SOS Europe - Exigeons justice et dignité pour les migrants aux portes de l’Europe !

Cette année, Amnesty International lance une grande campagne de sensibilisation sur la migration et l’asile en Europe. Celle-ci durera jusqu’au mois d’octobre 2015.

Objectif ?? Déconstruire les préjugés.

De nos jours, on entend en effet de nombreuses idées reçues sur les migrations. En outre, celles-ci coûteraient cher à notre société, menaceraient notre stabilité économique et notre sécurité, etc. Ou encore « Il y a trop de migrants chez nous » et « l’Europe ne peut pas accueillir toute la misère du monde ?! ». Mais qu’en est-il réellement ?? Et que savez-vous des violations des droits humains dont sont victimes les migrants et les réfugiés ?? Amnesty vous propose d’ouvrir le débat ?!

Pour ce faire, nous mettons à votre disposition du matériel proactif et adapté, notamment des faits et des chiffres à propos du nombre de migrants et demandeurs d’asile qui arrivent en Europe et de l’impact de ces migrations sur la société européenne, mais également des récits de vie de personnes migrantes, des films, des bandes dessinées, etc. Vous pouvez aussi agir plus largement en organisant des évènements, conférences, mobilisations et projections de films afin de tenter de répondre aux questions et remarques classiques qui sont faites en la matière.

Mais tout d’abord, aperçu de la situation…

Le monde d’aujourd’hui est confronté à la plus grande crise de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, les migrations ne sont ni un phénomène récent ni un phénomène localisé. De tout temps, les êtres humains se sont déplacés, d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre.

Pendant des décennies, l’Europe a fait appel à de la main-d’œuvre en provenance de différents pays. En effet, des projets pour travailleurs immigrés ont été mis en place en vue de recruter des travailleurs migrants pour contribuer à la reconstruction d’après-guerre. Depuis des siècles, les gens qui ont franchi les frontières de l’Europe ont aidé à en faire un continent vivant, animé et multiculturel.

Mais pour certains, la réalité est tout autre…

Convaincus que l’Europe est un continent d’espoir, de perspectives économiques, au sein duquel ils auront droit à des soins de santé, des formations, de l’emploi et où l’on respecte les droits fondamentaux, des migrants tentent de rejoindre l’Europe en vue d’une meilleure qualité de vie et de sécurité.

Mais ce sont surtout des personnes qui fuient des conflits, des guerres, des persécutions et des violations des droits humains qui tentent de rejoindre nos frontières. Face à ces situations, certains sont prêts à prendre le risque de mourir, car ils cherchent une vie meilleure et plus sûre.

Cependant, les réfugiés qui cherchent un asile et les migrants en quête d’une vie digne sont soumis à une véritable épreuve de survie. Depuis 20 ans, plus de 20 000 personnes sont décédées en mer aux portes de l’Europe. Et 2014 a été l’année la plus meurtrière pour les réfugiés et les migrants en Méditerranée avec plus de 3 500 vies perdues ?!

Malheureusement, les exactions commises à l’encontre des migrants et des réfugiés en Europe ou à ses frontières sont souvent mises de côté par des discours politiques et médiatiques emplis de préjugés et de raccourcis erronés.

Face à cette réalité, les gouvernements européens ont en effet tourné et continuent de tourner le dos à des personnes qui ont besoin de protection. Les États membres de l’Union européenne (UE) continuent de mettre la priorité sur le contrôle aux frontières au détriment de la protection et de la vie des personnes.

Par exemple, en 2014, les institutions de l’Union européenne ont remplacé l’opération Mare Nostrum initiée par l’Italie suite au drame de Lampédusa (naufrage du 3 octobre 2013 qui a coûté la vie à 366 migrants africains) et qui visait à sauver des vies, par l’opération Triton, opération de contrôle des frontières et non de recherche et de sauvetage.

