk Program
Amnesty International USA
600 Pennsylvania Avenue, SE 5th floor
Washington, DC 20003
États-Unis

Ou bien écris au Premier ministre. Demande-lui d’ordonner la libération immédiate et sans condition d’Eskinder Nega. Les autorités doivent cesser de se
servir de procédures pénales pour museler leurs détracteurs et mettre fin à toutes les autres formes de harcèlement visant les journalistes et les membres de la société civile, notamment les défenseurs des droits humains :

Prime Minister Hailemariam Desalegn
P.O. Box 1031
Addis Ababa
Éthiopie
Fax : +251 11 551 1244
Courriel : via le ministère de la Justice :
mojmo@ethionet.et
Formule d’appel : Dear Prime Minister, /
Monsieur le Premier ministre,


RESCAPÉE DE LA TORTURE LUTTANT POUR LA JUSTICE NOM : MIRIAM LÓPEZ. LIEU : MEXIQUE

En février 2011, quelques instants après avoir déposé ses enfants à l’école, Miriam Isaura López Vargas, femme au foyer, a été enlevée par deux hommes cagoulés. Ligotée et aveuglée par un bandeau, elle a été conduite dans une caserne militaire de la ville de Tijuana. Au cours de la semaine qui a suivi, elle a été violée à plusieurs reprises par des soldats, qui l’ont torturée jusqu’à ce qu’elle signe une fausse déposition l’impliquant dans des trafics de drogue. Envoyée en prison pour y attendre son procès, elle a été relâchée sans être inculpée sept mois plus tard.
Bien que Miriam ait identifié certains des responsables et de leurs complices, aucun n’a été traduit en justice pour les actes de torture qu’elle a subis, notamment des violences sexuelles. Miriam López n’est pas un cas isolé. Selon la Commission nationale des droits humains, les signalements d’actes de torture et de mauvais traitements ont bondi de 500 % au Mexique entre 2006 et 2012. S’il est très rare que ces crimes fassent l’objet de condamnations, ta lettre peut contribuer à faire traduire les tortionnaires de Miriam en justice.

Manifeste ta solidarité envers Miriam López :
Clique sur « J’aime » et laisse un message sur sa page Facebook à l’adresse :
bit.ly/miriamlopez
Suggestions de messages : « Miriam, souvenez-vous que vous n’êtes pas seule dans ce combat. Nous sommes avec vous. » « Fuerza Miriam ! Votre combat peut aussi aider d’autres personnes. » Ajoute ton nom et ton pays.

Écris au procureur général fédéral : Demande-lui d’ouvrir rapidement une
enquête complète et impartiale sur les allégations de torture sur la personne de
Miriam López en 2011. Demande-lui de rendre les résultats de l’enquête publics et de traduire les responsables en justice :

Jesús Murillo Karam
Federal Attorney General
Procuraduría General de la República
Av. Paseo de la Reforma 211-213,
Col. Cuauhtémoc, C.P. 06500
Mexico City
Mexique
Courriel : ofproc@pgr.gob.mx
Formule d’appel : Estimado Señor
Procurador, / Monsieur le Procureur,


DES VILLAGEOIS CONFRONTÉS À LA VIOLENCE NOM : VILLAGE DE NABI SALEH. LIEU : TERRITOIRES PALESTINIENS OCCUPÉS

Les 550 habitants du village de Nabi Saleh sont confrontés à la répression violente de l’armée israélienne.
Depuis 2009, les villageois organisent des manifestations pacifiques hebdomadaires contre l’occupation militaire israélienne et la colonie israélienne illégale de Halamish, qui occupe la majeure partie de leurs terres agricoles. Ne respectant pas les décisions de justice, les colons israéliens ont également fait de la source d’eau du village une attraction touristique et en privent d’accès les habitants de Nabi Saleh. L’armée israélienne répond aux manifestations pacifiques des villageois par un usage excessif et injustifié de la force. À l’heure qu’il est, les soldats ont tué deux personnes, Mustafa Tamimi et Rushdi Tamimi, et blessé des centaines d’autres, dont des femmes et des enfants. L’armée israélienne menace également les villageois, par exemple en déclarant l’ensemble du village « zone militaire fermée », en effectuant des descentes nocturnes, en arrêtant des enfants et en faisant un usage arbitraire d’armes tels que les gaz lacrymogènes, qui sont tirés dans les maisons, causant des blessures et des dégâts.

