JO Brésil 2016 : Stop aux expulsions forcées à Rio de Janeiro

Routes et stades... à quel prix pour les droits humains ?

Le Brésil a déjà mis en marche la construction d’infrastructures (voies expresses pour les bus, stades, modernisation de la zone portuaire...) afin que tout soit prêt pour accueillir les JO en 2016.

Construire des routes, moderniser le port...oui, mais à quel prix ? Qu’en est-il des individus habitant sur les zones en travaux ?

Pour comprendre le sort réservé aux habitants de ces zones, des recherches indépendantes ont été menées sur le terrain par plusieurs ONG locales, le bureau d’aide juridictionnelle de Rio de Janeiro et plusieurs organisations internationales telles que Amnesty International et WITNESS.

Les résultats des recherches sont alarmants : des favelas (bidonvilles) et quartiers informels de la ville ont déjà été pris pour cible au cours de l’année écoulée, et les autorités prévoient de futures expulsions dans d’autres zones. Dans les cas les plus graves, les autorités se sont présentées dans certains quartiers sans avoir prévenu la population et ont commencé à démolir logements et commerces.

Témoignage d’un habitant de Restinga

Le 22 octobre 2010, des bulldozers sont arrivés dans la zone de Restinga et ont commencé à détruire des maisons, mais aussi des échoppes en activité sur place depuis plus de 20 ans.

Edilson, un habitant de Restinga, a décrit l’opération en ces termes : « À 10 heures du matin, il y avait des machines, des policiers, des forces antiémeutes lourdement armées. Ils ont commencé à vider les maisons. Si quelqu’un refusait de partir, ils prenaient le bulldozer et se mettaient à défoncer la porte. Les policiers entraient chez vous, vous obligeaient à sortir puis démolissaient. »

Un grand nombre des familles qui vivaient et travaillaient à Restinga ont depuis lors perdu leur emploi et leurs sources de revenus, tandis que les enfants n’ont pas pu être transférés dans de nouvelles écoles, et n’ont donc reçu aucune éducation pendant des mois.

D’anciens résidents n’ont pas bénéficié d’une indemnisation adaptée ni d’une solution de relogement convenable, ce qui est contraire aux normes internationales en matière de droits humains.

Qu’en disent les autorités brésiliennes ?

Les représentants des autorités de Rio de Janeiro affirment n’avoir procédé à aucune expulsion forcée et disent indemniser de manière adéquate l’ensemble des familles avant qu’elles ne perdent leur logement.

Face à ce constat, que fait Amnesty International ?

Une lettre conjointe des associations de résidents, des militants locaux en faveur du droit au logement, d’Amnesty International et WITNESS a été adressée au Comité international olympique (CIO) lundi 14 novembre. Cette lettre demande aux organisateurs des Jeux Olympiques d’exhorter les autorités brésiliennes à arrêter d’expulser de force des centaines de familles de Rio de Janeiro dans le cadre des préparatifs des Jeux olympiques d’été 2016.

Extraits de la lettre :
« Forcer des familles à quitter leur domicile sans les notifier suffisamment à l’avance, sans les consulter au préalable ni leur proposer de solution de relogement ou de voies de recours bafoue les valeurs défendues par les JO, et viole le droit brésilien et les engagements internationaux du Brésil en matière de droits humains ».

« Les organisateurs des JO doivent user de leur influence pour mettre un terme à cette pratique immédiatement, avant qu’il ne soit trop tard. Le CIO ne doit pas se rendre complice de violations des droits humains commises en son nom, et devrait condamner publiquement et sans équivoque l’ensemble des expulsions forcées à Rio de Janeiro. »

Pour que JO ne riment pas avec fiasco pour les droits humains, il est temps que le Brésil entende les demandes des associations et protège les habitants de Rio de Janeiro !

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