Les politiques migratoires se concentrent à présent clairement sur l’exclusion. L’Union européenne construit des murs, réels et invisibles, pour se protéger de l’arrivée des migrants. Des clôtures de plus en plus hautes sont bâties, de nouveaux équipements de surveillance sont installés et les opérations de force de l’ordre aux frontières se multiplient. On observe partout le déploiement d’un véritable dispositif militaire pour contrôler l’accès aux territoires, notamment avec la mise en place de Frontex, l’agence européenne de gardes-frontières. De plus, l’UE et ses États membres concluent des accords de coopération avec des pays voisins qui les aident à bloquer les migrants en situation irrégulière essayant de gagner l’Europe. Des accords de réadmission avec les pays d’origine et de transit sont également conclus afin de faciliter le renvoi de ceux qui parviennent à entrer en Europe.

Pourtant aucun mur ne réduira les flux migratoires. Les zones de conflits sont de plus en plus nombreuses et pousseront les gens à chercher un endroit à l’abri des dangers, parfois au péril de leur vie, et ce malgré la construction de murs.

Par contre, cela aura pour conséquence de contraindre les migrants à prendre davantage de risques et à emprunter des itinéraires de plus en plus dangereux en faisant appel à des services parallèles illégaux et peu scrupuleux autour desquels se développe un véritable commerce des migrations.

Et pour ceux qui arrivent jusqu’aux frontières de l’Europe, le calvaire n’est pas encore fini. Ils sont mal accueillis, mal intégrés et marginalisés. En effet, au-delà des barrières installées aux frontières, l’Europe met en place une série de murs invisibles. En outre, les migrants sont détenus dans des centres ne proposant pas des conditions d’accueil décentes et parfois proches de véritables prisons, où ceux-ci sont souvent victimes de mauvais traitements. Les réfugiés ont également de plus en plus de difficultés pour déposer une demande de protection et introduire une demande d’asile.

Pourtant les États ont l’obligation de fournir une protection à ceux qui fuient la persécution ?!

Selon l’article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays ».

Le droit international humanitaire et le droit relatif aux réfugiés prévoient également le droit pour tous de demander la protection internationale, et ce de façon non arbitraire et non discriminatoire : « Aucun des États contractants n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » — Art. 33 § 1 de la Convention de Genève de 1951.

En conclusion

Alors que les gouvernements européens investissent un budget considérable dans les politiques et moyens mis en place aux frontières pour garder les personnes en dehors de l’Europe, ces stratégies se révèlent inefficaces et inhumaines.

Les États ne peuvent transférer ou refouler une personne vers un endroit où elle risque de subir des persécutions ou tout autre grave abus à ses droits humains, ou vers un endroit où elle risque d’être refoulée.

Il est impératif de traiter les migrants et les réfugiés avec justice et dignité, mais aussi de garantir leur sécurité.

Il est donc urgent et important de remettre les droits humains au cœur des politiques d’asile et de migration ?!

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SOS Europe
Des militants d’AI sur un bateau © Amnesty International (Photo : Giorgos Moutafis)

Questions-réponses sur les migrations

Trop de migrants chez nous ??

Certains médias et politiciens se servent de la crise économique pour faire des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés des boucs émissaires, des profiteurs.

Remettons un peu d’ordre ?!

Les migrants ne viennent pas tous vers l’Europe, contrairement à ce qu’on nous laisse entendre. La majorité des migrants et réfugiés ne quittent pas leur région d’origine, mais fuient dans les pays limitrophes au leur. La majorité des migrants qui sont en Europe viennent d’Europe ?!

Par ailleurs, la plupart des migrations s’effectuent entre pays de même niveau de développement. Il est important de relever que les migrations économiques ne se font pas exclusivement des pays du Sud vers les pays du Nord, mais aussi à l’intérieur d’un même continent. En définitive, ce sont les pays en développement qui accueillent la majorité des réfugiés dans le monde.

Fin 2013, il y avait 12 millions de réfugiés dans le monde et les pays qui en accueillent le plus sont l’Iran, la Jordanie, le Liban, la Turquie et le Pakistan, le Kenya, le Tchad, l’Éthiopie, la Chine et les USA. En Europe, seules l’Allemagne et la France font partie des 20 premiers pays qui accueillent des réfugiés en 2013.

Contrairement à l’image que véhiculent certains médias ou discours politiques, le nombre de réfugiés dans l’UE est donc extrêmement bas ?!

Les réfugiés sont-ils répartis équitablement dans les pays de l’UE ??

En 2013, plus de la moitié de toutes les demandes d’asile dans l’UE ont été déposées dans trois pays : l’Allemagne, la France et la Suède.