Manifeste ta solidarité envers les habitants de Nabi Saleh :
Envoie une lettre ou une carte à Naji Tamimi, coordinateur du comité de
résistance populaire de Nabi Saleh :

Naji Tamimi
Nabi Saleh
Birzeit/Ramallah
Palestine

Ou laisse un message de soutien sur la page Facebook du village, à l’adresse :
bit.ly/nabi-saleh

Ou bien, écris au ministre de la Défense. Demande-lui d’empêcher les forces de
sécurité israéliennes de faire un usage excessif et injustifié de la force à
l’encontre des manifestants de Nabi Salehet de faire le nécessaire pour que les
membres des services de sécurité responsables de la mort de Mustafa Tamimi
et de Rushdi Tamimi, ainsi que des blessures infligées à d’autres habitants du
village, soient traduits en justice :

Moshe Ya’alon
Minister of Defence
Ministry of Defence
37 Kaplan Street
Hakirya
Tel Aviv 61909
Israël
Fax : +972 3 691 6940
Courriel : minister@mod.gov.il
Formule d’appel : Dear Minister / Monsieur le Ministre


EMPRISONNÉ POUR DES PUBLICATIONS SUR FACEBOOK NOM : JABEUR MEJRI. LIEU : TUNISIE

Jabeur Mejri n’avait pas peur d’exprimer ses opinions sur la religion. Il a été condamné en 2012 à sept ans et demi de prison après avoir mis en ligne, sur sa page Facebook, des publications sur le prophète Mahomet jugées « insultantes à l’égard de l’islam et des musulmans ». Cet homme est un prisonnier d’opinion. La police a arrêté Jabeur Mejri le 5 mars 2012 à la suite des plaintes déposées par des avocats qui avaient lu ces publications. Quelques semaines plus tard, il était jugé et condamné pour diverses infractions, notamment « atteinte à des valeurs sacrées par des actions ou des mots » et « atteinte aux bonnes mœurs ». Son ami Ghazi Beji a également été poursuivi pour le même motif. Celui-ci a fui le pays pour échapper à son arrestation.

Manifeste ta solidarité envers Jabeur Mejri :
Tu peux envoyer une lettre ou une carte à l’adresse suivante :
Jabeur MEJRI
Prison civile de Mahdia
Route de Chiba 5100
Mahdia
Tunisie

Exemple de message :
« Je suis solidaire avec vous et demande votre liberté. Vous êtes un prisonnier
d’opinion, incarcéré uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression. »

Écris au président Moncef Marzouki : demande-lui d’ordonner la libération
immédiate et sans condition de Jabeur Mejri :

Président Moncef Marzouki
Palais Présidentiel
Tunis
Tunisie
Fax : + 216 71 744 721
Courriel : boc@pm.gov.tn
Formule d’appel : Your Excellency, /Monsieur le Président,


Certaines victimes qui ont reçu les lettres de soutien de la part d’Amnesty et de ses membres ont répondu. Voici leur témoignage :

"Nous remercions collectivement tous ceux qui ont organisé cette action. Cela nous a encouragés. En fait, c’est ce genre de soutien qui nous aide à continuer de vivre." ?Baribor Koottee, chef de la communauté de Bodo, au Nigeria, qui a été dévastée par une fuite de pétrole en 2008.

"À la suite du Marathon des lettres organisé par Amnesty International et des actions menées au niveau international, [notre] famille a pu lui rendre visite une seconde fois le 12 janvier." ?Geng He, l’épouse de Gao Zhisheng, avocat défenseur des droits humains jeté en prison.

"L’amour afflue de toute la planète, et des amis du monde entier m’ont donné une force incroyable. Les mots ne peuvent pas exprimer ma gratitude envers eux tous. Merci !" ? ?Chiou Ho-shun, détenu dans le couloir de la mort à Taiwan depuis 1989.

©Amnesty International/ERNEST

Si tu as des questions sur le marathon des lettres, contacte-nous : jeunes@aibf.be / 02 543 79 08

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