Agis contre les violations des droits des migrants : envoie un SOS à l’Union européenne

QUE PEUX-TU FAIRE ?

Comme tu le verras dans cet article, les pays de l’UE sont responsables de nombreuses violations des droits humains contre les migrants et les demandeurs d’asile qui arrivent à leurs frontières. C’est pourquoi Amnesty a lancé une grande campagne auprès du Parlement européen. Il a le pouvoir de demander aux États de changer de pratiques et d’être plus respectueux des droits humains.

Signe vite la pétition en ligne pour prendre part à ce mouvement, et lancer un grand S.O.S à l’Union européenne. C’est simple : il te suffit de cliquer ici.

ET SI C’ÉTAIT TOI ?

Imagine. Tu as 10 ans. Ta famille a voulu fuir la pauvreté persistante dans ton pays d’origine, où la vie n’étais plus possible. Tu viens de traverser la Méditerranée sur une petite barque, en bravant tous les risques que ce voyage représente. Tu as eu de la chance de ne pas mourir noyé. Arrivé sur les côtes européennes, la police aux frontières te détecte et t’enferme dans un centre de détention. Pourquoi ? Parce que tu es considéré comme un migrant illégal, un clandestin, un criminel.

D’autres n’arriveront même pas sur la terre ferme de l’Union européenne. Ils seront interceptés en mer et renvoyés directement chez eux, même s’ils risquent leur vie dans leur pays d’origine.

Trouves-tu cela normal ?

LES ÊTRE(S) INVISIBLE(S), MIGRANTS ET DE DEMANDEURS D’ASILE REFOULÉS LOIN DE NOS REGARDS

Des milliers de personnes viennent en Europe pour des raisons différentes. Certains fuient la persécution ou la guerre. D’autres partent à cause de la pauvreté chronique. Ils espèrent trouver un avenir meilleur, plus sûr en Europe. Trop souvent, ils trouvent une réalité différente. La protection des frontières contre les arrivées de migrants ou de réfugiés est devenue plus importante que le respect de leur vie ou de leurs droits. Ils voient leurs droits violés, loin de la vue de tous.

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Des garde-côtes espagnols interceptent un bateau de migrants au large des îles Canaries, 2007, © UNHCR / A. Rodríguez

Par exemple, des personnes interceptées en mer par des bateaux de patrouille italiens ont été remises directement aux autorités libyennes. À leur retour en Libye, qui est un pays en guerre, elles ont été détenues et ont fait l’objet de mauvais traitements.

Nous savons également que le fait de ne pas porter secours aux migrants dans les bateaux, ou de le faire trop tardivement, a coûté des vies. On estime que pour la seule année de 2011, au moins 1 500 hommes, femmes et enfants sont morts en Méditerranée. Le chiffre pourrait être en réalité bien plus élevé.

En 2012, à nouveau, des centaines de personnes auraient péri dans leurs tentatives désespérées de rejoindre les côtes européennes, alourdissant le bilan humain.

L’absence de transparence quant aux pratiques et aux accords relatifs à la gestion des frontières dans de nombreux pays européens entraîne que des violations des droits humains peuvent se produire, loin des yeux du public.

ÊTRE EN SITUATION IRRÉGULIÈRE N’EST PAS UN CRIME

Tout le monde, y compris tous les migrants et les demandeurs d’asile, a droit à la liberté et à la liberté de mouvement.

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Demandeurs d’asile et migrants au Centre de détention de Fylakio, Grèce, 2010. © Georgios Giannopoulos

En principe, les migrants et les demandeurs d’asile ne devraient pas être détenus à des fins de contrôle des migrations, mais 600 000 hommes, femmes et enfants sont détenus chaque année en Europe pour cette raison. La demande d’asile ou le fait d’être en situation irrégulière n’est pas un crime. La liberté est la règle. La détention doit toujours être un dernier recours. Tous les États européens doivent respecter et protéger les droits humains des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile, tant à l’intérieur de l’Europe qu’à ses frontières.

POUR ALLER PLUS LOIN

LE SAVAIS-TU : RÉFUGIÉS, DEMANDEURS D’ASILE OU MIGRANTS ?