À titre d’exemple, suite au conflit et à la crise humanitaire en Syrie, seuls 13 États membres de l’UE ont offert des places de réinstallation ou d’admission humanitaire aux réfugiés syriens. L’Allemagne est actuellement de loin le pays le plus généreux au sein de l’UE en la matière : le pays s’est engagé à accueillir près de 25 500 réfugiés originaires de Syrie, ce qui correspond à 84 % du total des engagements de l’UE.

Et la sécurité ??

Certains craignent que les membres de l’État islamique et des organisations terroristes puissent infiltrer les flux et se retrouver en Europe.

Pourtant contrairement aux idées reçues, la plupart des réfugiés ne sont pas des envahisseurs ou des « terroristes », mais simplement des personnes qui cherchent à se mettre à l’abri de conflits, de persécutions et de violations des droits humains.

Même si les États entendent se protéger d’atteintes à la sécurité, cela ne doit pas être au péril de la vie de personnes qui ont besoin de protection.

Par ailleurs, si des opérations de recherche et de sauvetage en haute mer sont mises en place — ce qui est l’une des recommandations principales d’Amnesty, cela permettrait d’enregistrer les arrivées et de procéder à une identification des personnes. S’il n’y a plus d’opération de recherche et de sauvetage, davantage de personnes se noieront et les personnes capables d’arriver à terre débarqueront sans être identifiées.

L’Italie a déjà repêché plus de 50 000 personnes en Méditerranée cette année. Ces efforts démontrent qu’il est possible d’assurer plus de sécurité pour les migrants et les réfugiés en renforçant les opérations de recherche et de sauvetage. Mais tous les États membres de l’UE doivent contribuer à ces efforts ?!

Envie de passer à l’action ??

La question des migrations et des droits des réfugiés vous interpelle ?? Vous souhaitez en apprendre davantage sur le sujet et vous mobiliser pour le respect des droits des migrants et demandeurs d’asile ??

Amnesty vous propose divers outils et idées d’activités :

  • Promotion de la pétition S.O.S. Europe et de la vidéo d’Amnesty International Belgique francophone :

Objectif de cette pétition : 30 000 signatures au niveau de la Belgique francophone - 800 000 signatures toutes sections d’Amnesty confondues. Cela sera un réel challenge et nous avons besoin de toutes les forces disponibles pour y arriver. N’hésitez donc pas à inviter votre entourage à signer notre pétition ?!
Venez également nous rendre visite lors des festivals cet été ?! Plus d’infos : http://www.amnesty.be/jeunes/spip.php?article2370

Liens :

La vidéo : http://soseurope-amnesty.com/

La pétition : http://www.isavelives.be/fr/node/12618

  • Notre page amnesty.be/soseurope qui renvoie vers : un lexique des concepts et institutions clés, les rapports d’Amnesty International, des vidéos, un quiz, les faits et chiffres, des infographies, des témoignages et récits de vie (dont celui de Majid Hussain qui a été contraint de fuir son pays, le Nigéria, à l’âge de 16 ans suite à un conflit religieux). Ces témoignages vous aideront à comprendre et à illustrer les raisons pour lesquelles les gens se risquent à emprunter un itinéraire dangereux pour l’Europe.
  • Organisation de tables de discussion, débats, conférences, projections en présence d’un réalisateur ou d’un intervenant qui travaille sur le terrain ou est en contact avec des migrants.
  • Organisez une distribution de Dazibaos Amnesty « SOS Europe » le 19 juin, à la veille de la Journée internationale des réfugiés.
  • La fin de l’année approche... Organisez un stand Amnesty « SOS Europe » au sein de votre école le jour des portes ouvertes ou de la proclamation des résultats ?!
  • L’exposition « Le mur et la peur. Inde-Bangladesh » de Gaël Turine.

Cette exposition sur le mur qui sépare l’Inde du Bangladesh invite à s’interroger sur la prolifération frénétique des murs de séparation érigés entre les hommes ces dernières années. Dans un monde que l’on décrit volontiers comme globalisé et sans frontières, on assiste paradoxalement au surgissement de murs-frontières dans différentes régions du monde. Quelles sont les causes et les conséquences de ce phénomène ??

