Liban : des enfants mutilés par des bombes à sous-munitions israéliennes

Des centaines de milliers d’enfants libanais n’ont pas repris l’école en même temps que les autres en septembre. Un grand nombre d’entre eux ont dû changer d’établissement, soit parce que le leur avait été détruit soit parce qu’ils avaient fui leur village après avoir perdu leur maison.

D’après l’UNICEF, une cinquantaine d’écoles ont été détruites et près de 300 endommagées par les bombardements israéliens lors du conflit qui a opposé pendant trente-quatre jours l’armée israélienne et des militants du Hezbollah. En outre, plusieurs milliers de maisons ne sont plus que des tas de décombres.

Lorsque les enfants sont finalement retournés à l’école, ils ont constaté que de nombreuses places restaient vides : sur le millier de civils qui ont été tués par les bombes israéliennes au cours de cette guerre, un tiers étaient des enfants.

Bien que la guerre soit terminée, des enfants continuent d’être blessés ou tués par des bombes à sous-munitions que les forces israéliennes ont larguées sur le sud du Liban au cours du conflit et qui n’ont pas explosé. Les bombes à sous-munitions libèrent plusieurs centaines de petites bombes mortelles sur une zone qui peut être grande comme deux terrains de foot. Souvent, ces bombes n’explosent pas lors de l’impact. Un très faible mouvement suffit alors pour déclencher une explosion qui peut blesser ou tuer les personnes alentour. Du fait de leur petite taille et de leur forme – certaines ressemblent à des balles de tennis, d’autres à des piles pour lampe-torche – il est particulièrement difficile de les identifier et les enfants sont tentés de les ramasser.

« Elles semblent inoffensives, tout particulièrement aux enfants, qui ont l’esprit curieux, a indiqué Chris Clark, du Centre de coordination des Nations unies pour le déminage (UNMACC) au Liban. Elles sont petites et peuvent aisément se dissimuler dans les décombres ou les gravats. Les enfants ramassent ces engins sans savoir de quoi il s’agit et c’est là qu’ils sont blessés. »

Depuis son lit d’hôpital, Abbas Yusef Shibli, un petit garçon de six ans, a expliqué à Amnesty International qu’il était en train de jouer avec trois camarades près de sa maison, dans le village de Blida, le 26 août, quand l’un d’eux a tenté de ramasser un objet qui ressemblait à un flacon de parfum. L’explosion lui a déchiré le colon et la vésicule biliaire, et perforé un poumon.
Ses trois camarades ont également été blessés. Ali Hassan, onze ans, a eu la jambe fracturée. Il a aussi été blessé par des éclats de métal, de même que Sahar, sa petite sœur de neuf ans. « Ali va devoir rester un mois et demi avec sa jambe dans le plâtre et il ne peut plus jouer dehors, a expliqué Sahar, et maintenant il vaut mieux jouer dans la maison à cause des bombes. J’ai dit aux autres enfants de ne toucher à rien dehors, même pas aux pierres. Même sous une feuille il peut y avoir une bombe. »
Selon l’UNMACC, il reste encore, dans les villages du sud du Liban et leurs environs, près d’un million de bombes à sous-munitions n’ayant pas explosé. D’après les Nations unies, 90 p cent de ces bombes ont été larguées au cours des trois derniers jours du conflit, alors qu’un accord de cessez-le-feu avait déjà été trouvé.

Les autorités israéliennes n’ont pour l’heure pas fourni de cartes indiquant les secteurs exacts où leurs forces ont largué des bombes à sous-munitions. Or, sans ces cartes, le travail des experts en déminage est particulièrement difficile et dangereux et les opérations de secours et reconstruction prennent du retard. Le Liban reste donc pour l’instant un champ de mines où les adultes comme les enfants risquent leur vie.

Pour agir, rendez-vous sur le site d’Amnesty International, à la page www.efai.amnesty.org/agissez/

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