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Evacuation par avion de réfugiés libyens en Tunisie, 2011 © UNHCR/A. Duclos

• Le terme « réfugié » s’applique aux personnes qui fuient leur pays parce qu’elles y ont été victimes d’atteintes aux droits humains. Cela signifie qu’elles ont été privées de leurs libertés fondamentales, qu’elles ont subi une discrimination ou des violences en raison de leur identité, de leurs convictions ou de leurs opinions, et que leur gouvernement n’a pas pu ou voulu les protéger. Les procédures d’asile visent à établir si la situation d’une personne donnée satisfait ou non à la définition du statut de réfugié. Lorsqu’une personne se voit accorder ce statut par un État, elle bénéficie d’une protection internationale qui remplace celle offerte par son pays d’origine.

• Les demandeurs d’asile sont des personnes qui ont quitté leur pays mais qui n’ont pas encore obtenu le statut de réfugié. Ils ne peuvent pas être renvoyés de force dans leur pays pendant la procédure d’examen de leur demande d’asile.

• Un migrant est une personne qui quitte son pays pour aller vivre dans un autre, pour des raisons professionnelles, scolaires ou familiales. S’il est autorisé à séjourner dans un pays, par exemple s’il possède un visa ou un permis de résidence valide, c’est un migrant en situation régulière. On parle de migrant en situation irrégulière lorsque la personne n’est pas autorisée à séjourner dans un pays par les autorités de celui-ci.

DES CHIFFRES CONTRE DES IDÉES TOUTES FAITES

• AUX FRONTIÈRES DE L’EUROPE

18 000 hommes, femmes et enfants sont morts le long des frontières de l’Europe depuis 1988, selon la presse.

1 500 personnes se sont noyées ou ont disparu en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’Europe en 2011, lors des « Printemps arabes ».

900 000 personnes ont fui la Libye au cours du conflit en 2011, principalement dans les pays voisins, à savoir la Tunisie et l’Egypte.

58 000 migrants en situation irrégulière, demandeurs d’asile et réfugiés ont réussi à atteindre les côtes européennes en 2011. Parmi ceux-ci, 28 000 étaient des Tunisiens qui pour la plupart ont débarqué sur l’île de Lampedusa. Ces chiffres sont bien loin de l’avertissement donné selon lequel il y aurait jusqu’à 1 million de réfugiés qui affluent vers l’Europe en traversant la Méditerranée

301 000 personnes ont demandé l’asile dans les 27 pays de l’Union Européenne en 2011. A titre de comparaison, le camp de réfugiés de Dadaab, au Kenya, compte à lui seul 463 000 personnes.

14% de tous les réfugiés dans le monde vivent dans les 27 pays de l’Union Européenne. Ce qui revient à moins de 1,4 millions réfugiés vivant dans l’Union européenne. Le Pakistan accueille à lui seul plus de 1,9 millions de réfugiés.

• VIVRE EN DÉTENTION EN EUROPE

600 000 hommes, femmes et enfants sont détenus chaque année en Europe à des fins de contrôle de l’immigration, la plupart du temps sans aucune décision de justice.

18 mois de détention sont permis par les lois de l’Union Européenne. Un migrant peut être mis en détention même s’il n’a pas commis de crime.

6 902 migrants ont été arrêtés en Belgique en 2008.

356 enfants migrants ont été détenus avec leurs familles en France en 2010..

• VIVRE EN EUROPE

32,5 millions de migrants vivent dans l’UE, ce qui constitue 6,5% de la population. Plus d’un tiers d’entre eux sont citoyens d’un autre pays de l’UE et seulement 7,4% sont originaires de pays en voie de développement.

De 1 900 000 à 3 800 000 migrants vivraient en situation irrégulière dans l’UE.

16 pays de l’Union Européenne estiment que le passage irrégulier à la frontière ou le séjour irrégulier constitue un crime passible d’emprisonnement.

5 pays de l’UE - Chypre, le Danemark, l’Estonie, la Grèce et l’Italie - interdisent explicitement la location de biens aux migrants en situation irrégulière.

4 pays de l’UE- la Belgique, la France, les Pays-Bas et au Portugal - fournissent des soins médicaux d’urgence ainsi que les soins primaires et secondaires aux migrants en situation irrégulière.

4 pays de l’UE - la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas et l’Espagne - ont adopté des lois qui accordent explicitement le droit à l’éducation pour les enfants sans-papiers.

100 000 enfants migrants non accompagnés vivent en Europe.

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