Si vous souhaitez utiliser cette exposition, l’accueillir dans votre école ou votre ville, n’hésitez pas à prendre contact avec Colin Gotovitch, Responsable évènementiel : cgotovitch@amnesty.be

  • Des films :

THE ART OF BECOMING
De Hanne Phlypo & Catherine Vuylsteke – 60min – 2013

Synopsis : Un documentaire portant sur trois mineurs d’âge originaires d’Afghanistan, de Syrie et de Guinée, habités par l’espoir d’un avenir meilleur en Europe. Ils vivent des histoires semblables : Fattah travaille dur à Istanbul pour pouvoir se rendre ensuite en Grèce et en Italie ? ; Saleh habite l’Europe depuis trois ans, mais ses parents lui manquent beaucoup ? ; Mamadou essaie de poursuivre son travail et ses études en Belgique, en dépit de son statut de sans-papiers. À travers ces différents récits, l’immigration est traitée avec beaucoup de pertinence. Ce documentaire illustre et traite bien de la thématique des MENA (mineurs étrangers non accompagnés), montrant à la fois la difficulté pour ces jeunes d’être loin de leur famille, et de vivre en Belgique dans un futur incertain.

Infos pratiques : si vous désirez organiser une séance de projection, le prix s’élèverait entre 50 et 100 €. N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir plus d’informations.

WELCOME
De Philippe Lioret – 1 h 55 – 2009

Synopsis : Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d’aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage. Ce film montre jusqu’où sont prêts à aller certains migrants, dans ce cas-ci un MENA, pour rejoindre l’Angleterre.

Infos pratiques : le film s’accompagne d’un dossier pédagogique Amnesty sur les droits des réfugiés à destination des élèves de l’enseignement secondaire. Si vous désirez organiser une séance de projection et de sensibilisation, n’hésitez pas à nous contacter.

  • Des bandes dessinées :

IMMIGRANTS
De Christophe Dabitch – 2010 – Futuropolis.

Synopsis : Cette BD permet de porter un regard sur quelques trajectoires singulières et, grâce au travail de réflexion des historiens, d’interroger quelques thématiques liées à l’immigration. Ils viennent de Roumanie, d’Angola, de Turquie, d’Uruguay... Pour des raisons économiques ou politiques ou de santé, leurs parents, ou eux — mêmes, ont dû quitter leur pays pour la France. Ce livre raconte leur intégration, qui passe très souvent par une phase de « racisme ordinaire ». Ces témoignages dessinés, éclairés par des historiens spécialistes de la question, replacent les raisons de l’immigration dans l’histoire de la France. Aujourd’hui, le stéréotype « nos ancêtres, les Gaulois » tend à disparaître. Mais d’autres préjugés se sont installés, notamment l’idée que les immigrants d’autrefois se seraient « bien intégrés », alors que ceux d’aujourd’hui « poseraient problème ». L’histoire de l’immigration montre qu’en réalité, c’est toujours le dernier venu qui a été perçu comme le plus menaçant aux yeux des autochtones...
Nous disposons d’exemplaires dans nos bureaux, n’hésitez pas à nous les demander ?!

CHEMINS D’EXIL I & II
De Warnauts – Raives – Lenoir. En partenariat avec la Croix-Rouge et Fedasil.

Synopsis : L’exil n’est pas un choix. C’est aussi un parcours long et dangereux. À travers cette bande dessinée, les lecteurs découvrent l’histoire de Cyprien, Rustam et Afkar, trois adolescents arrivés en Belgique avec leur famille pour demander l’asile. D’où viennent-ils, pourquoi, comment...?? Ces bandes dessinées illustrent parfaitement l’attente et l’incertitude dans laquelle les réfugiés et migrants sont plongés lorsqu’ils parviennent en Belgique.
Nous disposons d’exemplaires dans nos bureaux, n’hésitez pas à nous les demander ?!

Contacts :

Pour l’organisation d’activités pédagogiques et de sensibilisation : France Wéry, Programme Jeunesse : fwery@amnesty.be

Pour des questions sur la campagne SOS Europe : Sarah Goffin, Campaigner Pays & S.O.S. Europe : sgoffin@amnesty.be

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