Guatemala : un député et sa famille menacés de mort ! 10/02

Guatemala : un député et sa famille menacés de mort !

Amnesty International est vivement préoccupée par la sécurité de Carlos Mejía et de sa famille, qui ont été menacés de mort dans une lettre reçue le 17 octobre. Cet homme est un des députés du parti d’opposition de gauche
Unidad Revolucionaria Nacional Guatemalteca (URNG, Union révolutionnaire nationale guatémaltèque), et un des dirigeants du syndicat Unidad de Trabajadores Estatales y Sectores Populares (UTESP, Union des travailleurs de l’État et des secteurs populaires).

Il a reçu ces menaces dans une lettre anonyme qui lui a été envoyée à son lieu de travail. Ce courrier indiquait : « Député Mejía, tu n’as plus que quelques jours, nous préparons l’embuscade contre toi et ta famille. Fais tes adieux, tu seras abattu par l’ancien garde du fils d’Arzu, sache-le. Salutations. » On pense que le nom « Arzu » désigne l’ancien président du Guatémala Álvaro Arzú Irigoyen.

Carlos Mejía a publiquement dénoncé des faits de corruption dans le département de San Marcos, notamment des irrégularités de gestion de fonds publics imputées à plusieurs maires du département. On craint que ces menaces de mort ne visent à empêcher cet homme, ainsi que d’autres personnes, de continuer à dénoncer publiquement les faits de corruption attribués à certaines autorités du département de San Marcos.

INFORMATIONS GÉNÉRALES
Amnesty International est préoccupée par la persistance de menaces et d’actes d’intimidation généralisés contre les personnes qui dénoncent la corruption, ou qui sont considérées comme critiques à l’égard des autorités guatémaltèques. Les victimes font l’objet de menaces et d’agressions destinées à les réduire au silence, dont les forces de sécurité se rendent directement coupables ou complices.

En décembre 1996, Álvaro Arzú Irigoyen a signé un accord de paix avec l’URNG, groupe armé d’opposition qui luttait depuis des années contre les forces gouvernementales. Cet accord a officiellement mis fin à la guerre civile au Guatémala. En décembre 1998, l’URNG est devenue un parti politique.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE GUATEMALA

Capitale : Guatémala
Superficie : 108 890 km2
Population : 11,7 millions
Langue officielle : espagnol
Peine de mort : maintenue

Les organisations non gouvernementales de défense des droits humains, les journalistes, les membres de l’appareil judiciaire, les témoins et les personnes qui tentent de faire traduire en justice les responsables présumés de violences sont souvent la cible de menaces. Face à la corruption généralisée, la population a de moins en moins confiance en la justice, ce qui entraîne une augmentation du nombre de lynchages. Des condamnations à mort ont été prononcées, mais aucune exécution n’a eu lieu.

MODELE DE LETTRE

Monsieur le Procureur,

J’ai appris que Carlos Mejía et sa famille ont été menacés de mort dans une lettre reçue le 17 octobre. Je vous demande de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger Carlos Mejía et ses proches.

Je vous demande qu’une enquête exhaustive soit immédiatement ouverte sur ces menaces, que les résultats de ces investigations soient rendus publics, et que les responsables présumés soient traduits en justice.

Je vous exhorte à veiller à ce que les personnes qui dénoncent des actes de corruption attribués à des responsables régionaux ne soient pas
entravés dans leur action, et à ce que leurs droits fondamentaux soient protégés.

En espérant que vous tiendrez compte de ma lettre, je vous prie de croire, Monsieur le Procureur, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Nom et prénom :
Adresse :
Signature :

ENVOYEZ VOS LETTRES A

Procureur général :
Fiscal General Licenciado
Carlos David De León Argueta
Oficina de la Fiscalía General del Ministerio Público
8a Avenida, 10-67, Tercer Nivel
Zona 1, Ciudad de Guatemala Guatémala
Fax : 00 502 221 2718

Ambassade de la République du Guatemala
av Vinston Churchill 185 1180 Bruxelles
fax : 02 344 64 99
email : obguab@euronet.be

Attention ! N’intervenez plus après le 30/11/02 : renseignez-vous auprès de votre section pour savoir s’il faut continuer à écrire.

TEMOIGNAGE

Goulgueldi Annaniazov ... enfin en sécurité

Fin septembre 2002, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a accordé le statut de réfugié à Goulgueldi Annaniazov. Selon certaines informations, cet ancien prisonnier politique était sur le point d’être renvoyé de force au Turkménistan, où il aurait pu être torturé ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements.

Le 1er octobre, l’agence de presse russe Interfax a indiqué que les États-Unis étaient disposés à accueillir Goulgueldi Annaniazov une fois qu’il aurait reçu des soins médicaux. Le 4 octobre, celui-ci a pris l’avion pour la Norvège, où il suit actuellement un traitement antituberculeux qui pourrait durer deux mois. D’après les informations recueillies, sa santé est défaillante depuis le séjour qu’il a effectué en prison au Turkménistan entre 1995 et 1999.

Goulgueldi Annaniazov a fait aujourd’hui à Amnesty international la déclaration suivante : " Merci d’être intervenus en ma faveur. Des poursuites pénales avaient été engagées contre moi au Turkménistan, et si l’on m’y avait renvoyé, j’aurais été placé en détention. Les autorités turkmènes ont fait parvenir une demande officielle aux autorités kazakhes pour obtenir mon renvoi au Turkménistan. Le directeur du centre de détention au secret pour enquête où j’étais retenu captif au Kazakhstan m’a demandé : "Mais qui êtes-vous pour que le président du Turkménistan s’intéresse autant à vous ?".

Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels en faveur de cet homme.

BONNES NOUVELLES

TIBET : Ngawang Sangdrol a été libérée !

Ngawang Sangdrol, une nonne tibétaine et la plus ancienne détenue politique a été libérée avant la fin de sa peine d’emprisonnement. Alors qu’elle était âgée de 15 ans, elle a été condamnée à 3 ans d’emprisonnement par les autorités chinoises pour avoir pris part à une manifestation pacifiste. En 1993, sa peine fut considérablement alourdie parce qu’elle a participé avec 13 autres nonnes à l’enregistrement clandestin en prison, et ensuite à la diffusion extérieure ,de chansons proindépendantistes. Après avoir été condamnée à divers actes de désobéissance, sa peine fut portée à 23 ans d’emprisonnement. Elle a été libérée 9 ans avant le terme de celle-ci. Durant son emprisonnement, Ngawang fut soumise à de terribles mauvais traitements.

ÉTHIOPIE : Kebede Mammo, directeur d’école, et Abebe Chimde, Mosissa Futasa, Kebede Humnasa, Dinsa Serbessa, Tesfaye Taressa, enseignants, sont libres !

Toutes les personnes dont le nom figure ci-dessus ainsi que de nombreux autres détenus ont été déférés à la justice et ont bénéficié d’une libération conditionnelle. Ils étaient incarcérés dans la prison de la ville d’Ambo pour leurs liens présumés avec le Front de libération oromo (FLO), un groupe armé d’opposition. Ils font néanmoins l’objet d’enquêtes pour des infractions mineures. Plusieurs centaines de personnes sont toujours détenues, sans inculpation ni jugement, dans différentes parties de la région d’Oromia, à la suite de manifestations organisées en mars et en avril par des élèves de l’enseignement secondaire. (AUJ 6/02)

Pour connaître les autres bonnes nouvelles, rendez-vous sur le site www.amnesty.be

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