Ethiopie : des élèves du secondaire arrêtés 04/02

ETHIOPIE

Des centaines d’étudiants du secondaire arrêtés

Un certain nombre d’élèves de l’enseignement secondaire ont été abattus et des centaines d’autres appréhendés depuis le 25 mars 2002, la police ayant tiré à balles réelles pour disperser des manifestations anti-gouvernementales dans le sud de l’Éthiopie, où ces mouvements de protestation se poursuivent.
Amnesty International craint que les élèves arrêtés, dont certains sontpeut-être des prisonniers d’opinion, ne soient soumis à la torture ou à d’autres formes de mauvais traitements, et qu’ils ne soient maintenus en détention prolongée sans inculpation ni jugement.

Il est probable que certaines des personnes tuées ou appréhendées avaient moins de dix-huit ans. En Éthiopie, les élèves de l’enseignement secondaire ont entre quinze et vingt ans. Les manifestations, qui ont eu lieu dans plusieurs villes de la région d’Oromia, étaient organisées contre les nouvelles mesures adoptées par les autorités régionales et fédérales en matière d’enseignement, de fiscalité et d’agriculture. D’après les informations recueillies, ces mouvements de protestation ont débuté pacifiquement, mais la police les a déclarés illégaux et a dispersé les contestataires en les brutalisant, en tirant sur eux à balles réelles et en procédant à des arrestations massives.

Le président de la région d’Oromia a reconnu que deux étudiants avaient été abattus à Shambo, à environ 250 kilomètres à l’ouest de la capitale, Addis-Abeba. Néanmoins, d’autres sources affirment qu’au moins cinq étudiants - désignés sous les noms d’Assefa Fekadu, de Bayisa Babisa, de Belay Bayisa, d’Itefa Dirra et de Mulugeta Akasa - ont été tués par balle à Shambo et que 11 autres ont été grièvement blessés. Plusieurs étudiants auraient également été blessés par balle dans les localités voisines d’Ambo et de Nekemte.

Pour en savoir plus sur la situation politique en Ethiopie

Le président de la région d’Oromia a affirmé que ces manifestations avaient été orchestrées par un groupe armé d’opposition, le Front de libération oromo (FLO). Le FLO lutte contre les forces de sécurité dans la région d’Oromia depuis qu’il a quitté la coalition gouvernementale en 1992. Des milliers de membres de l’ethnie oromo sont détenus sans inculpation ni jugement depuis plusieurs années parce qu’ils sont soupçonnés d’implication dans les activités du FLO. Amnesty International recueille fréquemment des informations faisant état d’actes de torture ou d’autres formes de mauvais traitements infligés en détention à des individus soupçonnés d’avoir partie liée avec ce groupe armé d’opposition et à des contestataires antigouvernementaux.

Au cours de précédentes manifestations étudiantes organisées dans la région d’Oromia en avril 2000, au moins une personne avait été abattue, tandis que de nombreuses autres avaient été blessées. À la suite d’un mouvement de protestation étudiant organisé à l’université d’Addis-Abeba en avril 2001, plus de 30 personnes ont été abattues et environ 3 000 arrêtées, parmi lesquelles des enfants, lorsque des émeutes ont éclaté dans toute la ville.La police a reconnu qu’elle avait fait un usage abusif de la force à l’occasion de ces troubles.

MODELE DE LETTRE

Monsieur,

Je suis un(e) élève de Belgique. J’ai appris que des centaines d’élèves de l’enseignement secondaireont été arrêtés dans la région d’Oromia. Je m’inquiète pour leur situation et je voudrais que vous me donniez l’assurance qu’ils ne soient pas soumis à la torture ni à d’autres formes de mauvais traitements en détention.

Je vous supplie également à les autoriser sans délai à entrer en contact avec leur famille, à consulter des avocats, et à bénéficier de soins médicaux si nécessaire.
Enfin, je vous rappelle que les personnes de moins de dix-huit ans doivent être traitées conformément à la Convention des droits de l’enfant,que votre pays a ratifiée. Cela veut dire que ces jeunes doivent être jugés par des juridictions pour mineurs, qu’ils doivent être séparés des adultes durant leur détention, et que toute décision les concernant doit être prise en tenant compte des besoins des personnes de leur âge.

En tant que jeune habitant un pays démocratique, je sais combien il est important de pouvoir se sentir libre. Je voudrais vous dire que l’image de votre pays serait vraiment meilleure si vous libérez ces élèves, à moins qu’ils ne soient inculpés d’infractions prévues par la loi et jugés équitablement dans les plus brefs délais.
Pour terminer, je vous demande que soit ouverte une enquête indépendante et impartiale afin de déterminer si les membres des forces de sécurité qui ont ouvert le feu sur des manifestants ont fait un usage abusif de la force.
Je vous remercie de votre attention et vous priede croire, Monsieur, à mes salutations respectueuses.

Nom et prénom :
Àdresse
Signature

A ENVOYER A

Responsable de la police :
Major Befekadu Tolera
Federal Commissioner of Police
Ministry of Justice
PO Box 21321, Addis Ababa, Éthiopie
Fax : + 251 1 517775

Ambassade de la République fédérale démocratique d’Ethiopie
av. de Tervuren 231
1150 Bruxelles
fax : 02/771 49 14
email : ftes440@euronet.be

PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 15 MAI 2002, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE
INTERVENIR. MERCI.

BONNES NOUVELLES

NÉPAL Bijay Raj Acharya (h), éditeur

Amnesty International a appris que Bijay Raj Acharya avait été remis en
liberté le 19 mars.

Bijay Raj Acharya, qui dirige la maison d’édition Srijanashil Prakashan
(Publications créatives), avait été arrêté le 9 janvier dernier et détenu
aux postes de police de Singha Durbar et de Hanuman Dhoka ainsi qu’à la
caserne de Balaju, à Katmandou, avant d’être transféré en prison.

Aucune action complémentaire n’est requise de la part des membres du Réseau
d’Actions urgentes. Merci à tous ceux qui sont intervenus en faveur de Bijay
Raj Acharya.

ÉTATS-UNIS (COLORADO) Samnang Prim (h), ancien enfant réfugié, dont on
ignore l’âge exact

Samnang Prim, qui doit être jugé pour meurtre au Colorado, ne risque plus
d’être condamné à mort dans le cadre de son procès. Le procureur de district
chargé de l’affaire a en effet déclaré qu’il ne requerrait pas la peine
capitale contre ce jeune homme.
Dans un message adressé à Amnesty International, l’avocat de Samnang Prim a
demandé de transmettre ses remerciements à tous ceux qui ont envoyé des
appels, qui ont été « très utiles en l’occurrence », a-t-il indiqué. Dans
son message, écrit « au nom de Samnang Prim, de sa famille et de notre
équipe de défense », il a déclaré : « Remerciez pour nous tous vos membres
et tous ceux qui ont écrit des lettres, et dites-leur que leurs efforts,
conjugués à ceux de nombreuses autres personnes, ont été couronnés de succès
 !!!! »

Le Secrétariat international (SI) d’Amnesty International avait envoyé un
courrier à l’avocat de Samnang Prim le 12 juin 2001, exposant de manière
précise les motifs de préoccupations de l’organisation dans cette affaire,
pour que l’équipe de la défense en soit informée et puisse en tirer parti au
cours de la phase précédant le procès.

Aucune action complémentaire n’est requise de la part des membres du Réseau
d’Actions urgentes. Merci beaucoup à tous ceux qui sont intervenus en faveur
de Samnang Prim.

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